Des mesures visant à répondre au déficit d'attractivité de la carrière d'attaché d’administration de l'Etat ont été présentées au Conseil supérieur de la fonction publique de l'Etat (CSFPE) réuni ce mardi 17 mars 2026. Ces mesures sont applicables dès 2027.
Des mesures catégorielles pour les attachés d’administration de l’État, pour débloquer leurs carrières
Le DGAFP a annoncé, le 17 mars 2026 en Conseil supérieur de la Fonction Publique de l’État (CSFPE), des mesures visant à accroitre l’attractivité du corps des attachés. Ces mesures font suite au bilan du CIGEM des attachés.
L’amélioration des taux de promotion dès 2027 et la suppression du grade à accès fonctionnel (GRAF)
▶ Une augmentation significative des possibilités d’accès aux deuxième et troisième grade
- Dès 2027, le taux de promotion* pour l’accès au grade d’attaché principal passera de 7 % à 10 % ;
- Dès 2027, le taux de promotion* pour l’accès à la hors classe passera de 4 % à 8 % ;
- En 2028, le taux de promotion pour l’accès au grade d’attaché principal atteindra 12%
- En 2028, le taux de promotion à la hors classe passera à 10 %.
* Le « taux de promotion » est la part des personnes pouvant être promues au regard du nombre de personnes promouvables (remplissant les conditions pour être promues)

La revalorisation des taux de promotion aux deuxième et troisième grade était une mesure urgente pour débloquer les carrières. Depuis 2014, le taux de promotion de 7% pour l’accès au grade d’attaché principal n’avait pas été revalorisé. Le bilan souligne que ce taux était sans équivalent dans les corps de catégorie A comparables.
La revalorisation du taux de promotion pour l’accès au grade d’attaché principal met fin à une anomalie
▶Suppression du GRAF mais l’accès à l’échelon spécial reste contingenté
Le passage du grade d’attaché principal à celui d’attaché hors classe se fera à l’ancienneté. À partir de 2027, pour être éligible à la hors classe, il faudra avoir 8 années de services effectifs dans le grade d’APAE. Toutefois, l’accès au 6ème échelon de la hors classe culminant hors échelle A reste contingenté contrairement aux revendications de la CFDT. Il sera demandé aux ministères de faciliter l’accès à cet échelon spécial sur certaines fonctions. C’est ce que le Directeur Général de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) a indiqué. Par ailleurs, il a précisé que l’arbitrage budgétaire s’est fait entre le relèvement du taux de promotion à l’échelon spécial et son décontingentement.
Une gouvernance renforcée
Les carences du pilotage du CIGEM font partie des écueils soulignés dans le bilan. C’est pourquoi, un collège dédié au pilotage interministériel du corps est créé. Il doit répondre au besoin de renfort de la gouvernance.
Avoir des règles communes de gestion n’est manifestement pas suffisant pour garantir leur respect et leur bonne application par tous les acteurs ministériel. Ce collège devra donc assurer une forme de police afin de restaurer l’esprit du CIGEM quelque peu dévoyé. Le collège aura donc fort à faire pour modifier les habitudes prises.
L’analyse de la CFDT
Tout en rappelant la nécessité d’ouvrir par ailleurs des discussions sur l’ensemble des carrières des fonctionnaires, la CFDT s’est félicitée pour l’accroissement du nombre de promotions et de la suppression du mode d’accès fonctionnel à la hors classe. Elle a donc voté en faveur du projet de décret statutaire. Cependant, elle a exprimé son regret, car l’occasion de transcrire dans le droit l’engagement de linéariser l’échelon spécial n’a pas été saisie.
Pour la CFDT, la question de l’attractivité n’est pas entièrement réglée. Elle continue de demander la poursuite des travaux sur le sujet.
Concernant la création d’un collège dédié au pilotage interministériel du corps, la CFDT considère que ses travaux devraient faire l’objet de dialogue social. Or, aucun des textes présentés ne l’inscrit dans le marbre.