La CFDT Education Formation Recherche Publiques rencontre Maryse Chrétien et Céline Larpin, présidente et vice-présidente de l'AGEEM. Elles dressent un état des lieux après la mise en œuvre de nouveaux programmes de maternelle et face à la problématique de l'inclusion.
L’ambition première de l’école maternelle est de permettre à l’enfant de devenir élève. Pourtant, aujourd’hui de nombreux facteurs viennent mettre à mal cette mission : les programmes élémentarisent les apprentissages, l’inclusion n’a pas de moyens dédiés, la formation initiale est loin des spécificités de la maternelle. L’Association Générale des Enseignant⋅es des Ecoles Maternelles (AGEEM) est un acteur incontournable quand on parle de maternelle. Rencontre avec sa Présidente et sa Vice-Présidente.
Comment avez-vous vécu, en tant que spécialistes de la Maternelle, l’arrivée des nouveaux programmes de Cycle 1 rejetés mais pourtant publiés ?
Maryse : Lors de l’élaboration des nouveaux programmes, l’AGEEM a été consultée, invitée par l’Inspection Générale à relire et apporter des commentaires. La première des choses que nous avons dites lors de ces auditions ou dans nos contributions, c’est qu’on ne peut pas avoir des programmes sans un vrai préambule qui porte sur un socle solide, celui de la connaissance des besoins de l’enfant.
Des auditions, des commentaires, pour quels résultats ?
Maryse : Comme je le disais, nous avons été audités, invités à relire et apporter nos commentaires. On peut lire entre les lignes les intentions de prendre en compte les besoins des enfants, la nécessité de prendre en compte leur façon d’apprendre, mais comment s’en emparer ? Et puis ensuite, pour quels résultats ? En fait, il faut, pour aider les enseignant⋅es à s’en emparer, à se repérer, de véritables accompagnements, parler de ces nouveaux programmes, se les approprier sans dénaturer l’essentiel de l’école maternelle : garder une dimension générale de l’enfant. Pour cela, l’AGEEM a décidé de mettre en place, de son côté un vrai plan de rentrée sur les nouveaux programmes : « ETRE BIEN POUR APPRENDRE ». Ce plan de rentrée vise à revenir sur les incontournables du métier d’enseignant à l’école maternelle.
Céline : Que signifie prendre en compte les besoins de l’enfant ? Apprendre à l’école maternelle ? Être bien pour apprendre ? Pour nous, c’est avant tout disposer de données d’abord physiologiques et les respecter, mais aussi de données sur le geste enseignant. Est-ce qu’on veut un temps morcelé avec une succession, une superposition de temps d’apprentissage ? Où est-ce qu’on souhaite plutôt donner du sens à ce que l’on demande à l’élève, à la construction des apprentissages ?
Pour vous, pour l’AGEEM, de quoi l’école maternelle a t-elle besoin ?
Céline : Il faut qu’on redonne des repères aux enseignant⋅es, qu’on redonne des repères aussi aux familles par la même occasion, finalement à tous les adultes autour de l’enfant pour donner de la cohérence. Comment on apprend ? Comment on donne du sens ? Comment on engage l’élève ? Il faut remettre du lien entre les différents domaines d’apprentissage, ne pas les juxtaposer.
Avec ces programmes, on est sur des gros pavés maths – français. A l’école maternelle, on ne fait pas du français puis des maths. Non, on fait quelque chose qui va être lié, structuré, quelque chose qui sera en lien avec un autre temps d’apprentissage et surtout quelque chose qui va engager l’élève. Les enseignant⋅es de maternelle, l’AGEEM, ne veulent pas de pré-scolarisation, de pré-CP. Si on respecte le développement de l’enfant, et je dis bien de l’enfant, pas de l’élève, on va pouvoir avancer, cheminer avec lui et le faire progresser.
Que faut-il pour cela ?
Maryse : A l’école maternelle, on va permettre à l’enfant de bouger, d’agir et favoriser son développement moteur, on va ouvrir son regard sur le monde avec tout ce qui est art visuel par exemple. Grâce à tout cela, cet enfant-là, au fur et à mesure, va acquérir des connaissances. Il va acquérir ces compétences à son rythme. Alors effectivement, il y avait le avant 4 ans /après 4 ans, mais n’oublions pas de prendre en compte cette différence de quelques mois qui compte dans le développement d’un enfant.
