Lors du Conseil Supérieur de l'Éducation du 28 mai 2026, la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques a lue cette déclaration liminaire.
Avec les évènements climatiques extrêmes qui se multiplient, la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques alerte une nouvelle fois sur les risques pour la santé des agents et des élèves. Lors du CSE de ce jour, la CFDT a mis en avant les conditions de passation des examens, la vétusté des bâtiments, le manque d’anticipation du ministère.
Où est la cohérence des politiques éducatives concernant les événements climatiques extrêmes ?
Cette semaine n’est pas un évènement météorologique inattendu. Les alertes des expert·es du GIEC sont très claires depuis plusieurs années : le dérèglement climatique occasionnera des épisodes de chaleur intense plus fréquents, plus tôt dans l’année, et plus intenses.
Comment accepter que le ministère en soit encore à ne faire que réagir à l’urgence ?
La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques alertait déjà en juin 2017 : « La vague de forte chaleur entraîne des difficultés, d’exercice dans les établissements scolaires pour les personnels, et d’étude pour les élèves ». La diffusion des consignes du plan canicule, pour indispensable qu’elle soit, place les personnels dans une situation paradoxale : il n’est pas toujours possible de les mettre en œuvre. Tous les établissements ne disposent pas loin s’en faut des installations permettant de « fermer les volets et de ventiler les classes. »
Tout cela reste à faire… 9 ans après. Notre ministère continue de faire l’autruche en refusant d’agir ce sur quoi il a le plus facilement la main, à savoir repenser les politiques éducatives à l’aune de cette réalité.
Évènements climatiques : Quelles modifications pour les examens ?
Les examens terminaux chaque année plus nombreux restent concentrés dans la seconde moitié de juin. C’est une aberration. La CFDT avait demandé que les épreuves écrites soient programmées le matin. Impossible nous a répondu le ministère.
Et que dire du fait que les examens de la voie professionnelle et, parmi eux les CAP en particuliers, sont ceux dont le calendrier a été le moins aménagé ? D’ailleurs aujourd’hui et demain les élèves devront composer au plus chaud de la journée. Et que dire du mépris pour les enseignant·es de lycée pro et des conditions imposées pour la correction des copies. La CFDT demande que deux jours soient identifiés et bloqués.
Dans le même temps, le Président de la République et d’autres responsables communiquent de façon répétée et appuyée sur l’idée de diminuer de la durée des congés scolaire estivaux. Mais quel gain réel pour les apprentissages avec la probabilité chaque année plus importante de se retrouver avec des températures dépassant 30 degrés en classe? Le principe de réalité doit s’imposer.
C’est pourquoi la CFDT revendique la possibilité d’adapter le calendrier scolaire aux réalités climatiques locales.
Des préconisations portées par la CFDT
Les consignes de bon sens du plan ministériel ne suffisent pas face aux dangers que courent les personnels et les élèves. Elles ne sont même pas opérantes sur une partie de nos lieux de travail. Les bâtiments qui accueillent nos collègues et nos élèves, dans l’enseignement public comme dans le privé sous contrat ne sont pas prêts.
La CFDT continue de demander les efforts, certes importants mais nécessaires à la poursuite de nos activités. Le CSE a adopté un rapport de la commission spécialisée transition écologique avec lequel le ministère s’est dit en phase. Sa déclinaison en acte seraient une bien meilleure utilisation des moyens de la centrale plutôt que de continuer de produire des notes de service injonctives pour faire encore semblant d’agir en l’absence de marges budgétaires. Reste la volonté politique.
Faute de mise en place d’une réelle prévention par notre employeur sur le long terme et face à une dégradation climatique devenant tellement importante, les adaptations sont indispensables.
Leur mise en œuvre pose la question des moyens dédiés par les collectivités locales mais aussi du modèle de gouvernance. Les équipes pédagogiques dans les écoles, les établissements et sur tous les lieux de travail doivent être accompagnées dans la mise en œuvre de ces décisions. Mais c’est à elles de définir collectivement l’organisation qui sera la plus adaptée à la situation bâtimentaire, climatique et aux besoins des élèves. Ceci, sans attendre une validation d’un·e IEN, celle d’un·e d’un DASEN, d’un·e recteur·ice et d’un·e préfet·e.
Voici quelques préconisations de bon sens :
- une mise en sécurité des personnels et des élèves fragiles,
- des propositions d’activités alternatives aux apprentissages, y compris en accédant à des espaces plus protecteurs,
- la mise à disposition de matériels (ventilateurs…), de fontaines à eau fraîche,
- des aménagements d’horaires des écoles, collèges et lycées (activités scolaires le matin par exemple),
- un accueil limité aux enfants qui ne peuvent pas rester au domicile lorsqu’il n’y a pas d’autre solution ou pour lesquels les conditions de vie ne sont pas soutenables.
Adapter le système éducatif au changement climatique supposera des investissements importants, et un travail loyal dans la durée entre l’État et les collectivités locales. La situation budgétaire du pays ne pourra pas être prétexte à la poursuite de l’inaction, au risque de déstabiliser radicalement le système éducatif avec la perspective d’un réchauffement à + 4°.