Publié le lundi 12 octobre 2026
par Laetitia Aresu
Personnels de l'Éducation Nationale Personnels de l'enseignement supérieur et de la recherche Action syndicale Éducation nationale Enseignement supérieur et Recherche
Aux côtés de la jeunesse, le 13 octobre et après, et avec nos revendications pour les personnels, leurs conditions de travail, le sens et la qualité de notre service public.
Pour améliorer notre système d’éducation, les pistes ne manquent pas !
Les demandes des lycéen·nes et étudiant.es sont totalement légitimes : avoir suffisamment de profs pour assurer les cours prévus, avoir des conditions matérielles et sanitaires suffisantes et dignes, avoir des bâtiments entretenus, avoir des journées moins longues ou moins fragmentées, avoir une accompagnement pédagogique et éducatif plus efficient et plus inclusif, avoir des effectifs de classe moins pléthoriques, qu’il y ait assez de places pour toutes et tous, y compris dans la voie pro ou le supérieur.
Améliorer notre système d’éducation ? Pas seulement !
Ces demandes pragmatiques sont l’expression d’inquiétudes de lycéens et lycéennes, d’étudiants et d’étudiantes pour leur avenir. Ces jeunes ont subi et subissent une série de bouleversements : la pandémie de Covid 19, les changements climatiques, les conflits internationaux, la situation économique et sociale, la banalisation des idées d’extrême droite, l’arrivée d’un IA aux contours flous, mais aussi une instabilité de la formation avec des réformes répétées. Tous ces éléments sont sources d’inquiétudes, dégradent la santé mentale et génèrent des phénomènes d’éco-anxiété. Pas seulement chez les jeunes, mais plus encore, car c’est bien leur avenir qui s’interroge !
C’est aussi le lien entre inégalités sociales et inégalités scolaires qui subsiste, voire qui s’accroit, et qui génère des inquiétudes plus fortes chez les lycéens et lycéennes et leurs aînés encore, qui attendent beaucoup de l’École et de leur études pour « réussir leur avenir« . Alors quand le minimum requis n’est pas au rendez-vous, ils et elles se mobilisent pour réclamer non pas forcément plus mais « mieux d’École« , qu’elle soit plus qualitative, plus efficiente pour leur parcours scolaire, d’orientation et en études supérieures.
On peut toujours faire semblant de ne pas comprendre de quoi il s’agit, de discréditer des revendications au motif qu’elles sont parfois portées dans un flot désordonné et assourdies par les circonstances et des violences dans des mobilisations…. Ces revendications sont bien là, elles ont leur cohérence, s’appuient sur des réalités documentées, et rejoignent aussi les alertes répétées des personnels et de leurs représentant·es !
Pour la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, il est grand temps que notre système éducatif et de formation et d’enseignement supérieur opère une révolution dans son organisation pédagogique et éducative pour s’adapter à notre temps en s’appuyant sur l’expertise des personnels.
Il est grand temps de remettre sur pied notre système éducatif de formation et d’enseignement supérieur en le dotant des ressources humaines et des moyens financiers dont il a besoin pour préparer l’avenir des jeunesses.
En effet, cette mobilisation lycéenne et étudiante met en lumière des problèmes que nous soulevons depuis des années comme organisation syndicale. Les conditions de travail des agentes et des agents et les conditions de scolarité et d’études sont bien les deux faces d’une même réalité et c’est bien toutes ensemble qu’il faut les améliorer.
La CFDT appelle à se mobiliser pour revendiquer avec et aux côtés de la jeunesse :
- des personnels en nombre suffisant, y compris des personnels de remplacement. Pour les missions d’enseignement mais aussi pour toutes les fonctions dites support, qui sont incontournables en réalité.

- des effectifs de classes réduits et/ou des organisations pédagogiques qui permettent un réel accompagnement pédagogique en classe.
- des conditions matérielles de scolarité et d’études dignes et soutenables partout, avec un bâti scolaire et universitaire entretenu et adapté aux conditions climatiques. L’accès à des sanitaires, du mobilier, des équipements numériques…. fonctionnels ne sont pas de « petits sujets »
- une révision des programmes, des rythmes et des calendriers avec une approche curriculaire globale de la scolarité pour repenser la construction des savoirs, des cycles d’apprentissage et de l’évaluation des élèves
- de véritables parcours d’accompagnement et d’orientation : des parcours de qualité depuis le collège avec avec des PsyEN en nombre suffisant et du temps pour les professeurs principaux
- que la pression soit relâchée sur les élèves, les étudiant·es et les personnels qui « fonctionnent » ainsi depuis trop d’années, de réformes, d’intensification du travail et d’injonctions cumulées, et arrivent au point de rupture.
Les questions de ressources humaines, du travail des agentes et agents et de leurs rémunérations doivent enfin être sérieusement examinées et recevoir une réponse. Elles sont cruciales pour améliorer notre système public d’éducation et d’enseignement supérieur.
Le budget 2027 doit tenir compte de ces impératifs. L’avenir des jeunesses et de notre pays en dépend.
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