Déclaration liminaire de notre fédération à la formation spécialisée santé et sécurité au travail de l’éducation nationale du 28 septembre. Cette intervention a été préparée et présentée juste avant l'extension du mouvement lycéen qui n'a donc pas pu être évoqué.
En préalable de cette F3SCT Ministérielle, la CFDT remercie les agents et les services qui ont préparé cette réunion et les documents présentés en séance.
L’inaction climatique est une inaction politique
Le 18 septembre dernier, le Bureau national confédéral de la CFDT a lancé un appel aux pouvoirs publics, aux administration et aux entreprise.
La CFDT leur demande de mettre en place, dès aujourd’hui, les conditions d’une transition écologique juste.
Celle-ci ne se décrète pas, elle s’organise, se construit et se planifie par le dialogue social, l’investissement, la formation et l’anticipation des mutations.
Évènements climatiques extrêmes : les vagues de chaleur, mais pas que...
La réunion du 9 septembre dernier consacrée au retour d’expérience des épisodes de vagues de chaleur a été un très mauvais signal.
Nous prenons acte de la nouvelle fiche de méthode de concertation proposée et des échéances fixées.
Mais la CFDT rappelle que les évènements climatiques extrêmes ne se limitent pas aux épisodes de canicule.
Inondations, tempêtes, cyclone, vague de froid… vont également se multiplier et frapper écoles, collège, lycée et services .
C’est pour quoi la CFDT demande que le groupe de travail qui va se mettre en place soit permanent. Son périmètre doit être élargi à l’ensemble des risques climatiques extrêmes.
Nos seules armes sont l’anticipation et la préparation de tous les acteurs.
C’est à dire les encadrants et les personnels pour notre ministère.
Prendre en compte le rapport et les recommandations du CES
La CFDT réitère ici sa demande de prise en compte par notre ministère du rapport et des recommandations de la Commission spécialisée transition écologique . Il a été adopté en Conseil supérieur de l’Éducation en avril dernier.
Rapport que nous avons présenté à la presse en avril dernier avec les autres organisations syndicales et lycéennes.
Nous revendiquons notamment une véritable formation de tous les personnels et de leurs représentants (recommandations 15, 19 à 25).
Ce, afin que les conditions de sauvegarde de notre activité puissent être définies collectivement, avec pour priorité la protection, les conditions de travail et de rémunération des plus fragiles.
Dans chaque territoire, il faut définir les conditions de poursuite des activités en fonction des risques et des atouts de chaque lieu de travail.
Santé des femmes au travail : la CFDT demande un groupe de suivi du plan égalité professionnelle
La CFDT le rappelle régulièrement en F3SCT Ministérielle, le ministère de l’éducation nationale est le premier employeur de femmes en France : 900 000 femmes sur 1 200 000 agents y travaillent.
La plupart des professions sont majoritairement, voir très majoritairement féminisées.
C’est notamment le cas du premier degré ou parmi les 140 000 AESH 93 % sont des femmes souvent en situation de travail précaire.
La CFDT salue -enfin ! – leur prise en compte dans les dernières orientations stratégiques ministérielles . Elles demandent aux académies de mieux prendre en compte leur santé au travail par des actions spécifiques .
Il est notamment demandé d’inscrire ces actions dans une rubrique spécifique (le PAPRIPACT ) dont nous savons que la réalisation reste confidentielle.
Une prise en compte indispensable alors que notre ministère doit déployer l’axe 6 du. 2ème plan égalité professionnelle 2025 – 2027 « Agir pour la santé des femmes au travail »
C’est pourquoi la CFDT demande la création d’un groupe de travail permanent de la F3SCT.
L’objectif est de suivre le déploiement de ce plan dans les académies et la mise en place d’action concrètes qui bénéficieront à nos collègues, sur les lieux de travail.
Faute de quoi, ce plan risque de rester un simple affichage sans réelle efficacité ni amélioration concrète pour nos collègues.
Dans cette logique ce GT pourra se réunir dès cette année et régulièrement au cours de la prochaine mandature de la F3SCT.
Des conditions de travail dégradées par les cyberattaques.
Comme notre fédération l’a rappelé dans sa conférence de presse de rentrée, un outil numérique n’est utile que s’il facilite réellement le travail. Or certaines applications en étant source de difficultés entraînent perte de temps, fatigue, voire risques psycho-sociaux (RPS) .
Ces difficultés accroissent quand la pression sur les personnels et la charge de travail.
Les cyberattaques ont rendu difficile la préparation de la rentrée pour les directeur·trice·s d’école et les chef·fe·s d’établissement et personnels administratifs.
Pour ces derniers Beaucoup ont du renoncer au télétravail et venir en présentiel.
Pour ceux et celles obligés d’utiliser leur véhicule en pleine hausse des carburants , c’était la double peine !.
La CFDT demande que soient concertés et proposés aux agents concernés des modalités de compensation et de prise en charge des frais de déplacements supplémentaires occasionnés par ces dysfonctionnements.
Questionner l’utilisation de l’intelligence artificielle.
Même chose pour l’IA. Son utilisation doit être concertée avec les agent·e·s et se faire dans le strict respect de la réglementation.
Elle doit être au service de leur travail et non dégrader leurs conditions de travail et le sens du travail.
Pour la CFDT, l’usage des IA doit être raisonné, et toujours interrogé au regard du rapport bénéfice/risque sur le travail des agents. Les enjeux éthiques, climatiques et de souveraineté sont aussi à prendre en compte.
Quelles suites pour le dispositif PAS (Prévention Aide Suivi) ?
Enfin, nous souhaitons obtenir des éclaircissements et des informations sur le dispositif de santé au travail.
Pour rappel, le ministère doit élaborer un cahier des charges et passer un appel d’offre d’ici au 31 décembre 2026.