Ci-dessous, retrouvez la déclaration liminaire lue par la CFDT Education Formation Recherche Publiques lors du CSAMEN.
Lors du CSAMEN du 04 juin 2026, la CFDT Education Formation Recherche Publiques a abordé les points suivants : Canicule, les AEd, les AESH et la correction dématérialisée des copies de Bac Pro.
CSAMEN du 04 juin 2026 : une semaine après la canicule, un point de situation
La dernière semaine de mai 2026 a été marquée par un épisode caniculaire particulièrement intense, qui a concerné l’ensemble du territoire métropolitain. Un événement météorologique majeur mais qui ne surprend pas au regard des études scientifiques sur le climat.
Quels sont les témoignages de nos collègues, que lisons-nous dans les registres SST ? Permettez-nous de citer quelques exemples, sans prétention à l’exhaustivité.
Académie de Nantes, mardi 26 mai, classe de petite, moyenne et grande section de maternelle : 32° à 9h du matin, 34°à midi.
Académie de Toulouse : un chef d’établissement interdit aux personnels de porter bermuda et nu-pieds.
Académie de Poitiers, école primaire : malgré le ventilateur, les rideaux tirés, les thermomètres indiquent 26° à 8h, 32° à midi, 35° à 15h. Collège : relevés de température à 9h à 50cm du sol 30° au milieu de la salle, 36° à la place élève côté fenêtre.
Académie de Créteil, école maternelle : 26° dans les classes dès 9h le matin – alors qu’il fait 22° dehors – impossible d’aérer la nuit pour des raisons de sécurité. Classe et dortoir des petits à 28/32° toute la semaine, un seul ventilateur. Demande d’un rafraîchisseur en urgence à la mairie : refus , et promesse d’installer un brumisateur dans la cour bitumée et inutilisée par fortes chaleurs.
Lycée centre d’examen, l’équipe de direction parvient à acheter une vingtaine de ventilateurs pour équiper les salles d’examen, et programme d’en acheter davantage pour l’avenir.
Académie de Versailles, le syndicat académique est contraint de signaler au rectorat le blocage total dans un LP centre d’examen : quelle que soit la température (jusqu’à 37,8° mesurés) les personnels ont ordre de ne pas allumer les ventilateurs qu’ils et elles ont pris l’initiative d’apporter car leur bruit dérangera les élèves. Il a fallu batailler pour qu’un élève indisposé par la chaleur soit autorisé à aller aux toilettes au cours de la première heure de l’épreuve pour se réhydrater et se rafraîchir… Dans plusieurs établissements, des services de vie scolaire et des infirmières.infirmiers scolaires sont débordé.es par l’afflux d’élèves indisposés par la chaleur.
« La vague de forte chaleur entraîne des difficultés, d’exercice dans les établissements scolaires pour les personnels, et d’étude et d’examen pour les élèves. La diffusion des consignes du plan canicule, pour indispensable qu’elle soit, place les personnels dans une situation paradoxale : il n’est pas toujours possible de les mettre en œuvre. » nous le disions en CTMEN le 21 juin 2017 et cela reste d’actualité.
Il est urgent d’adapter les lieux de travail
Aujourd’hui encore, trop de lieux de travail ne sont pas adaptés à la nouvelle donne climatique et ne permettront pas aux agents d’« éviter les élévations exagérées de température » (Code du travail). L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) considère qu’au-delà de 30 °C pour un salarié sédentaire, et 28°C pour un travail nécessitant une activité physique, la chaleur peut constituer un risque pour les salariés. Risque dont les conséquences sur la santé ne sont pas toujours immédiates, et peuvent se manifester au moins trois jours après.
Pour la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, les malaises qui ont lieu en décalé, même en dehors du lieu et des horaires de travail, doivent être reconnus comme des accidents de service pour que les personnels accèdent à leurs droits.
Depuis l’an dernier, et le CSAMEN de juillet à l’occasion duquel nous étions de nouveau intervenues sur la question, que s’est-il passé ? Des collectivités ont entrepris des constructions ou des rénovations à la hauteur de l’enjeu de l’adaptation au changement climatique. C’est indispensable mais l’effort à conduire est considérable et le parc scolaire reste loin, très loin de l’objectif. Adapter le système éducatif au changement climatique supposera des investissements importants, et un travail loyal dans la durée entre l’État et les collectivités locales. La situation budgétaire du pays ne pourra pas cautionner la poursuite de l’inaction, au risque de déstabiliser radicalement le système éducatif alors que le scénario d’un réchauffement à + 4° est désormais le plus probable.
Anticiper, une vrai nécessité !
