La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques profite des assises pour dresser un constat sans appel et poser ses revendications.
Assises du financement des universités : Un exercice de transparence ou un aveu d’échec ?
Le gouvernement lance les assises du financement des universités avec pour objectif affiché d’« objectiver la situation financière de nos universités ». Pour la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, cette initiative soulève une question bien plus fondamentale : quel modèle d’Enseignement Supérieur et de Recherche (ESR) la Nation entend-elle porter ? Depuis des années, les universités sont prises en étau entre des exigences contradictoires : former toujours plus d’étudiants, avec une formation de qualité, un suivi individualisé, le développement de partenariats, de formations par apprentissage, de la formation continue, d’échanges internationaux, de cours mutualisés au sein d’alliances européennes… tout en maintenant une recherche d’excellence, et ce, avec des budgets en baisse en euros constants.
Le constat du financement
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En euro constant (ligne verte), le financement des universités n’a pas évolué de 2011 à 2025. Voire il est en légère diminution.
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Au vu de l’augmentation des effectifs, c’est le financement par étudiant qui donne un bon indicateur : on est passé en 2011 à un financement de 8 800 € / étudiant à un financement en 2025 de 7 500 € / étudiant.
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Un bilan alarmant : des universités à bout de souffle
La CFDT dresse un constat sans appel : les universités sont au bord de la rupture. Les conséquences de cette politique financière désastreuse se mesurent à tous les niveaux :
Pour les agents : épuisement et perte de sens au travail
Les personnels, tous corps confondus, paient le prix fort de cette logique de restriction :
- Épuisement professionnel généralisé, multiplication des arrêts maladie et des démissions.
- Difficultés de recrutement criantes, quel que soit le poste : administratifs, enseignants-chercheurs, enseignants… Travailler à l’université n’est plus attractif.
- Services en sous-effectif, obligeant les collègues à cumuler les heures complémentaires pour assurer un minimum de formation aux étudiants.
- Perte de sens : comment accueillir et former dans de bonnes conditions quand les moyens manquent cruellement ?
Pour la formation : des conditions indignes
Les bâtiments universitaires se dégradent parfois jusqu’à l’insalubrité. Faute de financements, l’entretien est reporté, les conditions de travail et d’études se détériorent. Comment répondre aux engagements pris par l’État en matière de réduction des gaz à effet de serre, sans moyens pour la rénovation thermique ? Comment répondre aux nouvelles obligations, comme le Schéma Directeur Handicap, sans moyens pour mettre les locaux aux normes ? Comment accueillir davantage d’étudiants sans espaces supplémentaires, sans personnels pour les encadrer ? Piocher dans les fonds de roulement, comme le propose le ministère, n’est pas une solution – c’est un leurre.
Pour la recherche : une précarisation organisée
La multiplication des financements sur appel à projet fragilise la recherche fondamentale, pourtant essentielle à l’innovation et à l’indépendance scientifique. La CFDT le rappelle : l’Etat doit fournir aux laboratoires les fonds nécessaires à leur fonctionnement de base, les appels à projet ne doivent servir qu’à financer des activités complémentaires.
Nos revendications : transparence, justice et efficacité
Face à cette situation, la CFDT Éducation, Formation, Recherche Publiques exige des réponses claires et des engagements concrets :
✅ Transparence et responsabilité : si les financements ne suivent pas, le gouvernement doit assumer ses choix et indiquer quelles missions les universités ne pourront plus assurer.
✅ Financement des nouvelles missions : toute nouvelle mission confiée aux universités doit être accompagnée de moyens financiers dédiés.
✅ Pas de suppression de postes : la baisse démographique annoncée ne doit pas servir de prétexte à des réductions d’effectifs. Après des années de « serrez les dents », il est temps de rétablir des conditions de travail dignes.
✅ Revalorisation des salaires et des conditions de travail : pour redonner de l’attractivité aux métiers de l’enseignement supérieur et de la recherche.
✅ Réforme du COMP (Contrat d’Objectifs et de Moyens Pluriannuel) : intégrer des critères sociaux, comme la situation financière ou la position sociale des étudiants, pour une répartition plus juste des ressources. Fournir aux universités des systèmes informatiques qui permettent un pilotage, au lieu des usines à gaz actuelles.
Assises du financement des universités : un choix de société
Les Assises du financement des universités ne doivent pas être un simple exercice comptable. Elles doivent interroger le modèle que nous voulons pour notre enseignement supérieur et notre recherche. La CFDT le martèle : sans moyens, pas de qualité. Il est temps d’agir – pour les agents, pour les étudiants, pour l’avenir de notre pays.
L’université n’est pas une variable d’ajustement, c’est un pilier de notre société.
En savoir plus :
Les assises sur le site du ministère
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