La CFDT profite des discussions sur le déploiement d'une nouvelle application de gestion du remplacement pour porter ses revendications afin d'améliorer les conditions de travail des remplaçants et par ricochet de l'ensemble des personnels des écoles.
Une gestion améliorée et davantage humaine des moyens de remplacement dans le premier degré est primordiale pour l’amélioration des conditions de travail de tous les personnels de l’École (professeurs des écoles et AESH).
Augmenter les moyens de remplacement : un préalable
La qualité et la disponibilité de moyens de remplacement est un enjeu majeur d’amélioration des conditions de travail et des conditions d’enseignement dans les écoles.
Pour la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, des enseignants remplaçants en nombre suffisant, et à condition que ce ne soit pas en déshabillant des postes d’adjoint, permettraient de ne pas devoir accueillir dans sa classe les élèves d’un⋅e collègue absent⋅e non remplacé⋅e (sans aucune compensation d’ailleurs). Cela permettrait de stabiliser et sécuriser la totalité des décharges de direction des écoles de moins de 4 classes ou les demi-journées de pondération en éducation prioritaire renforcée. Enfin, l’augmentation des moyens de remplacement pourrait faciliter l’intervention en surnuméraire dans les situations d’urgences et notamment lors de difficulté à organiser un accueil qualitatif des élèves au comportement éruptif.
Une application censée rendre le remplacement plus efficace
La nouvelle application est en cours de déploiement dans les académies, jusqu’à la rentrée 2028, en 3 vagues successives. Le seul objectif affiché par le ministère est l‘amélioration du taux de remplacement.
Le quantitatif ne peut pas être le seul indicateur de pilotage.
L’une des premières conséquences sera la fusion des différents types de remplaçants. Fini les ZIL, les brigades et autres dénominations, tous les enseignants concernés seront titulaires remplaçants. Le ministère justifie cette simplification par la recherche d’optimisation des remplacements en priorisant les critères géographiques.
Pour autant rien n’empêche les DSDEN de garder conjointement une gestion départementale et une locale. L’application permet de créer des zones de remplacement infra départementales (ZRI) à la maille des circonscriptions en plus de la zone de remplacement départementale (ZRD). D’ailleurs, les situations sont déjà très variables entre une gestion uniquement départementale, uniquement circo ou mixte.
Pour la CFDT, l’important est de préserver une gestion humaine des ressources, quelque soit son niveau. C’est-à-dire qui permettre d’assurer de bonnes conditions d’exercice des remplaçants. Un personnel administratif qui connait les écoles, les remplaçants et la géographie du territoire est indispensable pour assurer la meilleure adéquation entre les besoins et les ressources.
Des spécificités indispensables à préserver
La CFDT s’oppose à la disparition des « brigades » REP+ ou ASH.
Dans les deux cas, ce sont des personnels dédiés permettent d’améliorer les conditions d’apprentissage des élèves et la qualité de la continuité pédagogique.
En Éducation Prioritaire renforcée, faire partie de l’équipe pédagogique du réseau est indispensable. Ainsi les remplaçants connaissent les élèves, les projets d’école et les pratiques pédagogiques. Sans compter que des remplaçants dédiés sont la seule façon de sanctuariser la mise en œuvre des demi-journées de pondération. Et l’on sait que cette obligation a déjà du mal à être respectée et sécurisée par les DSDEN actuellement. C’est déjà inacceptable alors qu’en sera t-il demain ?
Les brigades ASH permettent d’avoir des remplaçants formés pour intervenir dans les dispositifs ULIS, dans les classes d’IME ou de SEGPA. Ce sont aussi des supports permettant de découvrir l’ensemble des différents types de poste ASH avant de se lancer éventuellement dans une certification.
La CFDT, n’acceptera pas une dégradation des conditions de travail des personnels et des conditions d’apprentissage des élèves due à des contraintes imposées par une application informatique.
Des revendications CFDT pour de meilleures conditions de travail
-
Défendre les spécificités locales (BD REP+ ou BD ASH) au titre de la qualité des conditions d’apprentissages et de continuité pédagogique.
-
Obtenir une bonification de mesure de carte scolaire élargie pour tous les titulaires remplaçants qui verraient un changement de la dénomination de leur support de poste ou de leur rattachement administratif.
-
Assurer une gestion humaine des remplaçant·e·s qui permette de prendre en compte certaines préférences de types de remplacement et certaines compétences spécifiques.
- Paramétrer l’application de façon à ce que les préférences des agents remplaçants soient prises en compte dans leur affectation (niveau, ASH, REP+, Rural…).
Les revendications CFDT pour le remplacement
Dans les écoles
- Augmenter le nombre de remplaçants pour ne plus avoir à répartir les élèves d’un⋅e enseignant⋅e absent⋅e dans les autres classes.
- En cas d’absence non prévisible amenant à une répartition des élèves, versement d’une compensation financière en fonction du nombre d’élèves accueillis pour reconnaitre la charge de travail.
- En cas d’absence prévisible, mise en œuvre de l’article L133-1 du code de l’éducation.
- Sécuriser les décharges de direction des petites écoles faisant souvent office de variables d’ajustement pour améliorer le remplacement des enseignant.es absent.es
Pour les remplaçants
- En cas de remplacement long, laisser un temps à l’enseignant remplaçant sans charge d’élève pour rencontrer l’équipe, préparer sa prise de fonction, s’approprier la classe, les parcours des élèves.
- Revaloriser l’ISSR et, en cela, l’aligner sur l’inflation.
- Annualiser la prime REP+ pour les enseignants remplaçants assurant majoritairement leurs remplacements en éducation prioritaire.
Attention au pilotage local de cette application 
Si la démarche présentée par la DGRH semble intéressante, qu’en sera t-il au niveau des directions académiques ? La CFDT a souligné que l’interprétation locale des consignes ministérielles est trop souvent aléatoire. Parfois, des propositions ministérielles deviennent au local des injonctions voire des commandes du ministère pour certains DASEN.
Les équipes départementales en charge du déploiement de l’application seront accompagnées par la Direction du Numérique pour l’éducation. Pour cela, une démarche d’évaluation du déploiement et de l’application en elle-même est programmée.
La CFDT a donc demandé l’installation de groupes de travail locaux pour évaluer les conséquences des choix locaux.
