La formation spécialisée F3SCT du CSA de l'Enseignement Agricole aborde les conditions d'exercice des personnels dans leur cadre professionnel. Cette instance se charge des questions de la Santé, la Sécurité et des Conditions de Travail.
F3SCT : un levier pour améliorer les conditions de travail dans l’enseignement agricole

Les conditions de travail dans l’enseignement agricole sont au cœur des préoccupations des personnels. Dans les lycées agricoles, les grandes écoles et les services du ministère de l’Agriculture, les agent·es exercent des missions essentielles : former, accompagner, évaluer, encadrer, innover, faire vivre des collectifs de travail et répondre aux besoins des élèves, étudiant·es et apprenti·es.
Mais ces missions ne peuvent être menées correctement que si les personnels disposent de conditions de travail soutenables : du temps, des moyens, des espaces adaptés, une organisation claire, une prévention réelle des risques professionnels et une écoute effective du terrain.
C’est précisément le rôle de la F3SCT, la formation spécialisée en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail. Rattachée au Comité social d’administration, elle examine les sujets qui touchent à la santé physique et mentale des personnels, à la sécurité, à l’organisation du travail, à la prévention des risques psychosociaux, au télétravail, à la déconnexion et à l’amélioration du quotidien professionnel.
Dans l’enseignement agricole, la F3SCT doit permettre de faire remonter les réalités vécues dans les établissements : charge de travail, tensions dans les équipes, sécurité des locaux et des plateaux techniques, accompagnement des élèves à besoins particuliers, conditions d’exercice en internat, évolutions pédagogiques, transitions écologiques, gestion des crises ou encore manque de reconnaissance. (en savoir plus sur la composition et les missions de cette instance)
Pour la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, cette instance doit être un outil utile, concret et exigeant. Elle doit permettre d’obtenir des réponses de l’employeur, de suivre les alertes déposées dans les registres santé et sécurité au travail, de renforcer la prévention et de construire des solutions avec les personnels.
Améliorer les conditions de travail dans l’enseignement agricole, ce n’est pas seulement protéger les agent·es : c’est aussi garantir un service public de formation de qualité, au service des élèves, des étudiant·es, des apprenti·es et des territoires.
Notre dernière déclaration préalable à la F3SCT du 1 er juillet 2026
La France subit désormais des vagues de chaleur de plus en plus extrêmes, avec des épisodes caniculaires précoces dès le mois de mai et une extension possible d’ici les prochains mois et malheureusement pour les prochaines années. Ces canicules répétées ont des conséquences graves sur la santé, l’environnement, l’économie et aussi sur le fonctionnement des établissements d’enseignement agricole. Le printemps 2026, le plus chaud jamais enregistré pourrait devenir un précédent de plus d’ici 2030.
Les préoccupations sont multiples :
- La sécurité des apprenants et des personnels : Les travaux pratiques en extérieur (élevage, cultures, machinisme…) deviennent risqués dans de nombreux cas, nécessitant des aménagements d’horaires, des pauses fréquentes et un accès renforcé à l’eau et aux zones ombragées.
- Les activités pédagogiques comme les stages en exploitation, les chantiers écoles ou les travaux de terrain doivent être repensés pour éviter les heures les plus chaudes ; sous peine de mettre en danger la santé des apprenants et des encadrants, face à un public également vulnérable et sensible.
- Les exploitations et ateliers pédagogiques subissent les effets de la sécheresse et du stress thermique impactant tant les animaux et les cultures, ce qui complexifie la formation pratique et la gestion des ressources.
- L’adaptation des infrastructures pose également problème (salles de classe, ateliers, serres, internat…). Elles doivent être équipés de systèmes de rafraîchissement ou d’isolation adaptés, faute de quoi les conditions d’accueil des apprenants et des personnels deviennent trop compliquées et aussi en période d’examens.
Il y a urgence, la gestion des vagues de chaleur doit s’inscrire dans les plans de continuité pédagogique des établissements d’enseignement. Les procédures doivent impérativement intégrer les mesures de vigilance dans le cadre des PPMS et le bon suivi du DUERP.
La CFDT – Education Formation Recherche Publiques demande une anticipation et une coordination plus forte et plus lisible, ne serait-ce que sur les portails référents en consultation régulière et spontanée, «via chlorofil par ex » et une gestion plus opérante sur la priorisation des chantiers de rénovation des bâtis. Chaque partie prenante doit pouvoir prouver des nombreuses actions engagées.
Les nécessaires réhabilitations, rénovations, transformations du bâti dépendront inéluctablement des moyens alloués à la poursuite du désamiantage de certains locaux, aux travaux d’isolation des toitures, murs, à la végétalisation des cours, à la ventilation des locaux…mais aussi des coordinations interministérielles plus rapides sur tous les diagnostics déjà posés !
Le Baromètre International de l’Éducation l’I-BEST (International Barometer of Education Staff), porté par l’Internationale de l’Éducation (IE) et la MGEN rendra également son enquête internationale pour sa troisième édition. L’objectif étant de mesurer la santé et le bien-être des personnels éducatifs à travers le monde afin d’améliorer les conditions de travail et promouvoir une éducation de qualité pour tous.
Une communauté éducative qui est fortement impactée également par la violence en milieu scolaire.
Le bien-être de la communauté éducative est aujourd’hui reconnu comme un facteur essentiel de la qualité des apprentissages, du climat scolaire et de la stabilité des équipes. Cette reconnaissance passe par une meilleure prise en compte de la santé mentale et physique, de la prévention du stress chronique, de la valorisation du travail souvent invisible et de l’amélioration des conditions d’exercice.
Elle implique également une attention particulière à l’environnement de travail, qu’il s’agisse de la qualité des locaux, des espaces de travail, du cadre de vie professionnelle ou encore des démarches favorisant un environnement plus sain et durable.
Par ailleurs, les AESH, dont l’engagement est indispensable à l’accompagnement des apprenants à besoins éducatifs particuliers, demeurent en attente d’un véritable statut d’emploi et de perspectives de carrière au sein du MAASA. L’enquête en cours sur l’inclusion dans l’enseignement agricole doit permettre de mieux identifier les besoins et de souligner l’urgence d’apporter des réponses concrètes à ces personnels comme aux enjeux de l’inclusion pour tout.e.s.
La CFDT Education Formation Recherche Publiques tient également à remercier ici en formation spécialisée l’engagement et le parcours de Madame Jubin Uhel. Une carrière quasi complète dans l’enseignement agricole (42 ans) et ses engagements au service des personnels. Plus de 20 ans à faire vivre les valeurs de solidarité, de justice sociale et de progrès dans de nombreuses instances jusqu’à l’échelle nationale. Une retraite amplement méritée. Merci Anne Françoise !
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