Céline : Faire une séance de vocabulaire pour faire une séance de vocabulaire, ça ne sert à rien. Nous, ce qu’on revendique vraiment, c’est de travailler en mode projet. L’AGEEM est porteur de cela auprès des professeurs des écoles. Pour cela, on se fait accompagner toujours de chercheurs grâce à notre conseil scientifique. Le travail en mode projet, ça va permettre de prendre en compte tous les domaines à enseigner. A l’AGEEM, on rajoute une modalité spécifique d’apprentissage : le corps.
Comment l’AGEEM s’est elle positionnée pour accompagner les équipes pédagogiques ?
A l’AGEEM, on a fait le choix d’accompagner nos adhérent.e.s avec des experts et des chercheurs. Ces programmes, il faut les décoder, voir les conséquences sur les gestes, les postures professionnelles. Du coup, à un certain moment, les collègues se disent que leur formation ne suffit pas. On leur a donc proposé des formations notamment avec Stéphanie Mazza autour du développement de l’enfant ou avec Fabrice Delsahut sur le développement moteur en maternelle. Ces programmes-là, ils ne prennent pas non plus en compte l’aménagement des espaces. En fait, l’école maternelle, c’est un tout.

Si vous deviez résumer ces programmes, qu’en diriez vous ?
Céline : Pour l’AGEEM, le risque sur le terrain c’est de la primarisation notamment en grande section. Soyons vigilants sur la dérive d’un morcellement imposé des activités, cette juxtaposition de contraintes minutées par jour va permettre un développement non plus de l’élève, mais de l’enfant ? Cela va entraîner la perte de sens et donc limiter l’engagement de l’élève. Dans ce flou, dans cette perte de repères, qu’est-ce qui vient ? Il vient peut-être une méthode. On se dit : si on fait tant de minutes par jour de vocabulaire, si on suit telle méthode de maths, on va peut-être y arriver. Et les propositions de méthodes sont nombreuses !
Pour l’AGEEM, on prend la posture de se dire, non, justement, ce n’est pas une méthode qu’il nous faut, c’est une compréhension fine des besoins spécifiques de l’élève, une adaptation pour donner du sens et de l’envie à l’élève. Alors, certes, les modalités spécifiques d’apprentissage à l’école maternelle ne changent pas. Ça, c’est rassurant. Nous, on y rajoute vraiment cette modalité spécifique du corps, une invariante dans nos discours.
Maryse : Le jeu doit rester central à l’école maternelle. Mais qu’est-ce qu’on en fait du jeu et comment on va amener les élèves à prendre conscience de ce qu’ils sont en train d’apprendre, pourquoi on l’apprend et à quoi cela va servir ? On est dans une démarche finalement, de les mettre en défi, de résoudre des problèmes, de transmettre aussi leurs connaissances. Et ça, ça ne s’apprend pas par une méthode qui va être la même pour tous dans toutes les classes de France. Ça ne s’apprend pas par un manuel qu’on va suivre chaque jour. Ça s’apprend par un projet de la classe qui fait sens.
Justement, comment est-ce que vous, en tant qu’association, vous participez à la formation des enseignant⋅es ?
Maryse : En fait, on agit dans plusieurs cadres.
Par exemple, sur Reims, on fait un gros travail en groupe académique maternelle. On invite nos collègues délégués de section à être dans ces groupes départementaux, et nous, représentantes académiques, on est dans les groupes académiques. C’est un gros travail de partenariat entre : AGEEM, DSDEN, et notre chercheuse à nous. On a ainsi réuni tous les référents français et mathématiques de l’Académie de Reims, pour travailler avec Stéphanie Mazza, dans une conférence sur le développement de l’enfant et les fonctions cognitives transversales. Grâce à cela on va pouvoir travailler les gestes et postures professionnels. On travaille ensemble.
