Les Assises du financement des universités ont présenté leurs conclusions devant le CNESER le 16 juin 2026. La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques rejette leur proposition d'augmenter les frais d'inscription à l'université, mais salue leur constat sur le sous-financement des universités.
Les « Assises du financement des universités » ont été lancées en janvier 2026. Elles ont présenté leurs conclusions devant le CNESER le 16 juin 2026 ; le rapport final devrait être rendu public avant fin juin (il était initialement prévu pour mi-mai).Le rapport de la mission sur les Assises du financement des universités est en deux parties : une analyse de la situation existante, que nous rejoignons, et des propositions pour améliorer le financement des universités. Parmi celles-ci, nous nous opposons fermement au quadruplement des frais d’inscription, incompatible avec le principe de gratuité de l’enseignement supérieur.
Des universités bien gérées, mais sous-financées par l’État
À nos yeux, l’apport majeur de ces Assises réside dans le fait qu’un inspecteur général des finances reconnaisse enfin que les universités sont bien gérées, et que leurs déficits s’expliquent avant tout par un sous-financement de l’État, en particulier parce que la subvention pour charge de service public (SCSP) n’a pas évolué à la hauteur des besoins. Le rapport des Assises souligne aussi que la trésorerie courante des universités, les fameux « fonds de roulement », ne sont pas une manne financière, mais correspondent à des dépenses pluri-annuelles déjà engagées. Le rapport souligne également que la multiplication des ressources auxiliaires (appels à projets, apprentissage, formation continue, etc.) aggrave en réalité les difficultés financières des universités : bon nombre de ces activités, bien que présentées comme des recettes supplémentaires, génèrent en définitive plus de dépenses qu’elles ne rapportent.
Sur tous ces sujets, le rapport des Assises ne fait que confirmer ce que les personnels savent depuis longtemps, mais que nos dirigeants ignorent. Nous espérons que le rapport détaillé et circonstancié des Assises permettra enfin de faire évoluer les politiques gouvernementales, si préjudiciables au financement des universités.
Une remise en cause du modèle français de gratuité de l’enseignement
La partie consacrée aux solutions est bien moins travaillée que la partie consacrée à l’analyse de la situation financière. Après avoir reconnu que la diversification des ressources financières des universités était une des causes des problèmes de financement, le rapport des Assises recommande notamment… une plus grande diversification des ressources financières des universités.
La mesure la plus médiatique du rapport est certainement la recommandation de quadrupler le montant des frais d’inscription des étudiants à l’université, de sorte que leur part dans le budget des universités passerait de 2,5 % à 10 % du budget global.
La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques est totalement opposée à cette proposition, qui va à l’encontre des valeurs du service public d’enseignement supérieur que nous portons.
Rappelons que la gratuité de l’enseignement supérieur est un principe constitutionnel, rappelé par le Conseil Constitutionnel.
Cette nouvelle tentative de remise en cause du principe de gratuité intervient juste après le nouveau décret augmentant les frais d’inscription pour les étudiants venant de pays hors de l’Union Européenne. La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques rappelle son opposition à ce décret et demande son abrogation.
Mettre fin aux mesures budgétaires contre-productives
Le rapport des Assises recommande par ailleurs une rupture avec la politique gouvernementale des années passées : la subvention pour charge de service public doit au minimum suivre l’inflation, les mesures salariales décidées doivent être intégralement financées, les augmentations du CAS Pension doivent être compensées dans leur intégralité. Sur ces points, nous rejoignons l’analyse des auteurs du rapport et espérons que ces mesures-là seront effectivement appliquées.
La confiance ne se décrète pas
Enfin, le rapport des Assises évoque la nécessité de rétablir la confiance entre l’État et la communauté universitaire. Pour la CFDT, la confiance ne se décrète pas, elle se construit. Et elle se construit notamment par le respect des engagements pris. Rappelons que l’État ne respecte ni les trajectoires budgétaires fixées par la Loi de Programmation de la Recherche (2020), ni les revalorisations salariales prévues par l’accord majoritaire « carrières et rémunérations ». Rétablir cette confiance exigera donc, avant toute chose, que l’État honore ses promesses.