Retrouvez notre déclaration liminaire à la formation spécialisée santé sécurité au travail du ministère de l'éducation nationale du 9 juin. Notre fédération alerte et demande des actions concrètes après les difficultés rencontrées par les personnels lors de la nouvelle vague de chaleur fin mai.
Notre déclaration s’inscrit dans la continuité de celle du CSA MEN de jeudi dernier et de notre alerte concernant l’impact de la vague de chaleur et plus largement des évènements climatiques extrêmes sur nos conditions de travail. La CFDT remercie les agents et le service pour la préparation de cette séance et les documents présentés.
La CFDT alerte : le ministère et les autorités publiques ne semblent toujours pas avoir pris la mesure des risques liés aux changements climatiques pour la santé, la sécurité et les conditions de travail des personnels et des élèves.
Chaque évènement est géré au jour le jour sans anticipation.
Une décennie d’alertes
Ces évènements climatiques extrêmes se multiplient et s’accélèrent mais les personnels et établissements n’y sont toujours pas préparés. Inondations, cyclones, tempêtes, vagues de froid ou de chaleurs… Nous sommes pleinement confrontés aux changements climatiques annoncés par les scientifiques depuis 30 ans. Mais clairement pas entendus pas nos politiques .
Cela fait 10 ans que la CFDT interpelle le ministère et le gouvernement sur l’impréparation des écoles et établissements et le manque d’anticipation des services .
Lors du CSA MEN de jeudi dernier, notre secrétaire générale a dénoncé, exemples concrets à l’appui, les difficultés dans lesquelles les collègues ont été une nouvelle fois placés par manque d’anticipation et de préparation. Et ce alors que l’épisode était une fois de plus annoncé plusieurs jours à l’avance.
Nous avons rappelé notre alerte faite dès 2017 indiquant déjà que nombre de consignes du plan canicule sont inapplicables et mettent les personnels en difficultés. Ce qui a encore été le cas lors de cette nouvelle vague de chaleur.
La CFDT veut des actions concrètes et propose…
Pour la CFDT la priorité est d’assurer la sécurité et de garantir la santé des élèves et des personnels. Cela, avant la continuité pédagogique.
Notre fédération demande ici la mise en œuvre en urgence d’une première série de mesures :
En urgence
– Au niveau ministériel : il y a urgence à constituer une cellule de veille permanente spécifique aux écoles et établissements scolaires avec des relais académiques.
Il s’agit d’anticiper les évènements et de préparer en amont pour les autorités concernées les décisions comme les fermetures totales ou partielles. Mais aussi de mobiliser les services académiques pour qu’ils accompagnent sur le terrain les collectifs de travail . Les Formation Spécialisées compétentes doivent y être associées.
– Identifier les agents vulnérables à ces évènements : l’absence de visite médicale au travail et le manque de médecins de prévention ne permet pas à nos employeurs, de tous les connaître.
La CFDT demande que les encadrants chargés d’une mission RH invitent les agents concernés qui le souhaitent à se faire connaître auprès des services de médecine de prévention.
Ils et elles doivent pouvoir disposer de dispositifs spécifiques d’aménagement : ASA avec rémunération, télétravail…
– Évaluer les situations de travail les plus à risques et prendre les mesures adéquates .
La CFDT le rappelle : c’est une obligation de l’employeur prévue par le code du travail dans le cadre de la démarche du DUERP.
Nous alertons notamment sur le risque routier et sur la situation des professeurs d’EPS. Déjà davantage victimes d’accidents du travail que les autres agents, ils sont particulièrement exposés aux risques et aléas climatiques. On discute dans les CSA académiques mais toujours rien de concrets . Comme dans les pays de Loire où cinq groupes de travail académiques se sont tenus ….et ça ne débouche toujours sur rien.
– Doter les écoles et établissements d’équipements permettant d’assurer dans un ou plusieurs local des températures minimales de confort.
Selon la situation : chauffage d’appoint, climatiseur, rafraîchisseur d’air…
De la même manière, les élèves vulnérables devront être identifiés en lien avec les familles et la médecine scolaire.
– Mettre à jour, adapter et rendre obligatoire un certains nombre de normes et recommandations. Comme pour les ambiances thermiques pour les personnels et les élèves : Les seuils d’attente à la santé des enfants de maternelle ne sont pas les mêmes que les adultes. Les seuils et les mesures à prendre en compte doivent donc être adaptés.
– Anticiper le fonctionnement des établissements par des décisions prises en amont de l’évènement. Par exemple ouvrir les écoles et les établissements uniquement le matin en cas de vague de chaleur. Ou en cas de vague de froid : ne pas laisser arriver les élèves le matin s’il y a un risque d’interdiction des transports scolaires en cours de journée…
A court et moyen terme
– Professionnaliser les assistant·es de prévention. Ils et elles sont censé·es être les premiers acteurs opérationnel de terrain en santé et sécurité au travail et conditions de travail.
Ils et elles doivent conseiller et accompagner les chefs de service et leurs représentants. Mais également les agents et les établissements dans la mise en œuvre des consignes adaptées aux évènements.
Dans les faits, la plupart de ces agents ne disposent ni du temps ni des moyens pour leur missions.
Les académies se fichent pas mal des recommandations ministérielles fixant à 20 % leur quotité de service consacrée à cette mission.
Résultat : la grande majorité n’est pas opérationnelle, notamment dans le 1er degré.
La CFDT demande que ces agents soient à plein temps sur leurs missions, bénéficient de formations continues adaptées et d’une reconnaissance professionnelle (carrière, rémunération,..).
La CFDT rappelle également l’importance de leurs autres missions : amiante, DUERP, RSST, PPMS…
- Parce que chaque bâti est différent , la CFDT demande qu’une démarche de diagnostic global «sécurité et conditions de travail» soit rendue obligatoire dans l’ensemble des écoles, établissements et service du ministère.
A l‘instar des plans pluriannuels de travaux (PPT) obligatoires pour les copropriété dans le privé.
Ces diagnostics doivent associer tous les partenaires : éducation nationale, collectivité, service de secours et de sécurité.
Il s’agit d’ identifier et de prioriser les échéancier de travaux à court moyen et long terme pour faire face aux principaux évènements climatiques.
Ces diagnostics intégreront les autres aspects sécurité et conditions de travail : amiante, ambiances de travail (thermique, acoustique, éclairage,…), sanitaires, vigipirate et PPMS,… - Revoir l’échelle des plans de continuité pédagogiques.
Les évènement climatiques concernent rarement un seul local.
Les plans de continuité pédagogique doivent être construits à l’échelle d’un territoire.
Les directrices/teurs d’école et chef d’établissements ne doivent plus être laissés seul.e.s .
Cette démarche doit être conduite par les services académiques. - Former les agents et les encadrants. La gestion des ces évènements réclament un minimum de formation et de préparation, quasiment absente aujourd’hui.Une réunion en visio d’1h sur le temps du déjeuner ou un magistère seul à domicile ne suffissent pas.Notre ministère doit construire et mettre en œuvre des formations adaptées aux évènements climatiques qui nous percutent. Les formations en secourisme participent de cette préparation mais n’abordent qu’un aspect de la crise potentielle.
Pour la CFDT, il y a urgence à préparer les personnels et les établissements scolaires aux évènements climatiques extrêmes.