Le 16 juin 2026, les agentes et agents des établissements publics d’enseignement supérieur agricole éliront leurs représentantes et représentants au CNESERAAV, le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche agricole, agroalimentaire et vétérinaire.
Ce scrutin concerne les personnels d’AgroParisTech, de l’Institut Agro et de ses écoles internes, de VetAgro Sup, d’Oniris VetAgroBio Nantes, des écoles nationales vétérinaires d’Alfort et de Toulouse, de l’École nationale supérieure de paysage de Versailles, de l’ENSFEA, de Bordeaux Sciences Agro et de l’ENGEES.
Enseignantes-chercheuses et enseignants-chercheurs, enseignantes et enseignants, chercheuses et chercheurs, ingénieures et ingénieurs, personnels techniques de formation et de recherche, personnels administratifs, titulaires ou contractuels : cette élection concerne directement celles et ceux qui font vivre l’enseignement supérieur agricole public au quotidien.
Ce scrutin peut sembler technique. Il ne l’est pas. Le CNESERAAV est une instance nationale où se discutent des sujets essentiels pour l’avenir de l’enseignement supérieur agricole public : formations, diplômes, accréditations, moyens, emplois, recherche, écoles vétérinaires, Bachelor Agro, transitions écologiques, alimentaires, sanitaires et territoriales.
Autrement dit : ce qui s’y débat concerne directement l’avenir des établissements, la qualité des formations, les conditions de travail et la reconnaissance des personnels.
Pour la CFDT, l’enjeu est clair : nous avons besoin d’un enseignement supérieur agricole public fort, utile, reconnu, capable de former, de chercher, d’innover et d’accompagner les transformations du pays. Mais cette ambition ne peut pas reposer sur l’épuisement des équipes, le travail invisible, la précarité ou les réorganisations menées sans moyens suffisants.
Former plus, oui. Dégrader le travail, non.
La loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire fixe des objectifs ambitieux. Former davantage de professionnelles et professionnels dans les champs de l’agriculture, de l’agroalimentaire, du vivant, de la santé animale, du paysage, de l’alimentation et des transitions est une nécessité.
Mais la CFDT le dit clairement : il ne peut pas y avoir d’ambition nationale sans moyens réels dans les établissements.
Accueillir davantage d’étudiantes et d’étudiants, développer de nouvelles formations, renforcer l’attractivité des parcours, accompagner les transitions, moderniser les équipements, soutenir la recherche, maintenir le lien au terrain : tout cela demande des emplois, du temps, de l’ingénierie pédagogique, des personnels administratifs et techniques reconnus, des équipes stabilisées et des financements pérennes.
La souveraineté alimentaire mérite mieux qu’une extension à effectifs constants.
Bachelor Agro : une opportunité seulement si les moyens suivent
Le développement du Bachelor Agro peut contribuer à rendre l’offre de formation plus lisible et à ouvrir de nouveaux parcours. Mais pour la CFDT, il ne doit pas devenir un outil d’affichage ou une réforme construite sur le dos des personnels.
Créer un diplôme nouveau, ce n’est pas seulement ajouter une ligne dans une plaquette de formation. C’est concevoir des contenus, organiser des progressions, assurer le lien avec les secteurs professionnels, coordonner les équipes, accompagner les étudiantes et étudiants, gérer les stages, les emplois du temps, les examens, les conventions, les partenariats.
Tout cela repose sur du travail réel. Trop souvent, ce travail reste invisible.
La CFDT veillera à ce que le Bachelor Agro ne serve ni de prétexte à l’intensification silencieuse du travail, ni d’alibi à des réorganisations improvisées, ni de moyen de contourner les droits des agents.
Défendre tous les personnels, dans tous les métiers
L’enseignement supérieur agricole public ne fonctionne pas seulement grâce à ses formations ou à ses projets. Il fonctionne grâce à celles et ceux qui le font vivre au quotidien.
Enseignantes-chercheuses et enseignants-chercheurs, enseignantes et enseignants du second degré, personnels administratifs, techniques, de laboratoire, de service, personnels d’appui, titulaires et contractuels : aucune catégorie ne doit être invisibilisée.
La CFDT défend une même exigence de respect, de reconnaissance et de justice pour tous les métiers et tous les statuts.
Les personnels administratifs et techniques doivent en particulier être pleinement reconnus. Ils ne sont pas périphériques. Ils assurent le fonctionnement concret des établissements, la qualité du service rendu, l’accompagnement des formations, la continuité des activités, le soutien aux projets, la gestion des transformations.
