La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques le demandait depuis plusieurs années. Ce nouveau comité devrait enfin, selon les impressions de nos participants à cette première réunion, analyser les divers aspects des réformes successives de la Voie Professionnelle, et en tirer des conclusions.
Le Comité de suivi de la voie professionnelle s’est réuni le 08 janvier 2026, marquant une volonté politique affirmée de restaurer un espace de dialogue structuré autour du lycée professionnel. C’est une demande de longue date de la CFDT, après des années de réformes menées dans la précipitation et sans évaluation suffisante.
Un indispensable retour au dialogue et à la raison
En ouverture, le directeur de cabinet, a rappelé que la restauration de ce comité de suivi de la voie professionnelle est une priorité du ministre. L’objectif affiché n’est pas d’engager une nouvelle réforme, mais de se fixer des priorités, de travailler en groupes de travail thématiques, et surtout de faire le bilan de la transformation de la voie professionnelle (TVP).
Pour la CFDT, il est en effet indispensable d’analyser ce qui a fonctionné, ce qui doit être amélioré, ce qui doit être abandonné.
Un comité de suivi de la voie professionnelle avec des objectifs clairs
Daniel Auverlot, Recteur honoraire, chargé de présider ce comité de suivi, a donné le cadre et la « boussole » des travaux. Il se base sur la réforme qui avait des des objectifs clairs mais qui a obtenu des résultats contrastés. La dernière réforme poursuivait cinq objectifs majeurs :
- lutter contre le décrochage,
- améliorer l’insertion professionnelle,
- favoriser la poursuite d’études, notamment en BTS,
- renforcer l’attractivité de la voie professionnelle,
- promouvoir l’égalité filles-garçons.
Ce cadre constituera le périmètre du comité de suivi. Pour autant, Daniel Auverlot a souligné la nécessité de sortir du seul ressenti, d’objectiver les analyses, et surtout de penser le parcours de l’élève dans sa globalité, plutôt que de s’enfermer dans des logiques organisationnelles.
Le parcours en Y : un échec reconnu
Lors de ce comité de suivi de la voie professionnelle, le focus sur le parcours en Y a été sans appel : organisation complexe, source d’inquiétudes pour les équipes, absentéisme des élèves, focalisation sur la préparation des examens, gratification inefficace, désorganisation des établissements. Si les résultats aux examens ne sont pas affectés, le dispositif est apparu déconnecté d’une logique globale de parcours.
Le ministre l’a reconnu clairement : le parcours en Y n’a pas fonctionné. Il sera abandonné à la rentrée 2026. Reste une question essentielle : que met-on à la place ?
En juin 2026, l’année de terminale comporte un parcours en Y sur 4 semaines, et l’épreuve terminale de PSE se déroulera avec l’ensemble des autres épreuves fin mai/début Juin.
Il en sera tout autrement en 2027 où il n’est pas envisagé de poursuivre cette modalité mais sans pour autant perdre de vue l’idée d’un parcours.
Les positions de la CFDT : constance et exigence
La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques a rappelé avec force lors de ce comité de suivi de la voie professionnelle que :
- les réformes menées dans la précipitation ne peuvent réussir ; la demande de moratoire, portée dès l’origine, aurait permis des ajustements indispensables ;
- un bilan doit être à la fois qualitatif et quantitatif, intégrant l’impact sur les personnels et l’attractivité des métiers ;
- le comité de suivi doit porter sur toute la voie professionnelle, et pas uniquement sur la terminale bac pro ;
- la CFDT n’est pas opposée à une modularité des parcours, mais rejette le parcours en Y qui n’avait rien de modulaire ni de cohérent ;
- le parcours de l’élève se construit dès l’entrée en voie professionnelle, avec un accompagnement renforcé ;
- les groupes à effectifs réduits doivent être préservés et étendus : la CFDT revendique mieux d’école, pas plus d’école ;
- la qualité des PFMP est un enjeu central;
- une réflexion approfondie est indispensable sur les CAP, l’accompagnement des publics fragiles et les élèves à besoins éducatifs particuliers ;
- le lycée professionnel est le lycée le plus inclusif, mais sans les moyens correspondants. Le référentiel de l’éducation prioritaire devrait s’y appliquer ;
- des pondérations de service sont nécessaires pour permettre la concertation et une réflexion pédagogique collective ;
- le rôle des RBDE doit être reconnu, avec un cadre clair de missions, de gestion et de rémunération ;
- les corps d’encadrement, en particulier les IEN ET-EG, doivent être renforcés ;
- les questions d’orientation, de carte des formations et d’accompagnement des parcours doivent être traitées conjointement.
Et maintenant ?
Pour la CFDT, ce comité de suivi doit être un véritable espace de co-construction, utile et exigeant. La voie professionnelle mérite mieux que des dispositifs bricolés. Elle mérite une politique ambitieuse, lisible et respectueuse des élèves comme des personnels.
À court terme, la priorité est claire : sortir du parcours en Y. Des bilatérales s’engageront dès janvier, avec un comité avant la fin du mois pour formuler des propositions.
À moyen et long terme, c’est l’ensemble de la voie professionnelle qui doit faire l’objet d’un chantier structuré. Cela nécessite un accord de méthode, des groupes de travail identifiés et un calendrier précis.
La CFDT sera présente pour faire avancer l’accompagnement du parcours des élèves et les conditions de travail des personnels qui y concourent.