1365 emplois d'enseignants en équivalent temps plein sont supprimés, aucune création pour les CPE, mais des redéploiements. L'amélioration des conditions de travail des personnels ne sera pas au rendez-vous de la rentrée 2026.
Les moyens d’enseignement dans le second degré
Dans les collèges, lycées professionnels, généraux et technologiques, ce sont 1365 emplois en équivalent temps plein qui sont supprimés. La traduction en suppression d’emplois de la diminution du nombre d’élèves qui s’amorce est beaucoup plus forte que dans le 1er degré. Dans les académies qui vont connaître une augmentation du nombre d’élèves, il y a certes des créations de postes, mais aussi une augmentation du nombre d’heures supplémentaires. Le gouvernement ayant décidé de supprimer des moyens, le ministère en vient à intensifier encore le travail dans les académies de Créteil, Versailles et Montpellier pour faire un tout petit peu moins pire, là où les suppressions de postes ont lieu et ont lieu en nombre important.
Il n’y aura donc ni amélioration des conditions de travail, ni amélioration des conditions d’études.
Pourtant, le taux d’encadrement dans le 2nd degré est moins bon en 2025 qu’il ne l’était en 2010 ou en 2011… La CFDT revendique une diminution du nombre d’élèves par classe pour rendre l’école plus inclusive, pour un meilleur accompagnement des progrès et des réussites des élèves. Cela suppose des professionnel·les disponibles et pas des professionnel·les qui courent après le temps du fait des heures supplémentaires et de programmes d’enseignement trop chargés. La capacité à assurer les remplacements ne progressera pas… alors que les gouvernements successifs disent en faire une priorité.
Des emplois sont mis en réserve pour les écoles européennes (5 ETP), pour les pôles d’appui à la scolarité (PAS : 21 ETP) et pour des ajustements techniques (15 ETP).
In fine, il y aura donc 1472 emplois en moins dans les établissements du second degré et pourtant le ministère affirme que les moyens qui avaient été délégués pour les groupes de besoin quand ils étaient obligatoires seront maintenu, qu’il faut flécher des moyens pour les 800 collèges qui concentrent des difficultés scolaires importantes… bref faire plus et mieux avec moins, sans améliorer le taux d’encadrement. La priorité à la jeunesse et à la lutte contre les inégalités de réussite manque de preuves budgétaires et de moyens humains à la hauteur des ambitions affichées.
Depuis plusieurs années, le ministère cherche à réduire les écarts de dotation entre académies. En comparant les indicateurs ministériels sur deux années, les résultats de cette politique sont contrastés. Si l’académie de Créteil apparaît mieux dotée en 2025 qu’en 2024, au contraire l’académie de Strasbourg est encore moins bien dotée en 2025 qu’en 2024.
Quoi de neuf du côté des CPE ?
À la rentrée scolaire 2026, il n’y aura pas de création de postes de CPE, et pourtant des établissements ouvrent. Le ministère opère donc des redéploiements entre académie.
Pour la CFDT, cette mécanique de répartition risque de fragiliser des équipes de vie scolaire. C’est aussi contradictoire avec les ambitions affichées pour l’accompagnement des élèves, l’amélioration de la vie collégienne et lycéenne. Les conseillers et conseillères principales d’éducation sont des acteurs et actrices majeures dans les établissements pour coordonner l’action des différents professionnels pour accompagner les élèves dans les différentes dimensions de leur scolarité, pour structurer le lien avec les parents d’élèves.
Nos demandes
Globalement, la mobilité interacadémique va devenir plus difficile. Dans certaines académies, il est déjà difficile de proposer à des enseignant·es dont le poste est supprimé une autre affectation sans imposer soit une mobilité géographique lointaine, soit une affectation sur plusieurs établissements, jusqu’à 4.
La CFDT a demandé au ministère une concertation pour construire des mesures d’accompagnement. Derrière ces suppressions de poste, c’est en fait une réorganisation importante du service public d’éducation qui s’amorce. Cela appelle une politique de ressources humaines ambitieuse, respectueuse des agents par laquelle l’État employeur assume ses responsabilités. Cela appelle aussi une réflexion sur l’École publique que nous voulons dans les années qui viennent. Pour la CFDT, il faudra que cette réflexion intègre des indicateurs qualitatifs des conditions de travail des personnels.