Formations nouveaux programmes, suivi des stagiaires et contractuels toujours plus nombreux⋅euses, constellations, injonctions permanentes : voilà le quotidien des conseillers pédagogiques. Le mal-être grandit, sans réponse institutionnelle. La CFDT tire l'alarme.
Des personnels au bord de la rupture
Les conseillers et conseillères pédagogiques ont une lettre de mission qu’ils signent en début d’année. Elle reste très souvent fictive tant la différence entre le travail prescrit et le travail réel devient alarmante. Les missions sont toujours plus nombreuses dans des temporalités intenables. La perte d’attractivité de ces postes est un symptôme inquiétant.
Pour la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, la dégradation des conditions de travail n’est plus tenable.
Des conditions de travail qui se dégradent de plus en plus 
L’institution est à leur égard particulièrement maltraitante. En voulant leur imposer, sur de nombreux départements, de conduire une troisième voire une quatrième formation en constellation, ou en augmentant le nombre de stagiaires à suivre, on réduit encore la capacité à répondre aux besoins d’accompagnements des équipes.
Le problème est que de nombreux conseillers et conseillères pédagogiques n’osent pas refuser ces commandes institutionnelles au risque de se mettre en danger. Pour faire face à cette surcharge de travail, beaucoup travaillent au-delà du raisonnable et ne sortent plus la tête du guidon.
>Comment dès lors accompagner au mieux les équipes dans les écoles, questionner les pratiques pédagogiques pour servir au mieux le service public d’éducation ? Des DASEN envisagent même de revoir leur durée annuelle de travail en la répartissant sur 42 semaines au lieu des 36 inscrites dans la circulaire du 21 juillet 2015, une durée annuelle réelle aujourd’hui plutôt de 39 semaines.
Le 3ème conseiller pédagogique : une avancée détournée de son objectif
Face à cette charge de travail croissante, la CFDT a obtenu la possibilité de déployer un troisième conseiller pédagogique de circonscription au sein des académies. Diviser une même charge de travail entre plus de personnes, une idée intéressante pour diminuer la pression.
Les retours de cette avancée sont assez négatifs. En effet, les directions académiques et le Ministère en ont profité pour augmenter encore plus les missions de ces personnels en les rendant référents de tous les nouveaux dispositifs : harcèlement, santé mentale, décrochage, climat scolaire… À chaque nouvelle priorité, le ministère crée un nouveau référent dont on aimerait bien avoir des bilans. Dans le premier degré, la structuration des écoles, fait porter toutes les casquettes aux conseillers pédagogiques.
Cette année année la situation risque encore de s’aggraver avec le déploiement à la prochaine rentrée des nouveaux programmes pour le cycle 1, 2 et 3 et la nécessité de dédier des temps d’appropriation pour les enseignants.
Conseiller pédagogique : un rôle central pour accompagner l’attractivité du métier
La multiplications des missions « urgentes » réduit le temps de ces personnels pour le cœur de leur métier : la formation et l’accompagnement pédagogique des équipes enseignantes. Avec des stagiaires ou des contractuels toujours plus nombreux, les demandes de suivis sont aujourd’hui centrales pour permettre à ces entrants dans le métier de bénéficier de leur expertise. Faute de cela, les conseillers pédagogiques voient des entrants dans le métier déprimer ou se diriger vers une démission.
Pour la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, il en va de l’attractivité du métier et de l’accompagnement des professeurs des écoles en devenir.
Les conseillers pédagogiques ont besoin de disposer de temps, de moyens pour se déplacer, et diminuer les autres charges qui pèsent sur eux.
Moins de charges administratives et plus de formation et d’accompagnement
Pour la CFDT, l’amélioration des conditions de travail des conseillers et conseillères pédagogiques passe par :
- la fin des missions non essentielles pour recentrer l’activité sur l’accompagnement et la formation des professeurs des écoles,
- le déploiement du troisième conseiller pédagogique avec un nombre de missions identiques pour permettre un partage des tâches existantes sans charge supplémentaire,
- le décalage d’une année et l’étalement sur 3 ans de la mise en œuvre des nouveaux programmes prévue pour la rentrée prochaine. Cela permettrait aux équipes de circonscription de construire de véritables formations d’appropriation pour les professeurs des écoles.
- le respect de l’attribution de la totalité de la prime éducation prioritaire dès lors que leur circonscription comporte une école en éducation prioritaire.