La répartition des moyens pour la rentrée 2026 a été présentée par le ministère à la CFDT et aux syndicats représentatifs au niveau national. A la clé, pas de perspective d’amélioration des conditions de travail des agents, ni d’apprentissage des élèves.
Lors du comité social d’administration du ministère de l’Éducation nationale du 26 janvier 2026, le ministre et ses services ont fait une présentation partielle de la répartition académique des moyens humains pour la rentrée scolaire 2026. Depuis la réunion, nous avons reçu deux versions rectificatives, preuve s’il en fallait que l’instabilité politique et l’incertitude budgétaire déstabilisent la préparation de la rentrée. À ce jour, il nous manque encore des informations sur la répartition académique des 80 postes administratifs créés, et celles des 300 emplois créés dans la filière santé sociale.
Un budget incompatible avec les moyens nécessaires
La vision de la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques reste inchangée depuis plusieurs années. Nous pensons qu’une loi de programmation pluriannuelle donnerait un cap au système éducatif permettant :
- de programmer l’évolution des moyens humains
- d’améliorer le fonctionnement de l’École publique
- de revaloriser les agent.e.s.
Nous demandons aussi que la baisse du nombre d’élèves soit l’opportunité d’améliorer les conditions de travail des personnels et les conditions d’apprentissage des élèves.
Le budget 2026 ne permettra pas de prendre ces directions.
Et pourtant, les taux d’encadrement des élèves sont moins favorables
- que dans les années 2000 et même 2010, et, entre temps, nous scolarisons un bien plus grand nombre d’élèves en situation de handicap
- que dans des pays équivalents de l’UE et de l’OCDE.
Et pourtant, nous observons partout en France, et le faisons savoir aux ministres successifs, que les personnels quel que soit leur métier sont confrontés à une intensification de leur travail et à une perte de sens. Ils éprouvent la contrainte de ne pas avoir les moyens pour faire correctement leur travail alors qu’ils et elles souhaitent faire bien, faire mieux, dans de meilleures conditions.
La loi de finances pour 2026 qui est sur le point d’être adoptée, prévoit 4000 suppressions d’emplois d’enseignants titulaires et des créations de postes budgétaires. Ces postes sont destinés à rémunérer les enseignant·es stagiaires qu’ils et elles aient à assurer des heures d’enseignement ou non (élèves fonctionnaires en master 1).
Un regard purement gestionnaire et budgétaire nous dirait que c’est logique puisque le nombre d’élèves diminue, et même qu’il était possible de supprimer 8000 de ces emplois.
Ce n’est pas la lecture de la CFDT car c’est renoncer à améliorer les conditions de travail des enseignant·es et les conditions d’apprentissage des élèves.
La répartition des moyens pour la rentrée 2026
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| Pour le 1er degré | Pour le 2nd degré | Pour les CPE | Pour les personnels administratifs (en construction) |
Qu’en est-il des moyens pour les AESH ?
Lors de son allocution le 16 janvier 2026, le Premier ministre a annoncé la création de 2000 emplois pour l’école inclusive et en particulier les AESH.
Cette annonce est enfin clarifiée et donc le soufflé retombe.
En réalité, à la rentrée 2026, le ministère pourra recruter 1700 AESH en équivalent temps plein de plus qu’à la rentrée 2025. À l’automne 2025, le premier projet de loi de finances prévoyait déjà 1200 AESH en équivalent temps plein. Le Premier ministre a donc annoncé l’ajout de 500 ETP.
Pour le reste, les 300 emplois se répartissent entre 250 emplois d’enseignant·es du 1er et du 2nd degré public, et 50 emplois dans l’enseignement privé pour ouvrir des ULIS, mais à flécher en académie à partir des moyens humains en baisse et ce sont donc à la clé des fermetures supplémentaires de classe, une dégradation supplémentaire des taux d’encadrement dans les deux degrés.
Le Premier ministre n’a donc en réalité annoncé que 500 emplois d’AESH en équivalent temps plein de plus que ce qui était prévu dès l’automne 2025.



