Chaleur, inclusion, gestion de notre sécurité sociale, élections et cyberattaques ont été abordés lors de ce CSAMEN exceptionnel.
Déclaration liminaire du 08 septembre 2026 au CSAMEN, lue par la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques.
Nos préoccupations premières : chaleur et inclusion
En cette deuxième semaine de rentrée, la chaleur fait son retour dans certains territoires.
La question du travail et des apprentissages par fortes chaleurs continue de se poser, alors que le plan d’urgence de l’État pour l’adaptation climatique des écoles – annoncé à grands coups de communication – semble se voir déjà raboté de 40 M€. Pourriez-vous nous rassurer et nous dire que le budget ne passe pas avant les hommes et les femmes qui font l’École et avant les enfants dont les apprentissages qui pourtant n’ont pas de prix.
Autre préoccupation de la rentrée, l’accueil des élèves en situation de handicap qui pour certain⋅es n’ont pas d’AESH alors qu’ils disposent bien d’une notification qui fait état d’un besoin. Le Président peut égrener les chiffres de ce que coûte l’École dite inclusive lors de la CNH – nous préférons parler de l’École tout simplement – mais c’est d’une École de qualité qui réponde aux besoins pédagogiques et médico-éducatifs des élèves dont les équipes ont besoin. Pour l’instant le compte n’y est pas et des équipes restent trop souvent en difficulté, sans moyens permanents qui leur permettent d’aménager le temps scolaire des élèves pour lesquels cela serait nécessaire.
La baisse démographique et la gestion de notre sécurité sociale doivent faire l’objet d’un dialogue social
Par ailleurs, mais en lien avec l’accueil et la réussite de tous les élèves, la baisse de la démographie scolaire doit faire l’objet d’une réflexion approfondie avec tous les acteurs de l’École dont les représentants des personnels. Le ministre a fait des annonces sur des expérimentations dans 18 départements mais les organisations syndicales représentatives n’en voient pas la couleur et les règles du jeu restent pour le moins très floues. De la visibilité oui, mais sur quels principes d’utilisation des moyens inutilisés par la baisse démographique ? Nous demandons la baisse des effectifs de classe, des organisations pédagogiques favorisant les apprentissages des élèves laissées à l’appréciation des équipes, de la formation continue en fonction des besoins des personnels et des projets d’équipes et ce sur le temps de travail en journée. Pour cela il est nécessaire de reconstruire des réseaux de remplaçant·es dans les 1er et 2nd degré.
La CFDT a appris ce jour le projet de Matignon de retrait de la délégation de la gestion sécurité sociale des agentes et agents des ministères concernés à la MGEN et d’autres organismes.
Pour notre fédération, cela suscite deux réactions :
- L‘inquiétude pour les 1000 salariés de la MGEN mais aussi pour les agent·es de nos ministères dont ceux de l’EN : outre la charge de travail pour les agent·es des CPAM, une inquiétude pour les personnel·les de l’Éducation nationale dans la gestion de leurs situations avec, par exemple, des spécificités en terme d’accompagnement notamment pour les personnels en accident du travail.
- Inquiétude également pour le mutualisme, et colère face au silence et au mépris du dialogue social tant vis-à-vis de la MGEN que pour les organisations représentatives que nous sommes. Le dialogue social doit se vivre et ne pas être une pensée magique !
Un État doit être efficace pour être au service des citoyennes et citoyens, et non les mettre en situation de fragilité avec des agent·es déconsidéré·es et des services publics affaiblis !
Les élections professionnelles face aux cyberattaques
Ce CSAMEN exceptionnel porte sur la mise à jour d’un arrêté établissant la liste des scrutins pour les élections professionnelles de décembre 2026.
Les cyberattaques dont a été victime le ministère sont préoccupantes, d’autant qu’elles semblent très invasives au regard du temps qu’il faut pour résoudre les problèmes dans les académies de Toulouse et de Nantes.
Aussi nous interrogeons-nous sur le niveau de sécurité numérique pour le vote électronique de décembre. Des solutions sont-elles prévues – sans que vous les divulguiez – pour éviter ou répondre à une cyberattaque qui ciblerait ce temps d’élections professionnelles, pour déstabiliser et décrédibiliser notre système de démocratie sociale ? L’expertise des services et prestataires concernés a-t-elle été sollicitée pour s’assurer de l’infaillibilité du système prévu ?