Dans les académies, les IA-IPR et les IEN ET-EG sont les garants du bon déroulé des examens, DNB et baccalauréat, dans le cadre des textes en vigueur.
Rappel du contexte sur les examens terminaux
Les notes de service du 25 août 2025 et du 26 mars 2026 ont été pleinement mises en œuvre par les corps d’inspection territoriaux, en cohérence totale avec les réunions d’entente nationales, menées par l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche, dont les consignes de correction ont été relayées en l’état.
Dans ce contexte, pour la CFDT Éducation Formation recherche Publiques la convocation des IA-IPR d’histoire-géographie des académies franciliennes constitue un précédent inacceptable. Pour répondre au buzz médiatique créé par la publication d’un article dans Le Figaro, sans aucun recul critique et au mépris de toute chaîne hiérarchique, le ministre a mis en cause publiquement (article de La Montagne du 30 juin 2026) un corps de métier loyal et dévoué au service public, qui fonde son action sur des instructions officielles et non sur une prétendue « culture de la clémence ».
La CFDT s’inquiète de cette forme d’intimidation individuelle comme d’opprobre public, en l’absence de toute faute caractérisée, ce sont des procédés infamants, qui heurtent profondément toute une profession.
Les IA-IPR sont garants du respect de la robustesse de l’évaluation certificative. La conduite des examens est, en effet, une affaire sérieuse, qui repose sur la recherche de l’équité de traitement des candidats et de l’évaluation la plus juste de leurs productions, au regard d’attentes spécifiées par des textes réglementaires précisant les modalités de notation et les détails de mise en œuvre.
En aucun cas, ces attentes ne peuvent simplement relever d’une ligne politique démagogique, fussent-elle médiatisée à outrance. En outre, le ministre lui-même avait, lors d’une visioconférence avec les recteurs, appelé à une « appréciation raisonnable » et une application « avec discernement » des barèmes concernant la qualité rédactionnelle des copies. La prise en compte de la forme rédactionnelle ne peut notamment se transformer en exigence aveugle et insensible à la prise en compte de la diversité des élèves (allophones, élèves à besoins particuliers) alors que l’École inclusive demeure une priorité nationale.
Pour la CFDT, le seul pilotage par l’examen et l’agitation médiatique ne peuvent fonder une politique éducative
Nous partageons pleinement la préoccupation du ministre sur la maîtrise par tous les élèves des compétences langagières nécessaires à leur réussite scolaire et à leur insertion dans la société, comme citoyens éclairés et actifs. Le ministère peut s’appuyer sur l’expertise disciplinaire des inspecteurs pour concevoir et déployer un grand plan de formation pour les enseignants de la 6e à la Terminale. Seule une préoccupation partagée par les enseignants de toutes les disciplines, en appui sur des démarches fondées sur les apports de la recherche, permettra, sur le temps long, de construire des compétences langagières solides chez tous les élèves.
En conséquence, le volontarisme ministériel ne peut s’exonérer de choix budgétaires clairs et d’une orientation stratégique donnée aux EAFC. Les réductions budgétaires actuelles, dénoncées par la CFDT, sur la formation continue mettent à mal tout déploiement des politiques publiques d’éducation et fragilisent profondément la fidélisation des fonctionnaires. En l’absence d’une formation ciblée et affirmée, la performance des candidats au DNB comme au baccalauréat ne peut être garantie.
La question du baccalauréat conçu comme le premier examen du supérieur peut également être posée. Il est aujourd’hui bien davantage l’évaluation certificative de fin de cycle terminal et à ce titre, il évalue les contenus d’apprentissage du cycle. La recherche comme les constats empiriques des correcteurs montrent clairement que les compétences argumentatives et scientifiques sont largement corrélées au niveau de maitrise de la langue.
Dès lors, une décision isolée sur les barèmes et une exigence orthographique mathématique ne pourraient avoir que des effets délétères, notamment en pénalisant les candidats dans l’accès aux mentions et en accentuant les écarts interacadémiques, au détriment des candidats les plus vulnérables.
Notre organisation s’inquiète du souhait du ministère quant à la visioconférence convoquée en hâte le 16 juillet prochain : soit le ministre souhaite réellement faire un bilan serein et documenté de la session d’examens 2026 et nous serons prêts à contribuer, par notre expertise, à un débat informé et stratégique. Soit cette visioconférence n’a qu’une visée punitive, tant par sa programmation non anticipée que par son contenu, le ministre n’aura pas perdu qu’une occasion de conduire une réflexion honnête et argumentée sur la construction des compétences langagières, il aura aussi définitivement perdu la confiance des corps d’inspection.
Pour la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, c’est l’intérêt des élèves qui est, et doit rester, notre seule boussole. Des méthodes comme la recherche de boucs émissaires et le clash médiatique n’en sont pas dignes. Il est grand temps d’élever le débat sur les finalités de l’École.