A Toulon, l’AGEEM a signé une convention avec le DASEN du VAR, pour dispenser un module de six heures de formations spécifique maternelle à l’EAFC. On a besoin que des DASEN comme celui-ci s’engage en fournissant des ordres de mission, en évitant des retenues sur salaire pour les professeurs des écoles, en donnant la possibilité de travailler sur des expositions pédagogiques. On n’est pas là pour être en concurrence avec les formateurs et formatrices des INSPE ou EAFC mais pour s’accompagner les uns les autres.
Céline : on a aussi développé des webinaires en direction des enseignant⋅es le soir ou le mercredi. C’est quand même du volontariat mais on a 150 enseignant⋅es à chaque fois preuve qu’il y a une demande. Comme certain.e.s ne peuvent y assister, on place ces webinaires dans notre espace abonné leur permettant ainsi de les voir.
Et puis on organise le prochain congrès sur cette thématique : « Qu’est-ce qu’apprendre à l’école maternelle ? »
Pensez vous qu’il faille agir au-delà de la sphère des enseignant⋅es ?
Céline : Nos formations sont aussi ouvertes aux partenaires autour de l’enfant. Durant la quinzaine de l’école maternelle par exemple, des webinaires sont destinés à toute la communauté éducative. La demande pour se former est importante. Ainsi, prendre en compte les besoins de sommeil des enfants pour mieux apprendre, c’est quelque chose que les enseignant⋅es doivent connaître,. Cela concerne aussi les ATSEM et les familles. Donc, c’est un petit peu cette particularité qu’on a de pouvoir finalement aller sur tous les fronts en même temps, le « agir ensemble » qu’on a développé depuis pas mal de temps à l’AGEEM. C’est le cœur de notre action…
Maryse : Il faut aussi regarder ce qui se passe sur les temps périscolaires. L’enfant ne se morcelle pas. C’est le même enfant d’où la nécessité de cohérence éducative, entre les intervenants qui se succèdent dans la journée. Nous devons donc agir sur ce terrain en proposant des formations multicatégorielles, dans tous les domaines, tout au long de l’année.
Céline : je rajouterai aussi que notre particularité actuelle, c’est de proposer du présentiel dans les départements, les sections. On a encore la possibilité de se rencontrer, d’aller dans les écoles. Ce présentiel qu’on propose aussi dans le cadre du Congrès est un élan pour ressourcer tout le monde, aussi bien les enseignant⋅es que les partenaires qui sont à nos côtés.
Un enseignant, une enseignante est souvent seul⋅e face à des situations qu’ils/elles ne savent pas gérer. Avez vous ces appels à l’aide ?
Maryse : Oui, on a des appels à l’aide et on intervient soit en les conseillant, soit en les accompagnant. C’est encore une fois ensemble que l’on trouve des réponses. Quelquefois, on a aussi des IEN qui nous appellent, parce qu’à un moment donné, ils se disent mais comment est-ce qu’on va faire pour pouvoir aborder telle ou telle thématique ? Donc nous, on répond systématiquement, parce qu’on se dit que c’est notre rôle.
Comment fonctionne vos formations ?
Maryse : Notre conseil scientifique a de plus en plus d’importance, parce qu’il travaille avec nous sur le terrain. C’est-à-dire que nous, depuis qu’on a mis en place les recherches actions participatives, on se rend compte que ces allers-retours, chercheurs – terrain, nous permettent d’être sur l’erreur, sur le geste professionnel. On fait tout ça bénévolement, sans temps de décharge. C’est un travail de passionnées mais c’est aussi parce qu’on croit fort à l’Ecole de la République et à la spécificité de l’école maternelle.
Quelle est la force de l’AGEEM ?
Céline : Cela fait plus de 100 ans que l’on existe et on a toujours été force de propositions. On n’est pas une force de protestation. L’idée c’est défendre l’école maternelle dans ce qu’elle a et ce qu’elle devrait être. Depuis 100 ans, nos combats sont les mêmes et il faut sans cesse y revenir. Sur les programmes, le constat est fait et dit. Maintenant, il faut concevoir des actions en direction des enseignant⋅es pour que, malgré tout, l’école maternelle reste celle vers laquelle on souhaite aller.
