Le 17 mai a lieu la journée de lutte contre les LGBTIphobies. Cette année, cette journée s’inscrit dans un contexte où le programme d’EVAR·S est publié, et sa mise en place obligatoire depuis septembre. Un plan « Diversité » est aussi travaillé au ministère depuis la même période. Pour quel bilan ?
La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques est engagée contre les LGBTIphobies depuis plus de 20 ans.
L’EVAR·S contre les LGBTIphobies
L’Education à la Vie Affective, Relationnelle et à la Sexualité est censée se mettre en place dans tous les établissements scolaires de France. On l’a déjà évoqué : pas d’horaire fléché, pas de formation systématique de tous les personnels. Et donc une application en ordre dispersé.
Il s’agit pourtant d’un programme crucial, essentiel dans la lutte contre les LGBTIphobies. Lors de l’audience en Conseil Supérieur de l’Éducation, il avait d’ailleurs fallu batailler pour faire rétablir explicitement dans le texte du programme les mots « homosexualité », « bisexualité », « asexualité » dans le préambule. Assumer d’employer ces mots dans un programme, c’est protéger celles et ceux qui vont les utiliser sur le terrain pour lutter contre les discriminations.
Le Ministre se veut rassurant, car selon les chiffres du ministère la mise en place de l’EVAR·S avance bien. D’autres enquêtes menées par des associations ou par le Collectif Éducation contre les LGBTIphobies montrent une réalité différente.
Un plan national d’action bien maigre
Depuis septembre 2025 se réunissent à la DGRH du ministère de l’Éducation Nationale des groupes de travail réfléchissant à la mise en place d’un « plan diversité », qui s’annonce maigre. 26 critères de discriminations sont en effet listés dans la loi. Le ministère en a sélectionné certains (dont les LGBTIphobies), en laissant d’autres de côté.
Les dispositifs de signalement des VDHAS (Violences, Discriminations, Harcèlement, Agissements Sexistes) sont censés pouvoir traiter les situations qui seraient portées à la connaissance de l’employeur.
Ces dispositifs sont pour le moment insuffisamment connus, et portent parfois des noms qui ne les rendent pas immédiatement lisibles sur le sujet des LGBTIphobies.
Des observatoires contre les LGBTIphobies inégaux
Le ministère avait en effet demandé la création d’observatoires des LGBTIphobies dans chaque académie en 2023. Trois ans plus tard, force est de constater que ces observatoires ont beaucoup de mal à exister réellement, sauf exception. Les situations sont très disparates : de l’observatoire actif, réuni trois fois par an, à la coquille vide, on a toutes les configurations.
Il est en effet bien difficile de mettre en musique cette demande lorsqu’aucun moyen humain n’a été mis à disposition pour le faire.
Par ailleurs, les formations restent un point noir dans l’Éducation Nationale. Comment identifier et traiter les LGBTiphobies au travail sans plan de formation massif des personnels ?
Un outil pour rendre visibles les LGBTIphobies
Depuis plusieurs années maintenant des violentomètres sont proposés par des structures associatives et des administrations pour rendre visible des violences qui sans cela sont minorées voire invisibilisées. De la « mauvaise blague » à l’insulte ou l’agression, le spectre est large, et parfois difficile à évaluer dans un contexte de formations trop peu nombreuses.
Violentomètre à télécharger : (clic droit sur l’image « enregistrer sous »)
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Le 17 mai comme les autres jours, soyons donc attentifs et attentives au respect des droits des personnes LGBTI, et revendiquons les moyens pour le faire. Les LGBTIphobies pourrissent les conditions de travail des personnes concernées, elle sont un facteur majeur de risques psycho-sociaux et doivent être combattues.

