La CFDT revendique des politiques publiques respectueuses des jeunes et notamment des rythmes scolaires fondés sur les besoins des lycéen⋅es - physiologiques, sociaux et affectifs - avec une organisation concertée des temps et des temps qualitatifs.
Un « mieux » de temps au lycée
Il s’agit moins d’allonger ou de raccourcir tel ou tel temps scolaire au lycée, que de s’occuper de ce qui se passe à l’intérieur des temps eux-mêmes.
La CFDT dénonce le pilotage de la politique éducative par des examens terminaux normatifs qui trient les élèves. Ce pilotage conduit à une surenchère quantitative des objectifs dans les programmes qui dégrade les conditions d’enseignement et d’apprentissage. Au final, les années scolaire et particulièrement en lycée, se transforment en course, où il faut (faire) avaler un maximum de connaissances en un temps réduit.
Les programmes doivent être adaptés à tou·tes les élèves, pas seulement aux élites. Cela suppose de réduire la quantité de notions exigibles pour s’attacher à la qualité des apprentissages. Une nouvelle approche de la conception des programmes compatible avec une logique curriculaire et une logique de cycle est indispensable.
La CFDT revendique la prépondérance de l’évaluation par compétences notamment en contrôle continu et la valorisation des pédagogies actives et coopératives. Les pédagogies coopératives et la diversité des approches doivent être davantage mobilisées car elles permettent de faire émerger le potentiel de chaque élève dans un cadre collectif et de développer des compétences psycho-sociales cruciales pour le bienêtre individuel et collectif. Mais ces modalités nécessitent au préalable de reconnaitre le temps de travail collectif des équipes pédagogiques, en passant par la diminution du temps face élève pour les enseignants.
Les formations locales d’équipes, éventuellement interprofessionnelles, sont indispensables car la pédagogie, qui est l’affaire de toutes et tous, doit s’élaborer à partir du contexte local et dans un travail collectif.
Des emplois du temps qui respectent la chronobiologie
La CFDT soutient la recommandation issue de la convention citoyenne consistant à repousser le début des cours en collège et lycée, en organisant en amont un cadre d’accueil des adolescents : l’espace, le temps, les relations. Autre proposition, issue de la convention : former les personnels d’éducation à la chronobiologie pour adapter les emplois du temps à ce que l’élève est capable de faire selon les moments de la journée.
Il s’agit de penser les moments de la journée (l’attention n’est pas la même à 10h et à 14h), les lieux, l’environnement social. La baisse du nombre d’élèves par classe ou par groupe est un facteur qualitatif mais aussi les modalités même de regroupement. L’extension horaire est bien trop grande. Les jeunes n’ont matériellement plus de temps pour se nourrir ailleurs et autrement, dans d’autres collectifs, d’autres finalités, d’autres lieux. Dans tous ces leviers, on retrouve la nécessité de penser les temps scolaires en cherchant à équilibre les différentes polarités mises en jeu : assis/dynamique, récepteur/acteur, cognitif/créatif… Autrement dit, penser des espaces temps au sein desquels on peut tour à tour écouter, réfléchir, manipuler, créer…
Refuser la logique d’empilement
La CFDT revendique la préservation de temps de respiration individuels et collectifs dans les emplois du temps. Ceux-ci sont grignotés par les missions supplémentaires rémunérées «en plus», notamment le pacte.
La CFDT refuse la conception du service enseignant comme des « heures de cours et trous à remplir » et réclame des moyens de stabiliser les équipes pour assurer l’ensemble des cours et le suivi de tous les élèves.
Pour pouvoir moduler les temps des élèves, la CFDT demande d’abonder les marges horaires dans les établissements et de renforcer le pouvoir de décision des équipes pédagogiques dans les établissements du second degré. Celles-ci doivent pouvoir modifier l’organisation interne de la journée (adaptation des horaires, projets communs, interventions de partenaires). Cela suppose aussi de renforcer les vies scolaires pour garantir des temps éducatifs informels qualitatifs, et de reconnaitre — en temps de travail rémunéré, via des pondérations réduisant le face-à-face pédagogique — le temps de concertation et de construction entre professionnels.
La baisse démographique est une opportunité de faire « mieux d’école » sans augmenter le volume d’emplois.
Autonomie territoriale et adaptation aux contraintes locales
Pour la CFDT, il ne peut pas y avoir de solution nationale unique, mais un cadre d’objectifs communs laissant aux acteurs de terrain (dont les équipes de lycée) la capacité d’expérimenter et d’adapter sur un temps long et loin des échéances politiques.
Le dialogue social doit permettre de penser l’aménagement des calendriers scolaires au regard des conditions climatiques locales, ponctuelles ou installées, y compris concernant les examens terminaux.