Le précédent datait de 2010, il était temps. L'actualisation, dans le fond et la forme, a été présentée lors du CSAMEN du 30 juin 2026. Elle intervient dans le cadre de la réforme de la formation initiale, et toilette partiellement la formation continue.
La mise à jour de ce cadre de référence des compétences numériques était attendue, le C2i2E datant de 2010. Pourtant, les concertations se sont faites dans l’urgence, le texte devant être publié pour une mise en œuvre au 1er septembre. La CFDT a profité des concertations pour porter ses revendications relatives au numérique à l’école.
Nous avons notamment demandé que le cadre puisse être retravaillé à échéance régulière afin d’intégrer l’évolution des outils, des pratiques et des enjeux, en particulier en matière d’intelligence artificielle.
Nous avons obtenu que le dialogue sociale indispensable à la rénovation des compétences numériques pour l’éducation puisse se poursuivre malgré la publication de ce texte.
Parvenir à un usage raisonné du numérique en éducation
Le numérique n’est pas outil pertinent par nature pour nos missions d’enseignement. C’est un outil parmi d’autres. Il peut apporter des bénéfices dans nos pratiques, mais ne doit pas être un objectif en soi. Nous avons obtenu la suppression de la référence à un usage « très régulier » pour le niveau de maîtrise avancé de la certification instaurée par ce texte.
Par ailleurs, le numérique doit contribuer à la nécessaire décarbonation de nos activités. L’objectif serait de diviser par 10 son empreinte écologique (carbone, mais aussi matières, eau…).
C’est un argument supplémentaire pour une politique de réduction des usages numériques. Mais pas n’importe laquelle.
Améliorer la formation initiale et continue
Les enquêtes statistiques confirment notre expérience de terrain : la formation des personnels aux usages numériques est perfectible.
La CFDT revendique les moyens indispensables à une réelle formation qui ne peut se limiter à Pix, aussi intéressant soit-il.
Le numérique éducatif, ce sont de très nombreux outils qui peuvent avoir leur utilité pour réaliser nos tâches professionnelles, mais aussi pour favoriser la réussite de nos élèves. L’intelligence artificielle générative soulève de très nombreux enjeux (écologique, éthique, de souveraineté, respect des données) que la formation doit permettre de mieux appréhender en respectant un cadre d’usage insuffisamment connu des collègues.
Des outils adaptés aux besoins
Pour la CFDT, il faut :
- associer les collègues à leur conception dès l’origine. Nous saluons en ce sens la démarche autour de la Forge des communs pédagogiques soutenue par la Direction du Numérique Éducatif (DNE).
- assurer la stabilité de ces outils. Nous ne pouvons pas être dépendants des atermoiements des collectivités territoriales qui nous imposent des outils puis les suppriment. Pas plus que nous ne pouvons accepter le risque que des puissances économiques ou politiques, souvent étrangères accèdent à nos données ou coupent l’accès aux logiciels que nous utilisons du jour au lendemain. Le Gestionnaire d’accès aux ressources (GAR) doit être systématisé.
- limiter l’empreinte écologique des services numériques. Ces services doivent être économes en puissance de calcul et ne pas exiger de fréquents renouvellement de matériels.
Des équipements durables
Les disparités d’équipement entre lieu d’enseignement sont très importantes. Dans le 1er degré, on compte en moyenne 14 terminaux fixes ou mobiles pour 100 élèves, un des plus faibles taux d’équipement en Europe. Il y en a près de 4 fois plus dans le second degré. Le socle numérique de base est loin d’être une réalité partout.
L’utilisation des outils numériques exige un équipement matériel. Pour la CFDT, ce n’est pas aux collègues de palier leur absence.
Mais cet équipement doit aussi être durable. Réduire l’empreinte écologique du numérique, c’est d’abord faire durer les équipements aussi longtemps que possible, les réparer, les améliorer lorsque c’est nécessaire.
Le numérique en éducation doit gagner en sobriété, ce qui exige des services plus sobres et donc des agents disponibles et experts pour assurer la maintenance des matériels.
Le ministère de l’Éducation nationale doit s’engager
Construire un écosystème numérique pertinent, c’est développer l’usage des logiciels libres. C’est aussi parer au risque de déconnexion des grandes puissances en disposant d’outils souverains. Le ministère a rééquilibré ses soutiens aux initiatives privées en favorisant le développement de services numériques communs. Il a aussi décidé d’acquérir plus souvent les services les plus pertinents afin d’en faire des communs.
C’est aussi ainsi que nous disposerons d’outils robustes, durables et pertinents pour réaliser nos missions et accompagner nos élèves, dans toute leur diversité.
Attestation, certification, référentiel pour acquérir les compétences numériques
En formation initiale, une formation aux compétences numériques est mise en place qui donne lieu à une attestation à la suite d’un parcours sur la plateforme Pix et d’une évaluation de pratique professionnelle.
Cette attestation peut être obtenue au cours de la carrière en passant une certification Pix. Elle comporte 4 niveaux : initié, confirmé, avancé et expert.
Une certification nationale peut être décernée par un jury pour les niveaux avancé ou expert. En plus du parcours sur la plateforme Pix, une évaluation de pratique professionnelle est alors réalisée.
Le cadre de référence des compétences numériques pour l’éducation (CRCN-Édu) est basé sur le DigCompEdu et sur le DigComp européens. Il est régulièrement actualisé et tient compte en particulier de la stratégie du numérique pour l’éducation, du cadre d’usage de l’IA en éducation.
Il comporte 5 domaines :
- Environnement professionnel
- Ressources numériques,
- Enseignement-apprentissage,
- Diversité et autonomie des apprenants,
- Développement des compétences numériques des apprenants.