Pour vous, qu’est-ce que l’école maternelle est, devrait être ?
Maryse : vous me donnez trois heures, là. Donc, l’école maternelle, c’est une école avec un grand E et un grand M. C’est une école qui répond à des enjeux. C’est une école maternelle très riche parce qu’il y a beaucoup d’enseignant⋅es avec de grandes compétences. Sauf qu’à l’école maternelle, on ne dit pas ce qu’on fait et on ne le valorise pas. Par exemple, j’échangeais récemment avec un directeur d’INSPE en lui disant, sur les maquettes, il faudrait vraiment qu’on ait des CAFIPEMF maternelle. Les enseignant⋅es de maternelle, pas ne se sentent parfois pas légitimes . Et pourtant si ! Ce qui se construit à l’école maternelle devrait se poursuivre à tous les niveaux d’enseignements donc, il faut valoriser ce que les enseignant⋅es font dans leur classe. Former pour l’école maternelle doit passer nécessairement par des retours d’expériences, par des témoignages, du vécu.
Qu’est-ce qu’elle devrait être? Elle devrait répondre davantage aux besoins des enfants, et non à une élémentarisation pour le CP. Plus on respectera les besoins de l’enfant, le développement de l’enfant, plus l’enfant arrivera en CP en sachant lire. N’empilons pas les kits et les méthodes. Faisons confiance à la créativité des enseignants pour construire des situations d’apprentissages, riches variées et adaptées !
Céline : pour moi elle devrait être une école maternelle accompagnée par des enseignant⋅es formé⋅es et avec une ATSEM par classe. On a besoin de ce binôme pour être au plus près des besoins des enfants.
Et les familles ? 
Céline : je trouve que c’est une chance de pouvoir travailler avec les familles et l’école maternelle permet cette proximité. En effet, les parents ne sont pas parents d’élèves, les enfants pas encore des élèves. C’est le travail des enseignant⋅es de maternelle de travailler tout ça en lien avec les familles, de leur donner leur place dans l’école. Sans ça, il n’y a pas de sécurité affective, pas de confiance. Quand la confiance n’est pas installée, cela perdurera jusqu’à la fin des études.
Cet enjeu-là est au cœur de l’école maternelle : l’accueil des familles, le premier accueil, l’accueil tout au long de l’année. Pour ça, il faut équiper les enseignant⋅es dans leur formation. Comment se fait la communication avec les familles ? Comment je communique sur les progrès, sur les réussites, sur les difficultés ? Comment j’accueille le premier jour ? Comment j’accueille avant la rentrée ?
Les effectifs en classe de maternelle sont parfois très élevés. Comment dès lors mieux individualiser le contact avec l’enfant, la famille ?
Maryse : c’est sûr qu’un accueil individualisé à 30 va être plus difficile qu’à 20. C’est une évidence. L’accueil, ce n’est pas que le jour de la rentrée. C’est aussi ce qui se passe au moment de l’inscription : est-ce qu’on fait venir les familles avant ? Comment on va donner des outils ? Il y a parfois des outils qui se transmettent aux familles pour préparer l’enfant. Comment on va se rendre disponible en équipe d’école ? Tout ça, ça nécessite un travail d’équipe. Mais on se doit de connaître les besoins des enfants : gérer la séparation, les besoins, le doudou. Et puis, tout simplement, accepter que les parents rentrent dans l’école.
Une ambition que nous partageons à la CFDT mais devenue compliquée aujourd’hui notamment du fait d’effectifs important en maternelle ?
Céline : C’est vrai, la période Covid, Vigipirate ont éloigné les parents de l’école. Il y a même des écoles maternelles où on ne fait plus rentrer les parents. Comment construire la sécurité affective pour l’enfant quand l’enfant traverse la cour tout seul, attend sur un banc, il n’y a plus de relation entre la maîtresse, les parents, de regards croisés, d’échanges, de mots du quotidien ?. Donc, il y a des outils de communication à concevoir et à mettre en place.
Alors, bien sûr, on aura moins de charge de travail si on les fait pour 20 ou 15 que si on les fait pour 30. Mais, c’est une mission de chaque enseignant⋅e de maternelle. Dans la formation des jeunes enseignant⋅es, est-ce que c’est vraiment pris en compte ?
