Cette année, elle marque le 60ème anniversaire de la recommandation de l’Organisation Internationale du travail visant la nécessité d’améliorer les conditions de travail des personnels enseignant de par le monde.
Le 5 octobre est traditionnellement la journée mondiale des enseignantes et enseignants.
Une réalité que l’on ne peut plus ignorer
60 ans après, le constat est terrible puisque dans de nombreux pays y compris en France, les conditions d’exercice du métier d’enseignant se sont particulièrement dégradées. Si 50 % des enseignant.es dans le monde constate un déclin social de leur statut dans la société, ils sont plus de 75 % en France. La faute avant tout à un investissement des états qui ne répond pas aux besoins de la profession et par conséquence au besoins des systèmes éducatifs. Ces investissements publics sont nécessaires pour renforcer la profession et garantir le droit de chaque élève à une éducation de qualité.
Des changements inéluctables ignorés du fait de politiques passéistes 
Ainsi, partout dans le monde ou presque, la pénurie de personnel enseignant s’aggrave. Trop souvent des enseignant.es subissent des pressions croissantes notamment dans les régimes politiques très autoritaires où l’on impose des méthodes pédagogiques voire où on y révise l’histoire à des fins de propagande. Comment aujourd’hui ne pas prendre conscience du changement climatique, de la nécessité de transformation technologiques liées à la société qui nous entoure ? Certains gouvernements jouent l’autruche et n’anticipent pas ces changements majeurs d’autant que cela s’accompagne souvent de fake news ou de décisions autoritaires qui dénigrent la profession enseignante. Ce recul démocratique n’est pas acceptable car il s’agit bien de construire des citoyens et des citoyennes responsables, capables de penser et de construire une société plus juste. L’éducation est en cela l’acte essentiel pour y parvenir. Face à des gouvernements qui musellent des enseignant.es voire les emprisonnent, l’Internationale de l’éducation et la CFDT ne peuvent rester muettes et laisser ces personnel à leur triste sort. Nous dénonçons donc en cette journée de commémoration les attaques menées contre ces personnels de par le monde, notamment dans les zones de conflits.
Les femmes sont les plus touchées
C’est particulièrement vrai pour les femmes qui sont souvent les premières victimes de ces orientations politiques. Ces femmes enseignantes sont souvent la colonne vertébrale des systèmes éducatifs. Pourtant, nombre d’entre elles subissent des discriminations, des violences, du harcèlement, des écarts de rémunération, un accès inégal aux postes à responsabilité, ce qui nuit à leur émancipation professionnelle. L’ Internationale de l’éducation dont la CFDT Education Formation Recherche Publiques fait partie, porte depuis longtemps la nécessité d’intégrer une égalité de genre et de leadership pour les femmes, une revendication historique que beaucoup de systèmes sont loin de mettre en place, y compris dans notre pays. Les femmes enseignantes sont une majorité visible dans les établissements scolaires : elles doivent pouvoir être mieux considérées et valorisées dans leur travail à la hauteur de leur investissement professionnel. Pour la CFDT, pas d’éducation sans justice de genre.
Une autre gouvernance du système éducatif
Mais c’est avant tout de véritable dialogue social dont on a besoin. La recommandation de 1966 plaçait d’ailleurs les organisations syndicales qui représentent les personnels au centre des négociations nécessaires entre l’État et celles et ceux qui portent les systèmes éducation au sein de leurs écoles et de leurs établissements. L’internationale de l’éducation, la CFDT appellent donc les gouvernements et les sociétés à non pas se tenir face aux enseignant.es mais à côté en les protégeant et en valorisant leur travail, leur engagement pour les enfants et les jeunes. Cela passe évidemment par des conditions de travail décentes et une rémunération en adéquation avec leurs responsabilités. Mais aussi et surtout en arrêtant le prof bashing dont nos politiques sont si friands dans les médias. Cette journée mondiale des enseignant.es doit être porteuse d’avenir. Les gouvernements doivent l’entendre notamment celui de la France qui ne comprend rien du malaise enseignant depuis bien trop longtemps.