Le gouvernement tente d'imposer par décret aux universités l'application stricte des droits différenciés pour les étudiants étrangers. La CFDT s'est, dès 2019, opposée à cette mesure. Elle s'opposera vivement à ce décret et demande que l'on s'attaque aux réels problèmes que rencontrent ces étudiants.
En cette fin d’année universitaire, le ministre de l’Enseignement supérieur tente, dans l’urgence, de contraindre les universités à appliquer à leurs étudiants étrangers les montants différenciés des droits d’inscription — en clair, l’application d’un tarif seize fois plus élevé pour cette population particulièrement fragile. Il procède dans une urgence débridée, sans se soucier de concertation avec les représentants des personnels et des étudiants. Le CNESER (conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche ) est convoqué à titre extraordinaire le 5 mai pour donner un avis sur ce texte, qui n’a été communiqué que le 28 avril aux organisations : une consultation à la hussarde dans l’objectif d’appliquer cette mesure dès la rentrée prochaine.
La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques s’oppose fermement à cette mesure profondément discriminatoire, contraire aux valeurs d’ouverture du service public de l’enseignement supérieur que nous portons.
Cette mesure organise une sélection par l’argent et réserve l’accès à l’université française aux seules familles les plus riches. Elle affaiblit le rayonnement international des universités françaises et fragilise les établissements.
Nous étions déjà fermement opposés à l’instauration de cette mesure en 2019, pour les mêmes raisons. Depuis 2019, les universités ont tenté de limiter les dégâts causés par cette mesure inique, en accordant des exonérations de droits d’inscription au maximum de ce que leur permettait la règlementation. Le projet de décret veut interdire ces exonérations. Notons ici l’hypocrisie du gouvernement qui d’un côté dit promouvoir l’autonomie des universités et de l’autre revient sur cette autonomie dès qu’elle ne va pas dans la direction qu’il souhaite.
Cette nouvelle mesure intervient après la suppression des aides au logement pour les étudiants extra-communautaires, introduite dans la loi de finances pour 2026. Elle s’inscrit clairement dans un ensemble d’attaques visant cette population étudiante, particulièrement vulnérable. Comme en 2019, le gouvernement prétend que cette mesure a pour objectif d’améliorer la situation des étudiants extra-communautaires, en facilitant leurs démarches administratives (visas, titres de séjour…). Le simple fait que cette simplification des démarches administratives figure à nouveau dans le dossier de presse de 2026 montre bien que les améliorations promises en 2019 ne sont pas encore effectives partout, et nous le voyons bien sur le terrain : ces étudiants et étudiantes sont souvent victimes des dysfonctionnement des services préfectoraux, souffrent de graves difficultés pour se loger et pour subvenir à leurs besoins. C’est en grande partie grâce au soutien et aux efforts de nos collègues dans les universités et dans les CROUS qu’ils parviennent quand même à mener leurs études. Il faudrait un véritable plan d’action, doté de moyens, pour améliorer leur situation.
Au lieu de cela, la seule solution envisagée par le gouvernement est de faire payer toujours plus à ces étudiants ! Et il cherche à imposer, de gré ou de force, cette idée détestable aux universités. La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques s’oppose fermement à ce projet de décret et demande au gouvernement de le retirer.
Retrouver ici le communiqué de presse de l’intersyndicale de l’enseignement supérieur :
« Droits d’inscription à 2900€ et 3900€ imposés à tous les étudiant·es extracommunautaires : c’est non ! »