Protéger les élèves, protéger les personnels : le PARADOXE de cette rentrée bis repetita...
La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques a recueilli à cette occasion les témoignages des collègues CPE de ses réseaux académiques.
Ces remontées de terrain de rentrée 2026 des CPE font apparaître une réalité préoccupante : alors que l’institution affirme vouloir mieux protéger et accompagner les élèves, les personnels qui assurent ces missions voient leurs conditions de travail continuer à se dégrader. Des moyens toujours insuffisants et des missions XXL, dans la droite ligne de ce que nous disions déjà en juin !
Des constats alarmant autour des AED
Des établissements se mobilisent pour conserver un poste d’AED, parfois même un demi-poste. Dans des équipes déjà sous tension, chaque suppression de moyen fragilise le fonctionnement de la vie scolaire et le suivi des élèves.
Des AED, toujours en première ligne du plan vigipirate ou quand faire porter la responsabilité de la sécurité des établissements par ses propres agents « assistants d’éducation » ne choque plus personne…
Consignes verbales concernant le recrutement des AED, emplois du temps remis sans concertation, difficultés à faire accepter certaines candidatures à un CDI malgré des évaluations professionnelles positives, missions empilées et transferts de charge d’un service vers l’autre…
Ces situations interrogent le respect du droit, la reconnaissance du travail et la place du dialogue professionnel. La CFDT s’étonne face à de tels comportements et rappelle la nécessité pour les fonctionnaires d’appliquer et de respecter le droit en vigueur.
La CFDT revendique :
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Affectations tardives : les personnels ne sont pas des variables d’ajustement
Des CPE en CDI sont affectés tardivement et parfois contraints de rejoindre un établissement situé à l’autre bout de leur académie.
Être nommé par simple mail, la veille pour le lendemain loin de son domicile n’est pas une simple difficulté administrative. Ces déplacements génèrent un coup financier non négligeable, une amplitude de la journée de travail importante, des problématiques de garde d’enfants et de gestion de la vie de famille.
L’ensemble de ces facteurs peut générer stress et épuisement, contribuer aux risques psychosociaux et déséquilibrer la vie professionnelle et la vie familiale.
La CFDT revendique :
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L’administration demande aux personnels de protéger les élèves. Elle doit aussi protéger les personnels qui les accompagnent, conditions sine qua none pour atteindre ces objectifs.
Pourquoi les règles changent-elles d’une académie à l’autre ?
Dans certaines académies, un·e AED en CDI absent·e peut être remplacé·e par un·e AED en CDD. Dans d’autres, cela n’est pas possible. Par ailleurs, un AED à temps plein en congé maladie ou maternité est remplacé par un autre AED, mais dont la quotité est inférieure à l’agent absent. Déjà sous dotés en moyens de personnels de surveillance, les établissements concernés sont lésés et les équipes vie scolaire mises un peu plus sous tension.
Ces différences de traitement d’une académie à l’autre alimentent l’incompréhension et le sentiment d’une égalité de traitement à géométrie variable.
La CFDT revendique :
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Des collectifs de travail fragilisés
Équipes de vie scolaire éclatées entre plusieurs établissements, enseignants non remplacés, emplois du temps incomplets : la désorganisation pèse à la fois sur les personnels et sur les élèves.
Des AED en mission surveillance de classe pendant un cours en visio conférence, c’est un service vie scolaire ponctionné d’un personnel. Durant cette mission, l’AED doit s’assurer des connexions photocopies, des copies à ramasser, des scans à transmettre, etc…. C’est assurer un emploi du temps complet de la matière sur plusieurs semaines…
Pour la vie scolaire c’est d’office un personnel en moins, et donc des conditions encore une fois dégradées pour l’équipe. Parfois durant le service demi pension les AED doivent surveiller des classes en visio conférence à 11h, au moment de prendre leur déjeuner avant l’ouverture du restaurant scolaire…
La CFDT revendique :
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À l’Inspé : l’épuisement face à l’empilement des réformes
Les formateurs et formatrices des Inspé font état d’un questionnement lié à l’enchaînement des réformes et à leur mise en œuvre complexe.
La coexistence de différents parcours, la multiplication des lieux de stage des fonctionnaires-stagiaires, les décisions obscures qui concernent les statuts en fonction ou non de l’expérience, et la gestion illisible pour le choix des tuteurs ajoutent encore à la charge de travail.
L’impact de ce chaos atteint même les plus motivé·es d’entre nous…
La CFDT revendique :
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Et du côté de l’EAFC (école académique de formation continue)
Ce n’est guère plus rassurant. Les formateurs ne bénéficient pas de décharge pour effectuer ces missions, qui exigent pourtant du temps pour la conception, la réalisation et enfin la mise en oeuvre de leurs séances.
Les formations sont assurées sur le temps souvent libre des personnels et s’ajoutent donc au temps de travail effectif réalisé en établissement…
Là encore, les ambitions affichées en matière de formation doivent être accompagnées de moyens et de conditions de travail permettant aux personnels de les mettre en œuvre de manière qualitative et ambitieuse.
La CFDT revendique :
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Protéger les élèves, c’est aussi protéger les personnels
Ces remontées de terrain ont un point commun : les personnels sont trop souvent considérés comme une variable d’ajustement.
Le temps de travail reste un impensé : il est invisibilisé et extensible à l’infini, les sollicitations et injonctions contradictoires bombardent les personnels qui s’activent en tous sens pour pallier les manques…avec à la clé de l’épuisement.
Pourtant, comment demander à celles et ceux qui accompagnent, éduquent et protègent les élèves de remplir leurs missions dans de bonnes conditions si leur propre travail met à mal leur santé, leurs droits ou leur équilibre de vie ?
La protection des élèves ne peut pas être dissociée de celle des personnels.
La CFDT continuera donc à porter une exigence simple :
Une École qui prend soin de ses élèves doit aussi prendre soin de celles et ceux qui la font vivre.
Moyens, respect des droits, anticipation des affectations, reconnaissance du travail, prévention effective des risques psychosociaux, équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle : ce sont aussi les conditions d’une École de qualité. Les personnels ne sont pas une variable d’ajustement. Ils sont la condition même d’un service public d’éducation de qualité.