Emplois au CROUS : Le "casse-tête" des plafonds d’emplois expliqué !
Cadrage national repas à 1€, la CFDT refuse l'externalisation de certains métiers pour faire face au manque d'emplois !
Le 10 avril dernier s’est tenu le Comité Social d’Administration Central (CSAC) du CNOUS. Au cœur des débats : la « Carte des Emplois » et le redéploiement des postes pour 2026.
Derrière ces termes techniques se cache une réalité qui nous concerne tous : nos conditions de travail et la stabilité de nos contrats.
Lors du CSAC du CNOUS, la CFDT alerte sur un système déconnecté du terrain
Le dispositif national actuel, qui gère nos emplois, manque cruellement d’ambition. Pour la CFDT, le constat est sans appel : il est déconnecté de la réalité de vos métiers, particulièrement en restauration et pour la catégorie C.
C’est pourquoi nous maintenons une opposition de principe à ce dispositif qui ne permet pas de stabiliser durablement les équipes.
Il faut distinguer deux choses :
- Les postes physiques : Le nombre de personnes nécessaires sur le terrain pour assurer le service.
- L’autorisation (le plafond ETPT) : Le budget « temps » accordé par le Ministère pour payer ces personnes.
Le problème ? Dans une majorité de CROUS, le budget est inférieur au nombre de postes.
Prenons un exemple représentatif de ce que vivent la plupart de nos établissements : Une carte affiche 291 postes, mais le budget n’autorise que 288 équivalents temps plein.
La conséquence est immédiate. Pour respecter le budget imposé, les directions sont contraintes de « hacher » les contrats : recours aux contrats courts, aux vacations ou aux temps partiels subis.
C’est ce que nous appelons l’ajustement précaire. On transforme des besoins permanents en emplois fragiles pour faire tenir l’humain dans une enveloppe budgétaire trop étroite.
Injustice Territoriale : Un réseau à deux vitesses
Nous constatons une rupture d’égalité flagrante :
- D’un côté, quelques CROUS « favorisés » (comme Paris, Bordeaux, Reims ou Créteil) où le budget correspond exactement au nombre de postes. Pour eux, la gestion est stable.
- De l’autre, la majorité des CROUS qui « résistent » en maintenant leurs postes malgré les baisses de plafond, mais qui se retrouvent condamnés par le système à bricoler avec la précarité.
La CFDT considère que le redéploiement des moyens vers les CROUS en tension est un outil de sauvegarde. En effet, cela permet de :
- Stopper l’hémorragie : C’est le seul levier immédiat pour éviter que des moyens budgétaires ne soient définitivement perdus pour le réseau et récupérés par le Ministère.
- Mieux consommer pour mieux exiger : Si le réseau utilise 100% de ses droits à recruter, l’administration peut enfin plaider pour une hausse réelle des subventions (SCSP).
- Survivre : En sécurisant ces budgets là où les besoins sont criants, on donne de l’air aux établissements pour limiter le recours aux contrats précaires.
La CFDT ne valide pas le système actuel, mais agit pour qu’aucun moyen ne soit gaspillé. L’objectif reste la réévaluation complète du dispositif pour que chaque poste permanent soit financé par un contrat stable et à temps complet.
Le redéploiement : Un moyen de sauvegarde, pas un blanc-seing
Le CSAC du CNOUS étudie la circulaire « repas à 1€ pour tous »
Nous devons être lucides : ce cadre national ambitieux se heurte déjà aux limites physiques et humaines de notre réseau.
Tout d’abord, nous déplorons que cette circulaire nationale nous soit présentée pour simple information, sans qu’il n’y ait eu de véritable concertation préalable avec les élus nationaux.
Plus inquiétant encore : cette circulaire est déjà connue des Directeurs Généraux de CROUS, et beaucoup d’entre eux nous disent en coulisses qu’ils ne pourront pas l’appliquer en l’état. Ce cadrage, qui part d’une bonne intention, risque donc de se percuter violemment aux réalités de terrain.
Une phase d’anticipation sur fond d’épuisement
La circulaire prévoit un « temps de l’anticipation » avant le 1er mai. Mais comment anticiper sereinement quand nos équipes tournent déjà au ralenti ? Aujourd’hui, les absences ne sont plus remplacées et nos établissements peinent à recruter. Avant même le lancement de cette « nouvelle aventure », les agents sont épuisés. Nous craignons que les remontées de besoins des Crous vers le national ne soient pas à la hauteur de la réalité du terrain, faute de temps et de volonté pour les évaluer correctement.
Le refus de l’externalisation
La circulaire évoque l’externalisation de certains métiers. Pour la CFDT, c’est une ligne rouge. Répondre à la crise budgétaire en déléguant nos missions au privé, c’est organiser la disparition progressive des Œuvres Universitaires. Nous soutenons la formation, la revalorisation des salaires et la modernisation, mais nous combattrons l’externalisation de toute nos forces. Ce n’est pas ainsi que l’on sauve un service public.
Qualité et capacité de production
Sur le maintien de la qualité, nous sommes d’accord, mais soyons réalistes : nous ne pourrons pas tout faire. Pour la CFDT la plupart des structures sont déjà en sous-capacité de production. Cette mesure va accentuer la tension, et les « périphériques complémentaires » (offres de diversification) doivent être sacrifiés.
Nous redoutons que ce cadrage, partant d’une excellente intention, ne se percute violemment aux réalités financières et humaines des Crous. On ne pourra pas satisfaire 100 % des étudiants si l’on ne protège pas à 100 % les personnels qui préparent ces repas.
La présidence du Cnous a pris acte de l’ensemble de nos revendications et s’est engagée à réviser la circulaire de cadrage, laquelle fera l’objet d’un nouveau vote lors du CSAC du CNOUS de juin.