La CFDT continue de demander un budget à la hauteur des missions confiées à l'enseignement supérieur et à la recherche d'une part et la transparence des critères de répartition entre les établissements d'autre part.
Déclaration CFDT lue au CNESER du 10 mars 2026.
Quelques améliorations par rapport au projet initial de loi de finances
La loi de finances initiale telle qu’elle a été finalement (et tardivement) adoptée a vu, nous le reconnaissons, quelques améliorations par rapport au projet initial. Les charges nouvelles sont un peu mieux compensées ; en particulier l’État tient finalement ses engagements concernant la compensation de la protection sociale complémentaire pour les universités : cela aurait dû aller de soi, et le dire clairement dès le début aurait évité de mettre en péril la bascule vers le nouveau système. Quant à la compensation de la hausse du CAS pension, elle est améliorée – jusqu’à 120% dans certains cas. Cela pourrait apparaître comme un cadeau, mais ça n’est qu’un rattrapage des hausses de charges non compensées dans les années précédentes.
Mais un budget de pénurie quand même
Sur d’autres points la loi de finances rate la cible : sur la vie étudiante, on manque la réforme systémique des bourses, cependant qu’on met en péril les CROUS par une extension du repas à 1€ nécessaire, mais mal anticipée et pour laquelle les moyens promis il y a quelques semaines semblent se dissiper comme un mirage.
Enfin et surtout, pour l’enseignement supérieur, ce budget reste incontestablement un budget de pénurie.
Quand on doit gérer une situation de pénurie, il y a forcément des sacrifices à faire, que ce soit des missions qu’on ne pourra plus assurer ou une charge de travail supplémentaire pour les agents.
Pour que ces sacrifices soient acceptables, il faut non seulement qu’ils soient répartis de façon équitable, mais aussi que tout le monde puisse constater qu’ils ont effectivement été répartis de façon équitable.
Depuis des années, la CFDT demande la transparence sur les critères de répartition des moyens employés par le ministère. Ce qu’on nous explique, c’est qu’on reprend les chiffres de l’année précédente, en ajustant éventuellement pour les universités dont la situation est plus désespérée que les autres. Ce système de répartition ne permet pas au ministère de mettre en place une vraie politique d’enseignement supérieur et de recherche, juste de jouer les pompiers en allant éteindre les incendies les plus importants.
Nous le redisons : il faut une vraie transparence sur les critères de répartition, qui permette de mettre en relation les moyens et les missions. Si on diminue les moyens, alors on accepte qu’il y a des missions qu’on ne pourra plus remplir.
Une dégradation des conditions de travail
Rappelons que sur les douze dernières années, les effectifs d’étudiants à l’université ont augmenté de 13%, alors que dans le même temps les effectifs d’enseignants et d’enseignants-chercheurs diminuaient de 3%, et que les missions que la nation confie à ses enseignants et enseignants-chercheurs ont également augmenté : orientation, conseil, tutorat… La hausse des effectifs étudiants n’a été absorbée que par une dégradation des conditions de travail des universitaires, enseignants, enseignants-chercheurs et administratifs. Aujourd’hui, cette dégradation des conditions de travail qui dure depuis de longues années a un impact visible sur la santé des personnels, avec des congés maladie en cascade. Rappelons que, selon le baromètre de la FNCAS, 60 % des enseignants-chercheurs estiment que leur travail met en danger leur santé physique ou mentale, à cause de cette dégradation continue des conditions de travail. Cette dégradation des conditions de travail a aussi un impact sur l’attractivité de nos métiers, ce qui aura à moyen terme un impact sur les capacités même du système d’enseignement supérieur et de recherche.
Il est urgent que l’état donne à l’enseignement supérieur et à la recherche les moyens nécessaires à son bon fonctionnement, pour le bien-être des personnels et des étudiants.