Le CSE a adopté en 2025 un rapport de la commission spécialisée transition écologique avec lequel le ministère s’est dit en phase. Sa déclinaison en actes serait une bien meilleure utilisation des moyens du ministère plutôt que de continuer de produire des notes de service injonctives pour faire encore semblant d’agir en l’absence de marges budgétaires. Reste la question de la volonté politique.
Jeudi 28 mai au bulletin officiel de l’Éducation nationale était publié le plan ministériel de gestion des vagues de chaleur. Ce plan avait été présenté devant la formations spécialisée santé sécurité et conditions de travail le 28 janvier dernier. A chercher des dates symboliques, il était prévu de le publier pour le 1er juin…
Les dates de vigilance sont obsolètes, et les acteurs ont besoin de ces outils en amont de la survenue des épisodes de canicule, afin de les anticiper. La communication en pointe du ministère doit avoir lieu dès lors que des prévisions météorologiques annoncent la survenue de tels événements climatiques, pas lorsqu’ils ont déjà commencé.
Compte-tenu du dernier bulletin El Niño/El Niña de l’Organisation météorologique mondiale, il convient d’anticiper dès maintenant la probabilité élevée de réalisation de risques météorologiques sur le territoire national et leurs conséquences sur les conditions de travail et le fonctionnement du système éducatif, dans les semaines et les mois qui viennent.
Autres points abordés au CSAMEN du 04 juin 2026
Quelles réponses aux revendications des AED ?
Le mardi 2 juin, les assistant.e.s d’éducation se sont fortement mobilisé.e.s à l’appel d’une large intersyndicale pour défendre des conditions de travail dignes, une meilleure reconnaissance du métier et des perspectives professionnelles à la hauteur des missions exercées dans les établissements scolaires. Face à la précarité, aux sous-effectifs et au manque de considération. Quelles réponses le ministère entend-il apporter aux revendications exprimées clairement par les AED ? L’annonce de nouvelles coupes budgétaires notamment sur le programme vie de l’élève est-elle la seule réponse gouvernementale ?
Le ministère se contente d’une école inclusive de façade
Le 28 octobre 2025, dans une réponse à une question écrite au gouvernement, le ministère a répondu, je cite : « A la rentrée prochaine, trois départements expérimenteront les « assistants d’accessibilité ». Les AESH mutualisés seront implantés dans les écoles et les établissements scolaires du 2d degré au lieu du PIAL. Ils deviennent une ressource identifiée sur le territoire pour répondre aux besoins des élèves sans qu’ils aient besoin d’une notification d’accompagnement humain. » Pouvez-vous nous indiquer précisément ce qu’il en sera à la rentrée prochaine ?
Par ailleurs, lors du CSAMEN sur les moyens de la rentrée 2027, vous nous aviez précisé que les ETP pour les PAS provenaient à la fois du programme 140 (70 postes), et du programme 141 (21 postes). Nos syndicats académiques signalent que les moyens sont exclusivement pris sur le 1er degré, aggravant le nombre de fermeture de classes. Le PAS est un dispositif pertinent pour identifier les besoins des élèves et des équipes mais sans les moyens pour mettre en œuvre les adaptations nécessaires, c’est une école inclusive de façade qui s’opère. La politique des moyens constants et du redéploiement ça ne fonctionne pas !
Le 9 juin, une large intersyndicale dont fait partie la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, appelle les personnels à se mobiliser pour porter les revendications des AESH. Un statut de fonctionnaire doit exister pour les AESH : pour toutes celles et ceux qui le souhaitent. Il serait inacceptable de réserver cette possibilité à une part minime des AESH en poste actuellement.
La CFDT a conscience que toutes et tous n’auront pas forcément intérêt à la fonctionnarisation, notamment en raison des modes de calcul des droits à pension de retraite. Aussi, il convient d’instituer un droit d’option, et de continuer à améliorer significativement la rémunération et le cadre d’emploi de celles et ceux qui continueront d’exercer le métier d’AESH en tant qu’agent contractuel.
La correction dématérialisée des copies de Bac Pro
Concernant les corrections des épreuves du baccalauréat professionnel, nous dénonçons les conditions de travail dans lesquelles les collègues professeur.e.s de lycée professionnel se retrouvent. La dématérialisation des copies ne doit pas exempter l’employeur de sa responsabilité d’organiser le travail dans le respect de la réglementation. Comme pour les épreuves des baccalauréats généraux et technologiques, nous demandons que les collègues PLP correcteurs et correctrices soient déchargés de cours ou de toute autre mission sur un temps bien défini afin qu’ils et elles puissent assurer leurs mission de correction dans de bonnes conditions.