Nos militants ont participé au groupe de travail "violences, sécurité et accompagnement des agents" le 15 janvier dans un contexte lourd, marqué par des tensions croissantes et des agressions, physiques comme numériques, désormais inacceptables, envers les personnels.
La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques représentée par notre élu national Nicolas Brezisky, accompagné de représentantes territoriales, Virginie Pellerin et Noémie Soave ont participé à ce groupe de travail : les personnels doivent être protégés.
Ce GT s’inscrit dans une séquence plus large, avec un GT conclusif prévu le 3 mars, et plusieurs rendez-vous intermédiaires (RETEX Antibes, GT CSA-EA DGER…). Pour la CFDT, l’enjeu est clair : sortir des constats et faire aboutir des mesures opérationnelles, utiles et protectrices pour l’ensemble des agents.
Une approche globale… qui doit déboucher sur du concret
L’administration a présenté une approche dite « holistique » des risques : terrorisme, radicalisation, sécurité des bâtiments, cybersécurité, chaîne alimentaire, gestion de crise. La CFDT comprend cette démarche globale, mais a rappelé que :
le cœur de ce GT reste le fonctionnement de nos structures et la protection effective des agents.
Cette vision d’ensemble ne doit pas conduire à diluer les responsabilités ni à perdre en lisibilité les personnels. Chaque établissement et chaque service doit savoir :
- quels sont les risques identifiés (via le DUERP),
- quelles consignes s’appliquent,
- à qui s’adresser en cas de doute, d’agression ou de situation préoccupante.
Signalement et accompagnement : ne plus laisser les agents seuls
La CFDT a insisté sur un point central : le signalement doit être systématique, simple et accompagné.
- Les fiches de signalement existantes sont obsolètes et doivent être harmonisées avec celles des autres ministères.
- Les agents, y compris les contractuels (ACB), doivent avoir un accès effectif aux dispositifs de signalement et aux cellules d’accompagnement.
- L’information de la hiérarchie ne doit pas être un frein, mais un appui, dans une logique de protection et non de suspicion.
Sur l’accompagnement, la CFDT a pointé l’absence d’harmonisation des dispositifs de soutien psychologique selon les périmètres ministériels. Il ne doit pas y avoir de “trou dans la raquette” pour les agents du MAASA.
Radicalisation, liberté d’expression et prévention : une ligne de crête
Les échanges ont montré la complexité du sujet. La CFDT a rappelé plusieurs principes essentiels :
- La prévention de la radicalisation n’est pas une police de la pensée.
- La liberté d’expression s’applique tant qu’il n’y a pas d’infraction pénale.
- Les agents ne sont ni enquêteurs ni services de renseignement.
L’objectif est clair : repérer des signaux faibles, ne pas rester seul face à une situation inquiétante, et activer les bons relais. Cela suppose de la formation, des repères clairs et une culture partagée de la prévention, notamment sur les usages numériques et les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux.
PPMS, référents sûreté, DUERP : des obligations encore trop inégalement appliquées
La CFDT a alerté sur des réalités de terrain préoccupantes :
- absence ou non-actualisation de PPMS dans certains établissements,
- exercices réglementaires non réalisés,
- manque de visibilité sur le rôle et la place des référents sûreté.
Nous rappelons que :
- au moins un exercice PPMS “attentat-intrusion” doit être réalisé avant la Toussaint ;
- les PPMS doivent être transmis annuellement aux SRFD ;
- le DUERP reste l’outil structurant pour identifier et hiérarchiser l’ensemble des risques.
La CFDT demande que le rôle des référents sûreté soit clarifié, reconnu et que leur intégration dans les instances (CoHS notamment) soit étudiée.
Former, informer, protéger : les exigences CFDT
Pour la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, les priorités sont sans ambiguïté :
- des formations ciblées et utiles, et non des modules fourre-tout, distinctes selon les risques (violences, intrusion, incendie, risques routiers, SST…) ;
- une information accessible à tous les agents, pas uniquement via des intranets peu connus ou des documents techniques ;
- une meilleure articulation entre administration centrale, services déconcentrés, établissements et forces de l’ordre ;
- la transformation des réflexions en actions concrètes et mesurables.