Pour la CFDT, il ne s’agit pas de demander moins de missions aux inspectrices et inspecteurs, mais de donner à l’inspection les moyens d’exercer pleinement ses missions. Cela suppose de reconnaître la charge réelle de travail, de sortir de la gestion permanente dans l’urgence et de sécuriser le statut.
L’inspection de l’enseignement agricole mérite mieux ! Pour celà, à notre sens, il faut :
- reconnaître les inspectrices et inspecteurs de l’enseignement agricole (IAE) comme des professionnels de haut niveau, dont l’expertise est indispensable au fonctionnement et à l’évolution du système,
- donner enfin les moyens statutaires, humains et organisationnels correspondant à leurs missions.
Reconnaître la réalité et l’ampleur de la charge de travail
La CFDT constate une accumulation continue des missions : rendez-vous de carrière, rénovations des diplômes menées à un rythme inédit, accompagnement de ces rénovations, semestrialisation, évaluations des établissements, contrôles des MFR, groupes de travail et missions transversales. La charge de travail est d’autant plus importante que ces missions se superposent et évoluent en permanence. Dès 2022, la CFDT alertait déjà sur un « plan de charge » devenu exceptionnel.
Notre revendication : établir une véritable évaluation de la charge de travail des IEA et adapter les moyens, les calendriers et les priorités aux capacités réelles de l’inspection.
Mettre fin à la gestion dans l’urgence et aux injonctions contradictoires
Les IEA sont régulièrement confrontés à des changements de calendrier et à des demandes qui ne tiennent pas suffisamment compte de la réalité de leurs missions. Modifier dans l’urgence le calendrier des rénovations, des concours ou des évaluations d’établissements peut avoir des conséquences en chaîne sur leur travail et sur le recrutement des futurs personnels.
Notre revendication : une programmation pluriannuelle, réaliste et concertée des chantiers, avec des délais compatibles avec la production d’un travail d’expertise de qualité et une véritable anticipation des conséquences des changements de calendrier.
Préserver l’indépendance et la spécificité du métier d’inspecteur
La CFDT conteste depuis l’origine l’intégration des IEA dans le statut d’emploi des personnels d’encadrement des établissements publics. Ce cadre est considéré comme insuffisamment adapté aux spécificités de l’inspection, notamment à l’exigence d’indépendance professionnelle et à la reconnaissance de l’expertise construite dans les fonctions d’inspection. La CFDT souligne également que ce statut a contribué à fragiliser l’attractivité du métier.
Notre revendication : faire évoluer le cadre statutaire pour reconnaître pleinement la spécificité des missions d’inspection, leur expertise et leur indépendance.
Sécuriser les parcours professionnels et les fonctions de référent
La création du statut d’emploi n’a pas apporté les garanties attendues en matière de carrière dans l’inspection de l’enseignement agricole. La fonction de référent, notamment, reste insuffisamment sécurisée alors qu’elle constitue une possibilité importante de prolongement et de valorisation de l’expertise acquise comme inspecteur. La CFDT demande donc que les conditions d’accès et d’exercice de ces fonctions soient clairement définies et sécurisées.
Notre revendication : offrir de véritables perspectives de carrière et reconnaître durablement l’expertise développée dans les fonctions d’inspection.
Restaurer un véritable dialogue social sur l’inspection de l’enseignement agricole
Pour la CFDT, les évolutions concernant le statut, la charte de gestion ou les conditions d’exercice ne peuvent pas être traitées uniquement dans un dialogue interne à l’inspection. Les représentants des personnels doivent être associés aux décisions dans les instances nationales compétentes. C’est une revendication explicitement formulée par la CFDT dès 2022.
Notre revendication : inscrire systématiquement les questions relatives aux IEA dans les instances de dialogue social nationales et permettre aux représentants élus des personnels d’y exercer pleinement leur rôle.
Faire de la santé et de la sécurité au travail un véritable sujet institutionnel
La CFDT a obtenu l’ouverture d’un groupe de travail spécifique sur les risques professionnels des IEA et la reconnaissance de l’inspection comme unité de travail spécifique dans le cadre du DUERP. La démarche doit permettre d’identifier les risques, de les hiérarchiser et surtout de déboucher sur des actions concrètes de prévention.
Cette approche est particulièrement importante pour un métier itinérant, caractérisé par les déplacements, l’isolement dans certaines situations de travail et une forte charge organisationnelle.
Notre revendication : finaliser et actualiser le DUERP spécifique aux IEA, associer les personnels à l’identification des risques et mettre en œuvre un véritable plan de prévention et de suivi.
Donner des moyens de travail adaptés à un métier nomade
Le recours à l’agence et les modalités matérielles de travail ne semblent pas toujours adaptés aux spécificités d’un métier exercé largement à l’extérieur d’un lieu de travail fixe.
Notre revendication : adapter les outils, les déplacements, les moyens matériels et numériques aux réalités d’un métier nomade, plutôt que d’imposer aux IEA des dispositifs conçus pour des personnels sédentaires.
Nos 5 axes de revendication pour l’inspection de l’enseignement agricole
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