La rénovation des procédures de signalement destinées à mieux protéger les agents de l'EAP face aux risques et aux violences poursuit sa reconstruction.
Réuni le 3 mars 2026, le groupe de travail relatif à la prévention de la violence envers les personnels de l’EAP a permis d’aborder plusieurs évolutions importantes des dispositifs de prévention et d’accompagnement.
Des procédures de signalement modernisées et plus opérationnelles
Lors de ce groupe de travail, la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques a de nouveau affirmé avec force la nécessité de poursuivre la dématérialisation des outils de signalement, notamment à travers la saisie des fiches RSST (registre santé et sécurité au travail).
Pour la CFDT, cette évolution constitue un levier essentiel pour améliorer l’efficacité des dispositifs de prévention. La dématérialisation doit permettre :
- une réactivité accrue dans le traitement des signalements,
- une meilleure adaptation des réponses apportées en fonction de la gravité des situations,
- une identification plus rapide des problèmes rencontrés dans les établissements et services.
Elle contribue également à garantir une traçabilité durable des risques recensés, notamment dans la perspective de la mise à jour du DUERP (document unique d’évaluation des risques professionnels), outil central de la politique de prévention.
Une note de service révisée pour mieux accompagner les agents
Dans une démarche proactive associant les organisations syndicales et l’administration, une note de service révisée sera publiée au Bulletin officiel courant avril 2026. Elle sera accompagnée de plusieurs annexes destinées à faciliter l’appropriation des dispositifs de protection existants.
Parmi ces outils figurent notamment :
- une fiche de signalement,
- une fiche de suivi des attaques ou agressions,
- un recensement de cas pratiques.
L’objectif est de rendre plus lisibles et plus accessibles les différentes protections mobilisables pour les agents : protection fonctionnelle, démarches simplifiées de signalement, cellules d’écoute et d’accompagnement.
Le rôle renforcé de l’encadrement et la formation au cœur de la prévention
Les personnels d’encadrement sont désormais intégrés plus étroitement au plan managérial existant depuis plusieurs années dans la fonction publique. Cette évolution vise à mieux structurer la gestion collective des risques.
Des parcours de formation dédiés sont notamment proposés via la plateforme interministérielle MENTOR. Ces formations pluridisciplinaires soulignent l’importance d’associer l’ensemble des personnels à une compréhension partagée des enjeux de prévention et de gestion des situations de crise.
Pour la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, cette dynamique doit s’accompagner d’une véritable évaluation de l’efficacité de ces dispositifs de formation afin de favoriser la montée en compétences de tous les agents et d’assurer une meilleure cohérence entre les différents niveaux de responsabilité.
Faire vivre une véritable culture de la prévention
Lors du précédent groupe de travail consacré à la sécurité des établissements et des personnels – dans le contexte du travail engagé « post-Antibes »- la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques avait déjà souligné l’importance d’inscrire les actions de formation dans la temporalité des entretiens professionnels annuels.
Le développement de formations qualifiantes et certifiantes constitue un enjeu majeur pour structurer une culture commune de la prévention et de la maîtrise des risques. Il s’agit également de reconnaître l’engagement des agents et de renforcer les compétences collectives face aux situations de violence ou de crise.
Des travaux qui se poursuivent
Les échanges du 3 mars s’inscrivent dans un chantier plus large qui se poursuivra dans les prochains mois. Un prochain groupe de travail sera consacré à l’élaboration de fiches réflexes destinées à renforcer la connaissance des procédures et les capacités de réaction des équipes face aux situations de violence.
Par ailleurs, plusieurs documents de référence feront l’objet d’actualisations, notamment pour intégrer l’usage des technologies numériques dans les dispositifs de prévention.
La question de la violence en milieu éducatif demeure en effet une préoccupation majeure. Dans ce contexte, le développement d’un corpus documentaire et réglementaire clair et accessible reste indispensable.
D’ici le 31 mars, une enquête sera également menée auprès des établissements afin de faire un point sur :
- la mise en œuvre des PPMS (plans particuliers de mise en sûreté),
- l’installation des cellules de crise,
- la mise à jour des DUERP.
Pour la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, ces travaux doivent permettre de franchir une nouvelle étape : transformer les constats en actions concrètes, afin de garantir à chaque agent un environnement de travail plus sûr et mieux protégé.