Déclaration CFDT Éducation Formation Recherche Publiques au CSAMEN du 4 novembre : agression de Nice , mobilisation des lycéens et des étudiants , baisse du pouvoir de vivre, atteintes aux libertés fondamentales.
Déclaration liminaire du 04 novembre 2026 au CSAMEN, lue par la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques.
Agression de personnels : Inadmissible !
Nous commencerons notre intervention par l’expression de notre soutien et de notre solidarité à nos deux collègues de Nice gravement éprouvées dans l’exercice de leur mission de service public et demandons que tout soit fait par l’institution pour les aider à surmonter ce traumatisme.
Cette nouvelle agression de personnels scolaires est sans surprise, hélas. Rappelons le, l’École n’est pas un sanctuaire, et les discours de retour à l’ordre et à l’autorité sont sans effet sur le réel.
Comme l’a souligné la CFDT en mai dernier, dans son second baromètre sur l’état du travail, les violences physiques comme les agressions verbales à l’encontre des agent·e·s publics augmentent. Dans le premier degré, les enseignant·e·s, et notamment les directeurs et directrices, sont en contact direct avec les familles. Une spécificité qui fait que les professeur·e·s des écoles sont très exposés aux violences venant des familles.
Il est aussi nécessaire de prendre la mesure de la solitude rattachée à l’exercice de la direction d’école. D’autres graves situations en ont attesté ces dernières années, et certaines se sont soldées par le suicide de collègues. Dans la grande majorité des cas, les directrices et directeurs d’école sont chargés d’enseignement et doivent gérer leur classe – ce qui, dans la relation avec les parents, n’est pas sans difficulté puisqu’il n’y a aucun intermédiaire.
C’est pourquoi la CFDT revendique l’augmentation du temps de décharge, plus de présence humaine avec l’adoption du principe « Plus de maîtres que de classes », et la création de postes d’assistant·e·s d’éducation dans les écoles…
Prenant la mesure du droit à travailler dans un espace autant que possible protégé, la CFDT et les organisations syndicales de la formation spécialisée en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail (F3SCT) ministérielle viennent de finaliser, avec l’administration, un guide intitulé « Gestion des événements graves, accompagner les personnels ». Cet outil doit maintenant être pleinement mis en œuvre. Et cela suppose des moyens, notamment des moyens humains.
Pour un système éducatif plus juste et plus émancipateur
Actuellement, notre pays vit une crise sociale majeure. Les incertitudes qui pèsent sur leur avenir amènent les lycéens et les étudiants à exprimer leurs besoins pour avoir de bonnes conditions d’études et avoir toutes les chances de réussite. Ils réclament un meilleur accompagnement pédagogique, un meilleur accompagnement à l’orientation, des locaux en bon état pour suivre les cours, des places en nombre suffisant dans les formations post bac.
Ce qu’ils demandent est plus que légitime ; depuis des années, les professionnels que nous représentons expriment leurs besoins pour mener à bien leurs missions de service public d’éducation qui rejoignent les besoins des élèves : des effectifs moins chargés, des programmes mieux pensés et moins chargés, qui laissent du temps pour accompagner les élèves, des ressources humaines en nombre suffisant dans tous les métiers qui font l’école, l’organisent, l’administrent et accompagnent les parcours des élèves.
Investir dans l’Éducation c’est préparer l’avenir, c’est permettre aux jeunes d’accéder à un niveau d’études et de qualification élevés, c’est préparer un bilan économique positif à moyen et long terme.
Or la politique éducative menée depuis 10 ans laissent trop de monde sur le bord de la route. Il est urgent de changer de cap et d’aller vers un système éducatif plus juste et plus émancipateur, moins normatif et plus inclusif. Il en va aussi de la santé mentale des élèves dont notre système éducatif peut être source de mal-être. Sur le sujet de l’accompagnement à l’orientation, pas sûr que le texte sur l’Onisep inscrit à l’ordre du jour réponde aux besoins.
Un pouvoir de vivre qui s’amenuise
La crise sociale que vit notre pays ce sont aussi les travailleurs jeunes et moins jeunes qui subissent l’inflation avec des rémunérations qui stagnent et pour certaines et certains agents de notre ministère comme les administratifs de catégorie C et B, les aesh, les aed, c’est un pouvoir de vivre qui s’amenuise, des difficultés de vie, faute de revalorisation indiciaire et de revalorisation indemnitaire.
Nous demandons la révision des grilles pour les faire commencer bien au delà du smic et rétablir les équilibres entre les 3 catégories.
- Nos collègues ADJAENES, catégories C, en dessous du smic sur 19 ans de carrière ! Inacceptable !
- Nos collègues de catégorie B en dessous du smic sur les 7 premiers échelons. Inacceptable !
- Et pour les catégorie A, la smicardisation n’est pas loin : 77 euros séparent le 1er échelon du smic ; encore une ou deux augmentations du smic et la catégorie A sera concernée…!
- Et c’est sans parler du traitement salarial réservé au contractuels qui est en deçà des missions effectuées qui nécessitent technicité, autonomie et initiative.
Les métiers et les rémunérations doivent être revalorisées. Nous demandons la poursuite de la requalification des postes afin que leur classification corresponde à la fiche de poste. Et cela vaut pour tous les métiers de l’éducation nationale.
Pour les enseignants nous demandons un nouveau doublement de l’ISOE ISAE qui permettrait de rapprocher la part indemnitaire de la rémunération des enseignants de celle des agents des autres corps de la catégorie A. Actuellement l’indemnitaire des enseignants est 5 à 6 fois inférieur à celui des attachés. Comment se justifie cet écart ?
Pour la CFDT, une revalorisation salariale de tous les personnels est indispensable face au pouvoir de vivre qui se dégrade significativement. Demain 5 novembre notre organisation appelle les agentes et agents publics à se mobiliser pour exprimer l’urgence de revaloriser les rémunérations et de donner les moyens aux services publics qui servent la population.
Atteinte portée aux libertés fondamentales : inadmissible !
Nous ne pouvons terminer notre intervention en CSAMEN sans nous indigner de l’atteinte portée aux libertés fondamentales ces derniers jours avec des lycéens verbalisés et des manifestations interdites. Utiliser la répression vis à vis de manifestants est une politique indigne dans un état de droit.