Publié le jeudi 22 janvier 2026
par Nicolas Holzschuch
Personnels de l'enseignement supérieur et de la recherche Enseignants-chercheurs Enseignement supérieur et Recherche
La CFDT alerte sur les conséquences humaines de la suspension des concours de recrutement dans l'enseignement supérieur.
Déclaration liminaire lue au CNESER du 20 janvier 2026
Toujours pas de budget…
Comme l’an dernier, ce premier CNESER de l’année a lieu dans des conditions particulières : nous n’avons toujours pas de budget voté pour 2026. Nous avons vu l’an dernier les effets délétères de cette absence de budget : la combinaison entre dépenses contraintes qui augmentent et un plafond de dépenses fixes aboutit à supprimer des dépenses essentielles, comme le recrutement de nouveaux doctorants.
Nous avons cette année une conséquence supplémentaire de l’absence de budget : les concours de recrutement des enseignants et CPE à bac + 3, prévus dans le cadre de la formation initiale des enseignants, ne peuvent pas être mis en place tant que nous n’avons pas de budget voté.
Au-delà des questions d’organisation, nous voulons insister sur le coût humain de cette suspension des concours. Pour tous ceux qui ont passé un tel concours de recrutement, comme pour tous ceux qui ont formé des étudiants à un tel concours, il est connu que le mois de janvier est particulièrement difficile. C’est le moment où les étudiants sont les plus fragiles et épuisés. Cette annonce, qui n’a été ni préparée ni accompagnée, vient encore ajouter à des situations humaines déjà très difficiles.
Il est particulièrement ironique que cette annonce intervienne alors que l’un des objectifs annoncés de la réforme était, théoriquement, d’améliorer l’attractivité du métier. Pour reprendre un de nos leitmotivs à la CFDT, améliorer l’attractivité du métier, ça passe d’abord par de bonnes conditions de travail. Et de bonnes conditions de travail, c’est aussi ne pas avoir un concours de recrutement qui n’est toujours pas assuré en janvier.
Toujours besoin de plus et mieux de dialogue social
Pour la CFDT, nous le rappelons, il est essentiel de prendre le temps de la concertation et de la mise en place pour les réformes. L’administration n’a pas clairement pas pris suffisamment le temps de la concertation sur cette réforme. Pour la mise en place, l’arrêté cadrant les masters M2E n’a été publié que le 12 janvier, juste à temps pour que ce CNESER puisse se tenir et voter l’accréditation des INSPÉ. Pour parler de pénibilité des conditions de travail, parlons des agents qui ont dû préparer des dossiers de masters dans un cadre réglementaire qui n’existait pas encore, et aussi des agents de ce ministère qui ont dû évaluer ces formations.
Ajoutons, au vu de l’expérience de cette année, qu’il faut aussi que l’administration prévoie le temps du débat parlementaire pour la mise en place des réformes. Il n’est pas nécessaire de fonctionner systématiquement dans l’instantané et la précipitation.
Globalement, pour la santé de nos établissements, nous espérons avoir rapidement un budget pour l’année 2026, et un budget qui permette le fonctionnement de nos établissements. La situation budgétaires des universités est critique ; il leur faut absolument des moyens, financiers et humains. Et s’il n’y a pas de moyens, il faut que le ministère assume de nous dire quelles sont les missions que nous pourrons arrêter d’assurer.
Puisque les classes préparatoires aux grandes écoles sont à l’ordre du jour de ce CNESER, rappelons que les moyens alloués par étudiant en classe préparatoire sont très supérieurs aux moyens alloués par étudiant à l’université, et que c’est aussi un problème d’équité et de justice sociale, puisque les publics concernés ne sont pas les mêmes. Nous sommes en faveur d’un nivellement par le haut, et que les moyens par étudiant à l’université remontent au niveau des moyens par étudiant en classe préparatoire.