La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques dénonce les conséquences des suppressions de postes dans le premier degré pour la rentrée 2026. Cette baisse drastique des moyens détériore considérablement les conditions de travail des professeurs des écoles.
Les suppressions de postes annoncées lors du dernier comité social d’administration du ministère de l’Éducation nationale sont en totale inéquation avec les besoins des collègues et du système éducatif selon la CFDT.
Des suppressions de postes plus lourdes qu’annoncées
Dans le 1er degré, ce sont 1891 postes de professeur.e.s des écoles qui sont supprimés.
À noter que 266 sont mis en réserve pour :
- développer la scolarisation en toute petite section des enfants de 2 ans dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (60 postes),
- pour soutenir la stratégie autisme (70 postes)
- pour installer de nouveaux pôles d’appui à la scolarité (PAS : 70 postes).
Ce sont donc probablement près de 2200 classes dans des écoles maternelles et élémentaires qui seront supprimées à la rentrée 2026, sans stratégie et vision partagée en termes d’aménagement du territoire malgré nos demandes répétées d’ouvrir cette discussion ces dernières années.
Des suppressions de postes qui ont des conséquences sur les conditions de travail
Ces annonces de suppression sont incompréhensibles pour les collègues tant le métier de professeur.e des écoles est compliqué à assurer. Les formations spécialisées santé sécurité et conditions de travail (F3SCT) témoignent d’un vécu du travail particulièrement difficile dans le 1er degré dans de nombreuses académies. À cela, nous pouvons ajouter le remplacement des professeur.e.s des écoles de plus en plus difficile à assurer et aux conséquences négatives sur l’accès à la formation continue. Tout cela amenant des enseignant.e.s à ne pas prendre soin de leur santé et restant à leur poste quoiqu’il arrive jusqu’à l’épuisement.
Pour la CFDT, il faut prendre en compte des indicateurs de conditions de travail, de santé au travail pour déterminer les moyens d’enseignement dont nous avons besoin pour l’École publique. Améliorer de manière plus résolue le taux d’encadrement dans le premier degré permettrait d’améliorer les conditions de travail des agent.e.s, de leur donner davantage de capacité à accueillir et faire progresser tous les élèves, de s’adapter à leurs besoins éducatifs, de rendre l’école plus inclusive.
Des suppressions de postes en contradiction avec des politiques publiques
La CFDT a aussi souligné dans ses interventions lors du CSAMEN du 26 janvier 2026 que l’on supprime des postes alors que des politiques publiques ne sont toujours pas pleinement réalisées :
- toutes les classes qui devraient être dédoublées en éducation prioritaire et en éducation prioritaire renforcées ne le sont toujours pas : dans les académies de Dijon et de Limoges 26 % des classes de grande section en REP/REP+ ne sont pas dédoublées, dans l’académie de Créteil près de 23 % ne le sont pas, dans l’académie de Strasbourg près de 17% ne le sont pas ;
- toutes les classes qui devraient être limitées à 24 élèves ne le sont toujours pas,
- la réduction des écarts relatifs de dotation entre académie n’a pas lieu, ou quand elle avance un peu c’est quasi exclusivement via la réduction de la dotation des académies qui étaient historiquement relativement mieux dotées et pas par l’amélioration de la situation des académies qui restent les moins bien dotées et notamment les académies de Nice, Aix-Marseille, Strasbourg, Versailles, Créteil, Lyon, Grenoble, Montpellier, Toulouse, Bordeaux, La Réunion et Rennes, mais aussi et de manière plus critique encore Mayotte et La Guyane
La mobilité géographique inter risque d’être plus difficile encore et les suppressions de postes risquent de rendre difficile la réaffectation des enseignant.e.s dont les postes seront supprimés et qui ne sont pas forcément celles et ceux qui font valoir leurs droits à la retraite. La CFDT a demandé au ministère une concertation pour construire des mesures d’accompagnement. Derrière ces suppressions de postes, c’est en fait une réorganisation importante du service public d’éducation qui s’amorce. Cela appelle une politique de ressources humaines ambitieuse, respectueuse des agent.e.s par laquelle l’État employeur assume ses responsabilités. Cela appelle aussi une réflexion sur l’École publique que nous voulons dans les années qui viennent. Pour la CFDT, il faudra que cette réflexion intègre des indicateurs qualitatifs des conditions de travail des personnels.