Le rapport de la Commission spécialisée transition écologique adopté en Conseil supérieur de l'Éducation a été présenté à la presse avec d'autres organisations (FSU, Unsa, CGT, Snalc, Lycéens et Fage) afin d'obtenir sa prise en compte par notre ministère.
Ce rapport de la Commission spécialisée transition écologique, n’est pas encore publié par le ministère au 24/06/2026.
Un rapport consensuel sur la transition écologique et qui marque une première étape
La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques tient tout d’abord à remercier les membres de la commission pour la qualité du rapport auquel nous avons abouti. C’est une première étape du travail à réaliser, qui est désormais derrière nous, mais dont l’application reste à obtenir. Et il faut faire vite.
Les examens : des recommandations dont nous nous sommes d’ores et déjà saisis
Ce rapport prône des adaptations qui permettent de maintenir l’existant (recommandations 16 et suivantes). C’est en ce sens que nous avons revendiqué, en Conseil supérieur de l’Éducation le 11 juin dernier, la fin des examens l’après-midi, y compris pour la voie pro, y compris pour le DNB (recommandation 18bis, depuis mai jusqu’à octobre).
Mais nous avons aussi soulevé la même demande pour nos collègues de la Réunion, contraints de suivre les horaires de l’hexagone et de faire composer leurs élèves de 12h à 14h, aux heures les plus chaudes de la journée, dans un climat tropical.
Nous avons aussi réclamé de faire passer la sécurité des collègues et des élèves avant le caractère national de l’examen (R14 et R18). Les personnels de direction, chef⋅fes de centre, doivent pouvoir concilier obligations liées à l’organisation d’un examen et sécurité des candidat⋅es et des personnels. Ces demandes concernent tous les examens, DNB comme CAP ou baccalauréat des 3 voies, BTS… Elle concerne les écrits, les oraux, comme les épreuves en atelier en voie professionnelle.
Il ne sera pas possible de maintenir bien des fonctionnements de notre système éducatif
Et c’est ici que nous bifurquons. L’adaptation du système éducatif à la crise écologique, cela ne doit pas consister à envoyer une bouée et un tuba à la grenouille qui cuit dans la marmite.
Pour en terminer avec les examens, la CFDT réclame la suppression du DNB et remet en cause toutes les épreuves finales organisées en fin d’année. Cela ne peut faire partie des priorités de notre école dans le monde qui vient. Nous pensons aux examinateur•rices et correcteur•rices qui travaillent dans des conditions inacceptables dans les lycées ou à leur domicile, sans aucune diminution de leur charge de travail.
Les examens ne sont qu’une partie des enjeux auxquels nous faisons face
Nous pensons aussi aux collègues du premier degré, au collège ou dans la voie pro (parcours personnalisé), aux ATSEM, aux personnels administratifs, de santé, AESH, de vie scolaire… qui continuent à devoir faire comme avant, alors que le monde a changé (R12, 13 et 13 bis, valable pour tout type d’événement climatique).
L’adaptation doit nous amener à questionner chacune de nos activités et à prioriser celles qui nous semblent essentielles. Avec pour priorité la sécurité, le bien-être des agent•es et des élèves. Parce que ce sont des enjeux qui vont devenir de plus en plus cruciaux, y compris dans notre vie privée.
Atténuer notre empreinte écologique a un impact sur nos obligations de service
La nécessaire atténuation de notre empreinte écologique (recommandation liminaire et R8) exige aussi de transformer nos mobilités. C’est plus de temps pour des déplacements plus souvent réalisés en mobilité douce, en transports en commun, en covoiturage lorsque cela est possible.
Il faut donc pour cette raison aussi diminuer le temps de travail tel qu’il est actuellement défini si nous voulons que l’école tienne.
La performance, cela doit être terminé. Ce qui compte, c’est la robustesse de notre école et de notre société.
D’importants enjeux de formation
Nous revendiquons donc une véritable formation de tous les personnels et de leurs représentants (R15, 19 à 25) afin que les conditions de sauvegarde de notre activité puissent être définies collectivement, avec pour priorité la protection, les conditions de travail et de rémunération des plus fragiles. Dans chaque territoire, il faut définir les conditions de poursuite des activités en fonction des risques et des atouts de chaque lieu de travail.
Il faut revoir les contenus enseignés et le fonctionnement de nos établissements
Cela implique aussi une remise en cause des connaissances, des compétences, des savoir-faire que transmet l’école, de ses modes de fonctionnement (bien au-delà de ce que demandent R35 à 40). La CFDT demande une convention citoyenne pour en décider ensemble.
Nous revendiquons une transformation démocratique
Chacun⋅e doit être en situation de pouvoir décider de manière éclairée, tant au niveau national que sur chaque territoire, sur chaque lieu de travail en fonction de son potentiel et de ses fragilités. Cela suppose un dialogue social de bien meilleure qualité (R3 à 5).
Cela suppose aussi d’accorder bien plus de place dans la délibération aux élèves (R26 à 34) que nous devons mieux préparer au monde dans lequel ils et elles vont vivre.
C’est un monde que personne n’a connu, mais qu’ont dessiné les rapports des scientifiques, tant en matière de climat que de biodiversité. Dans ce monde-là, la chaleur que nous connaissons cette année sera devenue banale. Tous les êtres vivants, animaux comme végétaux auront dû aussi s’adapter à cette chaleur, à la perturbation du cycle de l’eau. Ce monde-là, il nous faut le rendre habitable au plus vite et pour le plus longtemps possible ainsi que vient de le dessiner pour le climat Magali Reghezza-Zitt dans son livre « Bienvenue en 2055« .
Nous espérons que personne ne pourra décrire en 2055 une nouvelle « étrange défaite« , alors que tous les ingrédients en sont pourtant réunis.