Depuis des mois, la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques alerte sur les conséquences dramatiques des choix budgétaires du gouvernement. Nous y voilà : suppressions de postes à tous les échelons, effectifs en hausse, sous-administration des services, ...
Le 31 mars, la CFDT Éducation appelle tous les personnels à se mobiliser pour dénoncer les suppressions d’emplois et leurs conséquences désastreuses sur le terrain. Nous exigeons un plan pluriannuel qui inclut des créations de postes et des revalorisations salariales, afin de redonner à l’École publique les moyens de ses ambitions.
Cette journée de grève s’inscrit dans une semaine de mobilisation (30 mars – 3 avril), durant laquelle nous prévoyons des actions avec les parents d’élèves, les associations et les collectivités.
Des suppressions d’emplois qui hypothèquent l’avenir de notre service public
Dans le premier degré, la carte scolaire 2026 s’annonce comme une nouvelle vague de fermetures de classes, sans aucune garantie d’amélioration des conditions d’accueil des élèves. L’école inclusive, déjà en grande difficulté, ne bénéficie pas de moyens supplémentaires et ne pourra pas répondre aux besoins croissants des élèves en situation de handicap. Les Pôles d’Accueil Scolaire (PAS) sont imposés sans concertation, sans ressources, et sans vision à long terme.
Dans le second degré, les suppressions de postes se traduisent déjà par des classes surchargées (plus de 30 élèves parfois en collège). Comment, dans ces conditions, prétendre lutter contre le décrochage scolaire ou améliorer le climat scolaire ? Les CPE, AED, infirmières et assistantes sociales – ces métiers invisibles, mais indispensables – voient leurs effectifs stagner, alors même que leurs missions n’ont jamais été aussi cruciales.
Si le ministère et les institutions reconnaissent que notre ministère est sous administré, les 80 postes créés, dont on ne connaît toujours pas la distribution, ne suffiront pas à améliorer significativement les charges de travail qui pèsent plus que jamais sur l’ensemble des services administratifs et techniques.
Pour la CFDT, il est inacceptable que la baisse démographique serve de prétexte à des économies budgétaires, plutôt qu’à une amélioration durable des conditions d’enseignement et d’apprentissage. Nous demandons que cette opportunité soit saisie pour alléger les classes, renforcer les équipes éducatives et garantir un accompagnement de qualité pour tous les élèves.
Un budget 2026 qui ignore les réalités du terrain et les besoins des personnels
Les personnels de l’Éducation nationale subissent, depuis des années, une intensification de leur travail sans aucune contrepartie. Le budget 2026 ne prévoit aucune revalorisation salariale, alors que les rémunérations de notre secteur sont déjà en dessous des moyennes interministérielles. L’ISOE (Indemnité de Suivi et d’Orientation des Élèves) et l’ISAE par exemple, n’ont pas été réévaluées de manière échelonnée comme nous le demandions dès 2022. La CFDT exige une augmentation immédiate de 1 300 € bruts de sa part fixe, ainsi qu’un plan pluriannuel de rattrapage pour aligner nos rémunérations sur celles des autres catégories A de la fonction publique.
Les métiers précaires – AESH, AED, contractuels – sont particulièrement touchés. Leurs conditions de travail et leurs salaires ne reflètent ni leurs compétences ni leur engagement quotidien. La CFDT demande une revalorisation immédiate de ces métiers, ainsi qu’une reconnaissance financière à la hauteur de leur contribution essentielle au fonctionnement de l’École.
Par ailleurs, le ministère, en tant qu’employeur, a une obligation légale de protection de la santé de ses agents. Pourtant, les fiches de santé et sécurité au travail (RSST) restent trop souvent sans réponse, et les Documents Uniques d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) ne sont pas mis à jour. Cette carence en matière de prévention aggrave la détérioration de la santé mentale des personnels, déjà soumis à un stress croissant et à un sentiment d’abandon.
La CFDT exige que des moyens humains et financiers soient enfin alloués pour une prévention primaire efficace, et que les situations de souffrance au travail soient traitées sans délai. Il est temps que le ministère assume pleinement ses responsabilités et garantisse des conditions de travail dignes à tous les agents.
Une journée de grève le 31 mars pour exiger le respect et des actes concrets
La CFDT a toujours privilégié le dialogue social et la négociation. Mais quand le gouvernement et le ministère persistent à ignorer les réalités du terrain et les besoins criants des personnels, la grève devient un dernier recours.
Le 31 mars, nous serons dans la rue non par plaisir, mais par nécessité, pour défendre une École publique ambitieuse, inclusive et accessible à toutes et tous.
Le 31 mars, soyons nombreuses et nombreux à faire grève pour l’École publique !
La semaine du 30 mars, soyons nombreux à agir sur nos lieux de travail !
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