Fidèle à sa tradition de donner la parole aux agent·es, la CFDT a multiplié les échanges avec les CPE de l’hexagone. Les adhérent·es et les militant·es ont échangé sur leurs conditions de travail au sein des établissements et en particulier sur le fonctionnement des vies scolaires en 2026. 1er volet.
Les évolutions du métier de CPE et leurs conséquences sur les fins de carrière sont 2 thèmes qui ont émergés lors de toutes nos réunions « Parlons travail CPE », qui s’inscrivent dans le droit fil des actions syndicales de la CFDT : proximité et utilité aux agents.
Concernant le métier, il a subi une forte évolution tant du point de vue des missions exercées que des responsabilités à assumer. Les conséquences : l’émergence de risques psychosociaux et de nombreuses fins de carrières difficiles. L’identité professionnelle est encore et toujours dévoyée, chacun lui conférant des attributions selon sa propre interprétation. La position de CPE est difficile à tenir face à la pression et aux multiples injonctions.
Évolutions constantes du métier de CPE
De plus en plus « référent »
Au fil des ans, les missions attribuées aux CPE se sont multipliées :
- référent laïcité,
- référent décrochage scolaire,
- référent harcèlement,
- et la dernière en date : mission de repérage à la santé mentale.
Tous ces titres de « référents » enferment les CPE qui les exercent en les désignant très souvent comme seuls responsables de ces dossiers. Quant aux protocoles (harcèlement, santé mentale,…) bien qu’ils indiquent clairement la conduite à tenir, participent néanmoins à l’illusion d’efficacité, mais ne disent rien de l’impossibilité technique à réaliser ces consignes ou de l’absence de personnels mentionnés dans ces protocoles.
Quand la ou le collègue perçoit une IMP (indemnité pour mission particulière), son montant ne représente pas la charge et le risque professionnel associés (exemple : référent harcèlement vs référent devoirs faits).
De plus en plus « suppléant »
Le transfert de charge de travail vers les CPE (qui suppléent le service de secrétariat, assurent la rédaction de courriers administratifs, sont contraints d’agir en substitution de la direction dans le cadre des procédures disciplinaires) est énorme. Autant de tâches exécutées durant lesquelles les CPE s’éloignent du cœur de métier et de la capacité à répondre à l’ensemble des missions, notamment au détriment de la contribution à la politique éducative. Cela les empêche de s’inscrire dans de la formation en faveur du développement professionnel et les maintient dans des tâches annexes ne relevant pas de leurs missions propres.
De plus en plus « chargé mentalement »
Concernant le dispositif Vigipirate et le plan particulier de mise en sûreté (PPMS), ils incluent d’office les équipes de vie scolaire (AED et CPE) et rajoutent à ses personnels de la charge mentale à leur quotidien professionnel.
Enfin la mise en place de l’écosystème numérique via les environnements numériques de travail (ENT) et l’intelligence artificielle (IA) interpellent les collègues. Ces outils sont le plus souvent parachutés sans la moindre formation préalable, loin de faciliter la pratique professionnelle, ils la complexifient davantage. Les CPE sont ouverts à ces nouvelles technologies, mais veulent des formations en vue d’une utilisation maîtrisée.
Des risques psychosociaux inquiétants
Nous ne comptons plus les établissements où les collègues exercent plusieurs missions comme c’est souvent le cas en collège. Pour la hiérarchie, ces missions s’exercent en plus des missions cardinales des CPE, telles que définies dans la circulaire de missions de 2015. Or le temps de travail des CPE est réglementé par un arrêté (ARTT de 2002) que peu de collègues respectent à la lettre, préférant terminer le travail plutôt que d’arrêter à l’heure. La plupart effectuent des heures supplémentaires non rétribuées dans le but de satisfaire avant tout l’intérêt des élèves.
Cela n’est pas sans conséquence sur la santé de nombreux professionnels, tensions quotidiennes, épuisement, risques psychosociaux et arrêts maladie s’enchaînent dans cette « course infernale au toujours plus ». Tout cela altère le sens et de la qualité de vie et leur condition de travail (QVCT).
Ce que la CFDT revendique sur les évolutions du métier
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La fin de carrière
La cessation progressive d’activité ayant été supprimée, le nouveau dispositif de retraite progressive reste encore inaccessible pour beaucoup de collègues. En effet l’obtention d’un temps partiel, condition sine qua non à la retraite progressive, n’est pas automatique et est soumis à l’approbation de l’administration.
À ce jour, les demandes de fin de carrière aménagée sont en forte augmentation, sans que l’Institution puisse répondre favorablement à toutes les demandes. Cela conduit certains collègues à terminer leur carrière par des arrêts maladie successifs alors même qu’elles et ils souhaiteraient simplement pouvoir continuer à exercer un métier qu’elles et ils aiment toujours, mais dans d’autres conditions.
Ce que la CFDT revendique sur la fin de carrière des CPE
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