Lors du dernier CSAMEN, la CFDT a exprimé son inquiétude quant à la situation des personnels du ministère et a pointé le manque d'avancées sur des dossiers clés depuis plusieurs mois.
Les résultats préoccupants du baromètre du travail CFDT pour l’Éducation Nationale
La CFDT a rendu public le 30 avril son baromètre du travail, centré cette année sur les fonctions publiques. Les résultats sont préoccupants, et singulièrement pour le ministère de l’Éducation nationale. Les enseignantes et enseignants sont les plus nombreux à exprimer leur mal-être : 55 % se disent inquiets, 48 % lassés et 26 % se déclarent en colère. Ils expriment moins d’espoir que leurs homologues du reste de la fonction publique. Ce sont aussi les enseignantes et enseignants qui sont les plus réservés sur le fait de recommander à leurs proches une carrière dans la fonction publique : un tiers seulement le ferait. Les enseignantes et enseignants sont 88 % à s’estimer dévalorisés par certains discours politiques ou médiatiques… c’est là aussi le taux le plus élevé au sein de toute la fonction publique. Ces résultats ne nous étonnent hélas pas. Ils confirment ce que nous disent les personnels de manière constante à chaque rencontre avec les militantes et militants CFDT. Ils sont cohérents avec des enquêtes et données statistiques dont l’administration dispose. Répondre à ces enjeux devrait être une priorité pour l’État employeur afin de donner des perspectives aux agents, afin de renforcer l’École publique. Nous sommes contraints d’employer le conditionnel tant les réponses structurées, soutenues dans la durée manquent toujours.
De nombreuses questions en suspens depuis le dernier CSAMEN
Le 14 avril dernier, à l’occasion du précédent comité social d’administration du ministère de l’Éducation nationale, nous avions soulevé plusieurs questions qui restent d’actualité et sur lesquelles nous allons par conséquent revenir, car à ce stade les quelques réponses ne nous semblent pas satisfaisantes.
Compas
Sauf si la situation est rétablie depuis hier après-midi, l’application Compas est toujours indisponible avec pour seule explication sur la page d’accueil : « problème technique ». La CFDT souhaite avoir des réponses à plusieurs questions :
- Le message d’information et de conseils a-t-il été adressé à toutes celles et ceux qui utilisent l’application en tant que formateurs et formatrices, évaluateurs et évaluatrices ?
- Quand l’application sera-t-elle de nouveau opérationnelle ?
- Si la date de remise en service est trop tardive, quelle solution est envisagée pour préparer à temps les décisions de titularisation, renouvellement ou licenciement, le CSAMEN du 14 avril avait été l’occasion de rappeler l’enjeu de ces opérations pour la préparation de rentrée.
Inflation, rémunération, aide aux frais de déplacement, surgel budgétaire
Sur le plan économique, l’installation d’une inflation de l’ordre de 3 à 4 % se confirme comme une des conséquences des tensions fortes et de l’incertitude majeure au Proche-Orient. Cette inflation concerne en premier lieu les prix des carburants, mais aussi progressivement de nombreux biens de consommation tant notre modèle productif reste lié aux énergies fossiles et aux dérivés du pétrole. Dans ce contexte, l’absence d’un dialogue social constructif dans lequel le gouvernement serait en capacité de s’engager en tant qu’employeur pour protéger ses agents de la perte de pouvoir d’achat, et singulièrement ceux, et plus souvent celles, qui ont les rémunérations les plus faibles n’est pas entendable pour les agents. Nous attendons la reprise de discussions loyales sur les rémunérations et qui ouvrent rapidement des perspectives pour les agents : au niveau fonction publique pour ce qui relève de ce niveau, et au niveau ministériel.
Le Premier ministre a annoncé des mesures pour les travailleurs et travailleuses qui font au moins 30km aller-retour par jour pour se rendre au travail avec leur véhicule personnel. Le ministère a-t-il estimé le nombre d’agents concerné.es ? Comment sont-ils et elles informé.es ? Quel est le coût estimé pour notre ministère et sur quelles enveloppes sera-t-il financé ?
Nous avions par ailleurs demandé des mesures pour les agents qui utilisent leur véhicule personnel dans le cadre de l’exercice de leurs missions et qui subissent déjà depuis plusieurs années l’insuffisance des enveloppes pour les frais de déplacement. Qu’en est-il ?
Le Premier ministre a aussi annoncé un « surgel » budgétaire. Il nous semble indispensable que le comité social ministériel soit informé des conséquences de cette décision pour l’Éducation nationale, en précisant quelles sont les lignes budgétaires qui sont rognées afin de pouvoir en mesurer les conséquences pour les conditions d’exercice des missions des personnels.
Subrogation pour les contractuels
La subrogation pourtant prévue pour juillet 2025 puis janvier 2027, serait de nouveau repoussée, peut-être jusqu’à janvier 2029. C’est une très mauvaise nouvelle pour les personnels contractuels. C’est par exemple le cas des AESH qui se retrouvent avec des sommes importantes à rembourser. Nous avons désormais des témoignages d’AESH auxquelles on refuse une aide sociale pour faire face à ce type de situation au prétexte que les demandes sont trop nombreuses… C’est bien le signe que la non mise en œuvre de la subrogation place les personnels devant des situations intenables. Des personnels qui sont déjà fragilisées du point de vue de la santé se trouvent soumises à des enjeux financiers qui les précarisent, éprouvent une maltraitance qui a des effets délétères sur le plan psychologique. Comment peuvent-elles, dans ces conditions, effectuer leur travail avec sérénité ? Qu’envisage le ministère pour sécuriser ses agents ?