Le programme EVARS, ainsi que le plan "Brisons le silence" mis en œuvre dans les établissements scolaires semblent ne pas concerner les activités réalisées en entreprises lors de stages ou de PFMP. Pour la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, ce trou dans la raquette est préoccupant.
Les violences subies par les élèves pendant les PFMP ou les stages semblent être oubliées par le ministère. Les élèves des lycées professionnels sont tenu·es de réaliser plusieurs périodes en milieu professionnel au cours de leur formation. Par ailleurs, la multiplication des stages d’observation en 3ème, puis en 2nde, met les élèves en situation de se trouver en permanence avec des adultes inconnu·es sur une certaine période. Il peut arriver que ces adultes n’aient pas toute la bienveillance attendue, voire que les élèves subissent des violences, en particulier sexistes et sexuelles.
Que faire en cas de suspicion de violences pendant les PFMP ?
En l’état il n’existe pas de procédure spécifique pour signaler des faits de violence dont auraient pu être victimes les élèves sur le lieu de formation ou de stage. Il y a eu des progrès du côté des adultes du fait de la création des dispositifs de signalement des violences. Mais du côté des élèves en PFMP, aucune procédure définie n’existe pour le moment.
Cette situation laisse les personnels démunis face à des situations qui peuvent relever de VSS (violences sexistes et sexuelles) ou de VDHA (violences, discriminations, harcèlement, agissements sexistes).
Le programme actuel d’EVAR·S ne prend pas en compte la spécificité du parcours des élèves des filières professionnelle. Pour la CFDT, il est nécessaire de revenir sur cette situation.
Un protocole qui ne prend pas en compte la spécificité des PFMP
Le ministère a récemment envoyé un « protocole d’action en cas de violences sexistes ou sexuelles » dans lequel on trouve une page « Agir si je suis victime ou témoin de VSS » adressée aux élèves. La spécificité des milieux professionnels n’est malheureusement pas abordée. La CFDT demande une mise à jour urgente de ce protocole.
De même, la fiche adressée aux agent·es reste elle aussi très laconique. L’obligation de signalement pour tout agent public y est mentionnée, et un paragraphe très bienvenu mentionne les violences au sein de la famille. Mais, la mention des milieux professionnels dans lesquels évoluent les élèves n’est cependant pas faite.
Pour la CFDT, la prise en compte des spécificités liées aux stages permettrait de guider les personnels confrontés à des faits de violences sur les élèves pendant les PFMP.
Du côté des élèves, prévenir les violences pendant les PFMP

La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques réclame la mise en place d’un programme de prévention pour protéger les élèves sur les lieux de travail.
En amont de leur stage ou de leur PFMP, il est nécessaire que les élèves soient formé·es à la détection de situations potentiellement problématiques, et qu’elles et ils sachent précisément quoi faire en cas de violences ou de doutes.
Trop souvent, les élèves ont peur d’être mal évalué·es si les violences pendant les PFMP ou les stages sont révélées, et se taisent. Trop souvent les personnels en sont réduits à « bricoler » pour éloigner les élèves des lieux problématiques.
Du côté des personnels, la formation introuvable
Il est également absolument nécessaire que les adultes qui encadrent les jeunes en formation soient formé·es à la détection et au signalement des violences subies par les élèves sur leurs lieux de stage ou de PFMP. Dans des cas extrêmes, il arrive qu’il soit nécessaire de signaler le comportement d’un personnel vis-à-vis des élèves. Renvoyer les agents publics à leur devoir de signalement des faits au procureur de la République est insuffisant. Il faut former les personnels pour savoir comment réagir quand les élèves sont victimes de violences pendant les PFMP ou les stages.