La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques appelle ses adhérentes et ses adhérents à soutenir les mobilisations étudiantes dans leurs revendications légitimes, qui accompagnent et prolongent les mobilisations et revendications lycéennes.
La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques réaffirme son soutien aux revendications légitimes portées par la jeunesse pour l’amélioration des conditions d’études et de vie qui sont les leurs, et pour que leur parole soit authentiquement entendue.
Ce 7 octobre, les organisations syndicales représentatives au CSAMESR étaient reçues en multilatérale au ministère au sujet du projet de loi de finances. Les organisations représentées, dont la CFDT, ont fait le choix de quitter la séance après avoir lu une déclaration commune. Cette déclaration intersyndicale est donc centrée sur les questions budgétaires en lien avec les revendications portées par les étudiantes et étudiants pour leurs conditions d’études et leur avenir, et que nous portons pour les personnels et leurs conditions de travail.
En effet, dans un contexte marqué par une dégradation continue des moyens alloués au service public de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche, les difficultés rencontrées par la jeunesse ne peuvent être ignorées : précarité étudiante, insuffisance des capacités d’accueil, dégradation des infrastructures, tension sur les logements, difficultés d’accès aux soins ou aux aides sociales etc.
Déclaration intersyndicale
« Monsieur le Ministre,
Des centaines de milliers de lycéens et de lycéennes, d’étudiants et d’étudiantes étaient mobilisé·es et en manifestation hier pour leurs légitimes revendications. Nous étions avec eux car ces revendications sont aussi les nôtres.
Nous demandons notamment depuis des mois la suppression de la hausse des droits d’inscription pour les étudiant·es étrangers extra-communautaires, l’abandon de tout projet d’augmentation des droits d’inscription pour toutes et tous, la levée immédiate des barrages au droit aux études que contiennent Parcoursup et Mon Master.
De même, nous refusons les saignées budgétaires dans les services publics, dont celui de l’ESR, qu’impliquent les 54 milliards d’euros de coupes prévues dans le projet de budget 2027.
Vous avez annoncé publiquement une hausse du budget de 500 M€, pourtant l’analyse du projet de loi de finances montre de réelles baisses de dotation qui si elles ne sont pas amendées mettront durablement en difficulté les établissements et les agent·es dans l’exercice de leur mission de service public. La mise en réserve du budget atteint le niveau inédit de plus d’un milliard.
En conséquence les crédits des subventions pour charge de service public (SCSP) du programme 150 « Formations supérieures et recherche universitaire » régressent de 213 M€. Et compte tenu de la hausse de notre activité avec notamment l’accueil de 30 000 étudiant·es supplémentaires, le sous-financement atteindra en 2 027 483 M€ par rapport à 2026.
De même dans le programme 231 « Vie étudiante », il n’est pas prévu de revalorisation du montant des bourses sur critères sociaux (BCS) dont le montant est inchangé depuis 2023, le financement du repas à 1 € nécessite lui aussi un financement plus conséquent pour répondre aux difficultés des Crous.
Concernant le programme 172 « Recherches scientifiques et technologiques pluridisciplinaires », sa progression ne suffit pas à compenser les 200 M€ de déficit du CNRS prévu en 2027, ni à respecter la LPR pour laquelle il manque 354 M€.
Si l’on additionne les baisses de ces trois programmes, on constate que loin de l’augmentation promise, le sous-financement atteint 1 Md et 11 M€. Il faut dès à présent réaffecter le milliard mis en réserve dans les crédits de SCSP pour d’une part respecter la LPR et d’autre part financer la croissance de l’activité des établissements et la revalorisation des bourses sur critères sociaux.
Tel est le résultat de l’analyse rapide du projet de budget que nous faisons, et ce sans même introduire nos revendications qui rejoignent pour la plupart celles des lycéen·nes et étudiant·es qui manifestent en ce moment.
Il faut donc réviser ce projet de loi de finances. Il est urgent de satisfaire ces revendications, comme le montre la mobilisation grandissante dans la jeunesse.
Or, non seulement ces revendications ne sont pas entendues mais de plus le gouvernement tente de les faire taire par une brutale répression.
Dans ces conditions, nous continuerons dès demain d’être aux côtés des lycéennes et lycéens, étudiantes et étudiants, et nous ne pouvons pas continuer à participer à des discussions. »
