Salles de cours surchauffées l’été, bâtiments vétustes, pannes à répétition, flambée des factures énergétiques : le patrimoine immobilier de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) est aujourd’hui en situation critique. L'impact sur les conditions de travail et d'études va grandissant.
Nos revendications pour un bâti universitaire assurant des conditions de travail et d’enseignement satisfaisantes
- La mise en place d’un plan national pluriannuel de rénovation du bâti ESR, fondé sur des financements pérennes et fléchés.
- La priorité donnée aux bâtiments les plus dégradés et aux passoires thermiques, intégrant le confort d’été et la qualité de l’air intérieur.
- Une visibilité budgétaire de long terme pour les établissements, sur des horizons de 15 à 25 ans.
- Un dialogue social renforcé associant les représentants des personnels aux choix immobiliers.
- Le renforcement des moyens humains et techniques pour une gestion professionnelle du patrimoine.
- L’intégration systématique du risque chaleur dans les politiques de prévention et de santé et sécurité au travail.
Un patrimoine universitaire immense, mais massivement dégradé
Le patrimoine immobilier universitaire représente environ 18 millions de mètres carrés, soit près de 20 % du patrimoine immobilier de l’État. Il constitue le deuxième poste de dépense des universités après la masse salariale.
Selon la Cour des comptes, près d’un tiers des bâtiments universitaires est dans un état jugé peu ou pas satisfaisant et plus de la moitié présente une faible performance énergétique, avec de nombreux bâtiments classés D, E, voire F ou G.
Construit majoritairement dans les années 1960 et 1970, ce parc a été conçu sans prise en compte des enjeux climatiques et énergétiques. Il est aujourd’hui vieillissant, énergivore et inadapté aux usages pédagogiques et scientifiques contemporains.
Des financements très en deçà des besoins réels
Les financements publics dédiés à l’immobilier universitaire restent structurellement insuffisants :
- Les crédits annuels consacrés à la maintenance immobilière sont estimés à environ 400 millions d’euros, un niveau très inférieur aux besoins réels.
- Le Plan Campus a mobilisé environ 3 milliards d’euros sur près de vingt ans, concentrés sur un nombre limité de sites.
- France Relance a apporté 1,3 milliard d’euros pour la rénovation thermique des bâtiments de l’ESR, sous forme exceptionnelle et non pérenne.
Les besoins globaux de rénovation et de mise à niveau du bâti universitaire sont aujourd’hui estimés entre 10 et 15 milliards d’euros, dont une large part liée à la transition énergétique. L’insuffisance des financements actuels entretient un sous‑entretien chronique, des surcoûts énergétiques et des fermetures régulières de locaux.
Le réchauffement climatique, un facteur aggravant majeur
Le dérèglement climatique transforme cette crise immobilière en une urgence sanitaire et sociale. Les vagues de chaleur, désormais annuelles, devraient être deux fois plus fréquentes d’ici 2050. Dans une France à +2,7 °C, les épisodes de chaleur intense s’étendront sur une grande partie de l’année universitaire.
Dans les bâtiments non rénovés, les températures intérieures dépassent régulièrement 30 °C, dégradant les conditions de travail des personnels, perturbant les enseignements et exposant les agent·es et les étudiant·es à des risques accrus pour la santé.
Investir maintenant pour préserver le service public de l’ESR
Les chiffres sont désormais connus et les diagnostics largement partagés. Sans investissement massif, durable et planifié, le patrimoine immobilier universitaire continuera de se dégrader, avec des conséquences lourdes pour les personnels, les étudiant·es et le service public d’enseignement supérieur et de recherche.
Pour la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, la rénovation du bâti universitaire constitue un investissement indispensable pour la santé, les conditions de travail, la réussite étudiante et l’adaptation au climat de demain.