L’inclusion pose souvent problème en maternelle du fait justement de l’impossibilité d’obtenir une aide faute de notification MDPH. Qu’en pensez ?
Maryse : Les enfants « COVID » connaissent pour certain.e.s des problèmes d’attachement, de langage, des problèmes de développement qui n’ont pas été résolus. On fait comme si rien ne s’était passé. Ce retour en classe n’a pas été accompagné. On a aussi le manque de formation des enseignant⋅es et la volonté de faire entrer les problèmes de certains enfants dans des cases : dyslexie, dyscalculie, etc.Des enfants ont des problèmes de comportement, oui, c’est vrai. Mais prend-on en compte la situation globale de l’enfant notamment ce qu’il vit chez lui ? L’explosion des cellules familiales ont des conséquences sur leur comportement et cela dans l’éducation on n’en parle pas. Tout le monde est un peu perdu notamment les enseignant⋅es de maternelle qui sont bien seul⋅es pour faire face.
Céline : en petite section, oui, on a des enfants qui ont des comportements qui interrogent. Oui, l’école maternelle est dans ce cas le premier pôle de détection et d’accompagnement des familles pour les orienter. La route est compliquée : les professionnels de santé sont difficilement identifiables, pas assez nombreux, les enseignant⋅es ne sont pas assez formé⋅es sur ces problématiques. Tous ces enfants de par leur comportement réinterrogent la forme scolaire : le temps de classe, les aménagements dans la classe, dans l’école et donc la prise en compte des besoins. Il faut donc sortir pour ces enfants des rituels et faire autrement car ils heurtent les pratiques. C’est là que l’on a besoin d’être mieux formés sur comment fonctionne un jeune enfant : ses besoins physiologiques, psychologiques. Ce n’est pas parce que l’on a 30 ans de métier que l’on pense maîtriser. Ces enfants nous le rappellent. L’école maternelle est en pleine réinterrogation de la forme scolaire telle que nous la connaissons aujourd’hui. Ce qui est certain, c’est que c’est très difficile pour un professeur des écoles de se sentir démuni face à un élève qui perturbe voire empêche la classe. La solution ne peut passer que par un travail en équipe.
Ne pensez vous pas qu’il faudrait laisser plus d’autonomie aux équipes ?
Maryse : oui tout à fait. Il faudrait lâcher la bride et laisser les enseignant⋅es travailler au sein de leur école. Ainsi pourquoi ne pas permettre aux professeurs des écoles d’utiliser les 108 heures comme bon leur semble : pour faire par exemple des entretiens individualisés avec les familles, se former, travailler en équipe, définir les priorités. C’est aussi le rôle du directeur, de la directrice de piloter. La Loi Rilhac leur laisse des possibilités, à eux de les utiliser à bon escient. Les enseignant⋅es du premier degré doivent pouvoir prendre leur liberté. Ils/elles doivent pouvoir parler collectivement des besoins identifiés des enfants. On a une institution qui infantilise notamment certains DASEN ou IEN. Si l’institution doit donner un cadre, c’est aux enseignant⋅es de s’en emparer et d’agir dans le cadre en regardant les espaces de libertés.
Céline : La sieste en est un exemple. Ainsi, faire dormir des élèves qui n’en n’ont pas besoin ou au contraire demander à des élèves de maternelle de ne pas dormir ou d’être réveillés au plus tôt dans l’année pour faire du français et des maths ne sert à rien. Tant que les besoins physiologiques de l’enfant ne seront pas satisfaits, il ne pourra pas apprendre donc arrêtons de poser des directives irréalistes et réfléchissons ensemble ! La recherche doit éclairer nos pratiques de classe . Pour tout cela, l’AGEEM se sent dans l’obligation de rappeler comment apprendre à l’école maternelle (thème du Congrès de juillet 2026 à Poitiers), de redonner des repères pour tous. Le guide pédagogique fournit de nombreuses pistes pour continuer d’avancer tous ensemble, d’innover et de faire grandir l’école maternelle !