La CFDT, en cette nouvelle rentrée, a porté à la connaissance des membres du CNEA l'ensemble des préoccupations et revendications qu'elle entend défendre pour l'enseignement agricole.
Introduction par Mme Faipoux, nouvelle DGER
Mme Faipoux nouvellement nommée directrice générale de l’enseignement et de la recherche (DGER) au MAASA a souligné que les orientations fixées par la LOSARGA commençaient à porter leurs fruits. La rentrée se caractérise par une consolidation des effectifs, avec une progression annoncée de 0,7 % d’apprenants en plus, ainsi que par l’ouverture de Bachelor Agro. Elle a également rappelé les enjeux du dispositif EPA3, « Enseigner à produire autrement » et l’importance du respect des valeurs de la République dans les établissements. De nombreux modules de formations notamment celui de « savoir réagir aux risques » et l’introduction de kits dédiés permettent la mise en place de parcours de prévention et la gestion des crises.
Enfin, les mouvements lycéens font l’objet d’un suivi attentif à travers les remontées académiques, avec des taux allant de 1 à 5 %. Mme Faipoux l’explique sur le fait de la manière d’enseigner différente et que 99% des postes sont pourvus. Elle ajoute que les lycéens de l’agriculture peuvent aussi accéder à la plateforme de revendication.
Déclaration liminaire de la CFDT au CNEA de rentrée 2026
La CFDT soutient et rappelle ici la légitimité des revendications de la jeunesse lycéenne, défendues et soulignées depuis de nombreuses années par nos multiples constats : conditions de travail, état du bâti, financement public à la hauteur des projections d’avenir… Les moyens, tant humains que matériels, restent nécessaires pour adapter tous les besoins de formations aux enjeux d’avenir dans un contexte international difficile.
Les coûts énergétiques nous fragilisent comme les chocs climatiques que nous subissons. C’est aussi dans cette logique que nous reformulons toutes nos appréhensions afin que les contraintes économiques et environnementales ne se traduisent pas par des dégradations supplémentaires des conditions de travail de tous les personnels et leurs apprenants.
Des équipements, des ateliers, des exploitations, des organisations scolaires sans leur suivi maintenance, sans leur modernisation ne permettront pas de construire de nouveaux modèles de projections résilients. Enseigner à produire autrement doit se traduire sur l’ensemble des référentiels mis en place et des supports associés.
Nous rappelons également ici quelques points de vigilance, celui de ne pas laisser les équipes seules : les jeunes réclament aussi des soutiens par des équipes médico-sociales opérationnelles.
Permettre la discussion, permettre les constats partagés, c’est se donner les moyens de leur réponse comme par exemple la dématérialisation des registres et des documents de prévention obligatoires.
Anticiper toutes ces crises suppose de ne pas opposer toutes nos ambitions. Nous souhaitons des investissements adaptés, des moyens humains suffisants et une politique de prévention efficace.
Nous avons besoin d’une culture commune pour accompagner toutes les transitions.
Ordre du jour et vote de cette séance du 15 Octobre 2026
Décisions soumises au vote
Procès-verbal du CNEA du 27 janvier 2026
- PV en cours de consolidation. Son vote est reporté au prochain CNEA.
Création du certificat de spécialisation agricole « Jardinier·ère de golf » – Niveau 3
- Des questions de conformité des blocs de compétences avec des UCARE associées ont été soulevées
- Résultats des votes : 25 pour, 8 contre et 7 abstentions
Création du certificat de spécialisation agricole « Agritourisme » – Niveau 4
- Cette certification est destinée à accompagner la diversification des activités agricoles et a reçu l’avis conforme de la CPC
- Vote : 31 pour, 6 contre et 3 abstentions
Plan « Enseigner à produire autrement 3 » (EPA3)
Le plan EPA3 couvre la période 2026-2030 et s’inscrit dans la mise en œuvre de la sixième mission de l’enseignement agricole.
Les échanges ont porté sur :
- L’intégration d’EPA3 dans les projets d’établissement et les parcours de formation.
- Le développement des partenariats territoriaux et la mobilisation des ressources scientifiques.
- La prise en compte des transitions agroécologiques, des circuits courts et de la loi EGAlim.
- La nécessité de bilans annuels pour mesurer les actions réalisées.
Violences et tensions dans les établissements
Le bilan 2025-2026 a mis en évidence plusieurs constats sur : les violences sexistes et sexuelles (VSS), le cyberharcèlement, la santé mentale et la protection des personnels. Le système national de remontée obligatoire des faits comptabilisés sont nettement à la hausse depuis les années précédentes.
Ces incidents sont classés selon trois niveaux de gravité :
- Faits légers ou tension (niveau 1)
- Atteinte à la sécurité psychologique et physique des personnes (niveau 2)
- Faits d’une extrême gravité, agressions physiques majeures, VSSS, port et usage d’armes, atteintes graves aux principes de la République, trafics (niveau 3)
La CFDT a insisté sur la mise en place :
-
D’outils de signalement accessibles et opérationnels pour tous (personnels et apprenants).
-
Des procédures de transmissions claires par la mise en place de la dématérialisation des registres.
-
La formation de toute la communauté éducative aux outils de prévention et de signalement pour le partage d’une culture commune.
Le projet de professionnalisation « Bien vivre ensemble ça se cultive » et le dispositif EVARS constituent des leviers à renforcer.
Rénovation du bac professionnel CGEA/CGEVV et du BPREA
Le calendrier prévisionnel prévoit la publication des textes réglementaires fin 2027, pour une mise en œuvre en septembre 2028.
Cette séance permet de partager la méthode de travail pour construire un diplôme de niveau 4 adapté à l’évolution du métier. Il nécessitera une diversité de compétences afin de permettre aux jeunes formés de pouvoir être salarié ou chef d’entreprise ou en poursuite d’étude.
La CFDT sera attentive et force de proposition pour l’implication horizontale de tous les acteurs à travers une vision systémique.
PLF 2027 et moyens de l’enseignement agricole
Les échanges ont porté sur les moyens humains, les difficultés informatiques (cyber-attaque) et la gestion des personnels.
Les principaux éléments annoncés sont :
- 99 % des postes sont pourvus à cette date.
- Une augmentation de 46 ETP pour le programme a été annoncé.
- Des difficultés informatiques liées à des cyberattaques sont actuellement maîtrisées.
- La gestion des remplacements, des AED et des AESH reste un sujet d’attention particulier.