La CFDT revendique une politique indemnitaire plus juste, plus lisible et plus cohérente, notamment pour les agents relevant du RIFSEEP, ainsi qu’un véritable rattrapage pour les catégories B et C. Les responsabilités exercées, les sujétions réelles, l’expertise professionnelle et la charge de travail doivent être reconnues.
Écoles vétérinaires publiques : un maillon stratégique à soutenir
Les écoles vétérinaires publiques occupent une place particulière dans l’enseignement supérieur agricole public. Elles forment des vétérinaires, mais elles contribuent aussi à la recherche, à la santé animale, à la sécurité sanitaire et alimentaire, à l’innovation et à l’approche globale « One Health », qui relie santé humaine, santé animale et environnement.
Elles sont au cœur d’enjeux majeurs : bien-être animal, antibiorésistance, sécurité alimentaire, santé environnementale, durabilité des systèmes de production, prévention et santé publique.
Mais ces écoles connaissent elles aussi des tensions fortes : besoins croissants, patrimoine parfois vieillissant, pression sur les équipes, difficultés à attirer ou fidéliser certains profils, concurrence accrue, coût de la vie étudiante, exigences de formation, de recherche et d’activité clinique.
Là encore, la question est simple : veut-on un service public vétérinaire d’excellence seulement dans les discours, ou accepte-t-on de lui donner les moyens nécessaires ?
Un enseignement supérieur agricole public attractif, visible et relié au terrain
L’enseignement supérieur agricole public dispose de grands atouts : un haut niveau scientifique, une forte professionnalisation, un lien avec les territoires, une articulation entre formation, recherche, innovation et accompagnement des transitions.
Mais son attractivité ne va plus de soi. Les réformes du lycée, les évolutions de l’orientation, la concurrence d’autres voies de formation, la moindre attractivité de certains secteurs agricoles ou agroalimentaires, mais aussi la concurrence du privé pèsent sur sa visibilité.
Le risque n’est pas que le public perde sa qualité réelle. Le risque est qu’il soit moins lisible, moins visible, moins soutenu, alors même qu’il porte des missions de service public beaucoup plus larges.
Pour la CFDT, il faut donc défendre un enseignement supérieur agricole public capable de tenir ensemble plusieurs exigences : excellence scientifique, professionnalisation, lien au terrain, recherche, ouverture sociale, transition écologique, qualité des formations et conditions de travail soutenables.
Recherche, formation, transitions : un même combat
Former sans recherche forte, ce serait affaiblir l’enseignement supérieur agricole. Faire de la recherche sans lien avec les besoins sociaux, agricoles, alimentaires, sanitaires et environnementaux, ce serait manquer une partie de sa mission.
La CFDT défend une recherche publique forte, indépendante, dotée de moyens suffisants, en lien avec les besoins de la société. Elle défend aussi le temps scientifique nécessaire à l’actualisation des connaissances, à la formation continue des personnels, à l’innovation pédagogique et à la production de savoirs utiles.
Les transitions ne peuvent pas être traitées comme des slogans. Elles supposent des savoirs, des débats, des moyens, du temps, des équipes formées et reconnues. Elles supposent aussi de ne pas opposer artificiellement science, technique, terrain, environnement et société.
Intelligence artificielle : un outil, jamais une tutelle
L’intelligence artificielle peut devenir un outil utile pour la formation, la recherche, l’observation, la prévention, l’analyse de données, l’appui aux missions ou l’accompagnement des transitions.
Mais elle ne doit pas devenir un instrument de surveillance, de standardisation des pratiques, d’intensification du travail ou de justification de suppressions de postes.
Pour la CFDT, l’IA doit rester un outil au service du travail humain, de la formation et de la recherche. Elle suppose des règles claires, de la transparence, de la formation, du temps d’appropriation et des garanties éthiques fortes.
Le 16 juin, donnez de la force à une organisation qui défend un enseignement supérieur agricole public fort, humain et utile
Au CNESERAAV, voter CFDT, c’est choisir un syndicalisme utile, exigeant et concret.
- Utile, parce qu’il part du travail réel et des besoins des personnels.
- Exigeant, parce qu’il ne se contente pas des annonces et demande des moyens à la hauteur des ambitions.
- Concret, parce qu’il défend les droits, les carrières, les rémunérations, les conditions de travail, la reconnaissance des métiers et la qualité du
service public.
Le 16 juin 2026, donnez de la force à une organisation qui défend un enseignement supérieur agricole public fort, humain et utile. Votez CFDT !