Depuis le début de l'été, le Ministère de l’Éducation Nationale n'échappe pas aux attaques dont de nombreux services numériques de l’État sont victimes. L'état de nos systèmes est percuté et la rentrée est extrêmement fragilisée dans au moins 2 académies. Des conséquences devront être tirées.
Cyberattaque dans l’Éducation nationale en juillet : et maintenant ?
Aujourd’hui, nul n’est à l’abri des attaques numériques qui se multiplient. Les services de l’État sont particulièrement ciblés et, cet été, l’Éducation nationale a fortement été impactée. La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques suit au jour le jour les points d’information organisés par le ministère avec les organisations syndicales représentatives des personnels.
Elle se fait l’écho des collègues, de ce qu’ils disent, de leurs questions et de la manière dont est impacté leur travail.
Transparence et information
Nous saluons l’action du ministère qui a informé les agents de la cyberattaque début août et indiqué la nature des informations dérobées. Transparence et information sont nécessaires pour ne pas laisser s’installer le doute et la défiance alors que les agents des services informatiques dans les académies sont sur le pont pour colmater les brèches et garantir le retour à la normale avec des systèmes d’information sécurisés.
A ce jour, 2 académies sont principalement touchées : Toulouse et Nantes. Cela engendre un travail en mode dégradé. Pour la CFDT, le travail en mode dégradé doit être pris en compte dans l’organisation du travail et les missions à effectuer en les priorisant, et en renonçant à certaines, par exemple les évaluations nationales.
Les attaques ont permis le vol de données ; ce sont des données de personnels et d’élèves qui partent dans la nature et ce n’est pas acceptable. On attend de l’employeur des garanties de protection des données.
Pour la CFDT, le lieu de stockage des données est un sujet pour garantir leur protection.
Nous demandons des garanties pour un maintien au niveau du territoire national, dans des espaces spécifiques aux données de l’État.
Des désordres qui interrogent la stratégie numérique
Face à cela, comme à chaque crise que notre système affronte, les agents et agentes sont toujours prêts à se mobiliser pour trouver les solutions nécessaires au bon fonctionnement de l’École. Il faut à nouveau saluer le professionnalisme, et l’engagement de chacun et chacune. Pour la CFDT cela doit être reconnu financièrement.
Les 400 applications que gère le ministère représentent une masse d’outils numériques qui ont chacun une ou des failles potentielles. Cela interroge la capacité du ministère à élaborer et construire ses systèmes d’information, mais aussi la tendance au regroupement centralisé des applications. Selon les choix technologiques et politiques effectués, les fragilités sont plus ou moins importantes.
Pour la CFDT, il est nécessaire de recruter des personnels sur les compétences numériques et en interne. L’externalisation sur certains champs liés à la cybersécurité doit être réinterrogée : créer des postes est indispensable pour être en capacité d’absorber la charge de travail inhérente aux enjeux de cybersécurité.
Le dialogue social sur la stratégie numérique ministérielle doit être renforcé. Investir dans le numérique n’est plus une option mais une obligation au regard des derniers événements.
Perspectives et enjeux
Pour la CFDT, la stratégie numérique ministérielle nécessite de :
- recruter des informaticiens,
- stopper le redéploiement de moyens humains entre DSI et équipe de mission nationale,
- intensifier l’Éducation à la sécurité numérique des agents,
- la double authentification est désormais un enjeu,
- interroger le stockage des données,
- repenser le dialogue social sur la stratégie numérique ministérielle en distinguant la partie numérique éducatif, du numérique RH et de la stratégie proprement dite.